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25 janvier 2021

La « Planète » appartient-elle au groupe Canal + ?



De nombreuses associations dont l’objectif est de protéger l’environnement sont aujourd’hui confrontées à un blocage systématique du mot « Planète » lorsqu’elles souhaitent déposer leur nom d’association. Le groupe Canal Plus, qui a déposé le terme « Planète » dans le cadre de sa chaîne Planète Plus, s’emploie à limiter l’usage de ce mot de la langue française par des procédures judiciaires. En réaction, deux associations engagées pour la protection de la forêt, Planète Amazone et Run for Planet, 15 million trees for Siberia, sont en train de constituer un collectif face à l’accaparement abusif de ce mot emblématique par le groupe privé Canal Plus.

L’information et la sensibilisation, via la production de contenus divers, sont des composantes essentielles de la lutte contre la crise écologique. L’association Planète Amazone s’est ainsi donnée pour objectif de permettre aux peuples indigènes de faire entendre leur voix, et ce notamment par l’intermédiaire de supports audiovisuels. Afin de protéger son nom et son logo, l’organisation a voulu déposer la marque figurative « Planète Amazone ». Problème : le groupe Canal Plus, ayant déposé uniquement le mot « Planète », tente de faire annuler partiellement le dépôt de sa marque. Un blocage que Planète Amazone juge purement arbitraire et entend combattre, aux côtés d’autres associations confrontées à la même situation qu’elles considèrent scandaleuse, étant donné la portée symbolique du mot « planète » qui concerne toutes les créatures vivant sur cette terre.

Faire entendre la voix des peuples indigènes

Depuis 2012, l’association Planète Amazone, déclarée d’intérêt général, œuvre en faveur de la préservation des forêts, du vivant et de la reconnaissance des Droits de la Nature en collaboration avec les peuples indigènes d’Amazonie et du reste du monde. Régulièrement citée dans les médias nationaux et internationaux, l’ONG fait également partie de l’Alliance des Gardiens de Mère Nature, un mouvement en faveur de la paix et des générations futures à l’initiative de plusieurs chefs d’Amazonie brésilienne.

Les membres de Planète Amazone lors de la Grande Assemblée de l’Alliance des Gardiens de Mère Nature, à Brasília, en octobre 2017. Photo Planète Amazone

Planète Amazone a mis en place de nombreuses campagnes de sensibilisation à l’échelle nationale mais également internationale afin de médiatiser la situation des peuples indigènes et de leur donner la parole. Ses actions tendent à responsabiliser le citoyen sur sa participation à la déforestation et à l’impact de cette dernière sur le réchauffement climatique. Mais elles s’adressent surtout aux entreprises et aux dirigeants politiques afin que tout projet dépendant de leur autorité soit réalisé en gardant en perspective la nécessité de protéger l’environnement, les peuples autochtones et l’être humain dans son ensemble.

L’audiovisuel comme support principal de sensibilisation

Pour remplir cette mission, le principal support d’action de l’ONG afin de sensibiliser à cette cause est audiovisuel. L’association auto-produit et diffuse ainsi pour le moment un long-métrage nommé Terra Libre, qui comme toutes les actions de Planète Amazone a été financé grâce à la solidarité citoyenne. Ce film traite notamment de l’accaparement des écosystèmes et ressources naturelles par les grands groupes. Une curieuse coïncidence au regard du litige avec Canal Plus, un groupe audiovisuel qui tente de s’accaparer un mot aussi emblématique que « planète ».

Jouissant d’une renommée importante et soutenue par de nombreuses personnalités, Planète Amazone figure parmi les acteurs incontournables de la défense des forêts tropicales et de ses peuples. C’est ce qui l’a poussé à déposer la marque « Planète Amazone », afin de protéger son nom et son logo des utilisations frauduleuses, notamment dans l’audiovisuel. Mais le groupe Canal Plus, titulaire de la marque Planète Plus (déposée en 2011), ne l’entend pas de cette oreille. Il a ouvert une procédure en opposition à l’encontre de Planète Amazone afin de faire annuler partiellement le dépôt de sa marque figurative s’agissant de la production de films cinématographiques.

Des similitudes trop importantes selon Canal Plus

Le groupe Canal Plus considère que les similitudes entre les marques « Planète Amazone » et « Planète Plus », étant donné que les services proposés sont similaires, ce qui peut faire naître une confusion dans l’esprit du public. L’association a tenté d’entrer en contact avec le groupe et son cabinet d’avocats, afin de trouver une solution pour faire coexister ces deux marques, comme c’est le cas depuis 8 ans. « Nous avons cherché à échanger avec le groupe Canal Plus mais, pour l’instant, tous nos échanges ont été marqués par le désintérêt et le mépris », indique Hortense Triplet, de Planète Amazone.

Les logos respectifs de Planète Amazone et de Planète Plus ne sont pas susceptibles d’être confondus, d’après l’ONG.

L’ONG souligne son absence de but lucratif, n’instaurant ainsi pas de concurrence financière avec le groupe Canal Plus. Elle estime par ailleurs que leurs activités ne se recoupent que très peu, ses documentaires se destinant au cinéma, et que son logo, qui n’a pas changé depuis ses débuts, n’est pas susceptible d’être confondu avec celui du groupe audiovisuel. L »association n’a plus que quelques semaines pour agir. Si la marque devait être annulée, ce déclassement aurait des conséquences particulièrement désastreuses sur l’action de Planète Amazone, cette marque constituant son principal support pour sensibiliser à son combat.

Un grand nombre associations concernées

C’est le cas pour de nombreuses autres organisations. Depuis 2015, le groupe Canal Plus est en effet à l’origine de près d’une centaine de demande en opposition. Ces blocages ont tendance à freiner l’action des associations souhaitant agir pour la défense de l’environnement et qui n’ont pas les moyens de s’opposer à des géants tels que cette entreprise. Planète Amazone a donc décidé de s’associer à Run for Planet, 15 million trees for Siberia, pour constituer un collectif face à cet accaparement abusif.

« La planète appartient-elle au groupe Canal Plus ? interroge Hortense Triplet. La réponse est NON, bien entendu. Cette situation ne peut perdurer. Nous pouvons, ensemble, éviter que d’autres personnes soient également confrontées à cette situation absurde et injuste mais aussi que parfois, des associations agissant pour l’environnement se voient entravées dans leur liberté d’action en se voyant privées de leur propre nom pour défendre leur projet. » Considérant que le groupe n’est pas légitime à détenir tous les droits sur des mots aussi courants que « planète », l’ONG est déterminée à conserver son nom, qui marque son identité et la cause qu’elle défend. Un combat qui a valeur de symbole pour tous les autres abus de ce genre.

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