Malgré les engagements des entreprises, le niveau d’émissions du CAC40 conduit vers un réchauffement climatique de + 3,5 °C d’ici 2100, une température bien au-delà de l’objectif de 1,5 °C inscrit dans l’Accord de Paris, alerte l’ONG Oxfam France dans un rapport rendu public mardi 2 mars.

Grâce aux données fournies par le cabinet Carbon4 Finance, Oxfam France a calculé, dans « CAC degrés de trop : le modèle insoutenable des grandes entreprises françaises », l’empreinte carbone des plus grandes entreprises françaises et leur trajectoire climatique, qui prend en compte leurs émissions actuelles et leurs engagements stratégiques.

Parmi les entreprises étudiées, quatre d’entre elles (BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole et Total) ont, chacune prise séparément, une empreinte carbone supérieure à celle de la France. L’étude révèle qu’en moyenne, à chaque fois qu’elles réalisent 1.000 euros de chiffre d’affaires, l’empreinte carbone des entreprises du CAC40 s’élève à 4,1 tonnes de CO2eq, soit l’équivalent des émissions générées par un aller-retour Paris-Sydney en avion, révèle ainsi l’ONG.

Pour Alexandre Poidatz, chargé de plaidoyer finance et climat pour Oxfam France et auteur du rapport, « face au défi du changement climatique, l’État et les citoyen.ne.s ne sont pas les uniques responsables. Les grandes entreprises françaises ont un impact considérable sur le climat. Derrière une belle communication verte, c’est un modèle économique insoutenable qui perdure. Au nom de la recherche du profit à court terme, les grandes entreprises sacrifient les investissements (qui sont) nécessaires pour réaliser la transition écologique. Les citoyens, qui sont aussi des clients, des salariés et des épargnants de ces grandes entreprises, exigent de plus en plus qu’elles agissent pour la planète ».

Bien qu’aucun secteur d’activité ne soit aligné avec l’Accord de Paris, des disparités existent, observe l’ONG. Sur 35 entreprises analysées, seules trois (EDF, Schneider Electric et Legrand) ont une empreinte carbone et des engagements susceptibles de les faire rester dans une trajectoire compatible avec un réchauffement inférieur à 2 °C. 22 entreprises ont une trajectoire associée à un réchauffement entre 2 °C et 4 °C. Dix entreprises (dont trois banques ainsi que Total, TechnipFMC et Dassault Aviation) sont sur une trajectoire climatique supérieure à +4 °C.

Par ailleurs, les engagements pris dans la lutte contre le changement climatique sont très insuffisants, estime Oxfam : « Seulement huit d’entre elles se sont dotées d’une stratégie de réduction de l’ensemble de leurs émissions absolues de gaz à effets de serre. Pire, aucune entreprise ne met sur la table les investissements nécessaires pour entamer une transition écologique crédible. En cause ? La pression des actionnaires sur l’entreprise pour obtenir des rendements et dividendes toujours plus élevés, toujours plus rapidement, prive les entreprises de leur capacité d’investir dans la transition écologique. Une gestion à long terme devrait donc être mise en place afin que les intérêts de l’entreprise et ceux de la planète convergent », indique l’ONG dans un communiqué.

  • Source : Oxfam France (courriel à Reporterre)
  • Illustration : capture d’écran. Crédit Oxfam


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