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4 mars 2021

Faillite de la mission européenne au Kosovo, par Ana Otašević (Le Monde diplomatique, juin 2015)



En moins d’un an, près de cent mille Kosovars auraient tenté de rejoindre l’Union européenne. Le flux a grossi avec l’arrivée du printemps. Chaque jour, des familles entières, parents, enfants, vieillards, traversent la Serbie pour gagner la frontière hongroise. Soixante mille Albanais du Kosovo auraient demandé des passeports serbes pour obtenir un visa européen, selon les autorités de Belgrade.

« Sept ans après la proclamation d’indépendance et la mise sous tutelle du Kosovo par l’Union européenne, c’est la débâcle », nous affirme M. Andrea Capussela, qui fut jusqu’en avril 2011 directeur des affaires économiques du Bureau civil international (International Civilian Office, ICO), l’une des principales missions déployées au Kosovo. « La situation est pire qu’avant l’arrivée de la mission européenne », ajoute l’expert italien, qui vient de publier un brûlot sur la politique européenne dans les Balkans. Selon lui, cette situation ne met pas seulement en cause les investissements de l’Union européenne dans le pays — plus de 4 milliards d’euros sur la période 1999-2013 —, mais aussi la crédibilité de sa politique étrangère.

Depuis l’automne dernier, la responsable de la diplomatie européenne, Mme Federica Mogherini, tente d’éteindre l’incendie qui gagne la mission européenne pour l’instauration de l’Etat de droit au Kosovo (Eulex). Celle-ci, décidée en février 2008, vise à renforcer les institutions judiciaire et policière. Dotée d’un financement annuel de 111 millions d’euros, elle mobilise mille six cents personnes afin, notamment, de combattre la corruption et la criminalité organisée. Mais plusieurs de ses responsables sont soupçonnés de malversations, tandis que l’institution est accusée d’avoir couvert ces dérapages.

« Pendant un an, ils ont non seulement enterré, mais aussi compromis l’enquête », dénonce Mme Maria Bamieh, par qui le scandale est arrivé. Cette procureure britannique travaillait pour la force d’intervention indépendante chargée des affaires criminelles au sein de la mission européenne. (…)

Taille de l’article complet : 2 307 mots.



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