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26 février 2021

9 alternatives concrètes au plastique démontrant qu’on peut s’en passer



C’est désormais un fait connu de tous, le plastique fait partie des pires fléaux de notre ère industrielle, que ce soit sur le plan environnemental ou en matière de santé publique. Qu’il soit recyclable ou pas, on en retrouve sous forme de micro et nano-particules jusque dans la brise marine, la pluie et une partie de notre alimentation. Alors que les multinationales tentent de redorer leur image par des campagnes de greenwashing, incitant les consommateurs à trier leurs déchets pour avoir bonne conscience tout en achetant toujours plus de choses polluantes, beaucoup ignorent que le recyclable ne réglera jamais seul le problème. En effet, moins de 10% du plastique est recyclé à travers le monde et il s’agit d’un procédé coûteux et énergivore. Incapable de gérer les quantités astronomiques de plastique jeté, l’occident exporte une large part en Asie à un coût énergétique monstrueux. L’un des enjeux majeurs de l’Humanité est de mettre un coup de frein, et pas des moindres, au consumérisme débridé qui régit nos sociétés. Pourtant, la production de plastique s’accélère de jour en jour, plus encore avec la crise sanitaire sous le faux-prétexte d’un effet protecteur – désavoué par la science – contre le coronavirus. Pourtant, il est tout à fait possible de se détacher de notre dépendance au plastique. Le point sur quelques alternatives.

Le pétrole, à chaque étape de son cycle, est délétère à la fois pour l’environnement et la santé humaine. Tous les jours, nous mangeons, buvons et respirons des micro-particules de plastique sans même le savoir. Face à cela, de nombreuses alternatives voient le jour, mais sont-elles pour autant toutes réellement écologiques ? Prudence reste de mise sachant que bien souvent, la frontière entre écologie et greenwashing est volontairement floutée. Par exemple, la composition de produits portant le nom de « bioplastique » peut inclure jusqu’à 70 % de pétrole ! D’autre part, de la même manière que les biocarburants, le bioplastique peut être fabriqué à partir de cultures agricoles (blé, maïs…) qui requièrent l’utilisation d’énergies fossiles et l’extraction de ressources naturelles pour leur production, en plus d’être fabriqué avec ce qui pourrait nourrir de nombreuses personnes ou animaux. De plus, ce plastique « naturel » reste du plastique et n’est pas nécessairement biodégradable. Il arrive également que la fabrication du bioplastique recoure à des OGM. Bref, les supercheries sont partout.

Voilà pourquoi, il faut garder à l’esprit que toute alternative n’est pas forcément bonne à prendre. Par ailleurs, l’émergence de ces alternatives ne signifie pas que nous devrions continuer à produire et à consommer toujours plus. Un changement profond de paradigme est aujourd’hui nécessaire si l’on souhaite espérer pouvoir résoudre la crise écologique qui traverse notre monde. Pour ce qui est de réduire notre dépendance au plastique d’origine pétrochimique, en plus de freiner drastiquement la machine productive (une priorité), voici quelques pistes à discuter :

1) Le réutilisable : verre, acier inoxydable…

La meilleure des façons de se débarrasser du plastique jetable dans énormément de secteurs de la société est de recourir autant que possible au réutilisable. Il peut s’agir d’une gourde en inox pour remplacer les bouteilles en plastique. Pour ce qui est du verre, à quand le grand retour de la consigne ?

Pour les voyages et les pique-niques, plutôt que d’acheter des couverts jetables, il est tout aussi facile d’emporter ses propres couverts en métal. Pour les courses, emportez également vos sacs réutilisables. Pour le vrac et les légumes, vous pouvez aussi avoir vos propres sacs (en coton par exemple) plutôt que d’utiliser les sacs jetables du magasin en question. Ceci demande juste un peu de coordination.

Par Marion chrltTravail personnel, CC BY-SA 4.0, Lien

2) Le « plastique » d’algue

En 2010, Rémy Lucas, un entrepreneur breton, a eu l’idée d’exploiter une ressource naturelle que l’on trouve en abondance en bord de mer : les algues. C’est ainsi qu’est née la société Algopack qui propose aujourd’hui la fabrication d’une matière rigide faite à partir de déchets industriels d’algues brunes. Contrairement aux algues vertes, celles-ci sont non-invasives et ne nuisent pas à la biodiversité.

Au contraire, par le processus de photosynthèse, elles absorbent du CO2 et rejettent du dioxygène, leur présence étant ainsi favorable pour le plancton. Leur culture ne nécessite pas de produits chimiques, ni de fortes quantités d’eau. Le plastique fabriqué à partir de ces végétaux est compostable et biodégradable. Qui plus est, le prix de ce produit est pratiquement similaire à celui du plastique classique.

Image : Algopack

3) Le simili-plastique en peau de banane

Elif Bilgin, une lycéenne turque âgée d’à peine 16 ans est parvenue à fabriquer un matériau en alternative au plastique d’origine pétrochimique. En 2013, après avoir reçu plusieurs distinctions et notamment le prix Science in Action qui lui a valu une bourse, elle a pu pleinement se consacrer à son projet.

Elle a ainsi élaboré une formule pour transformer la cellulose contenue dans les peaux de banane en simili-plastique résistant et isolant. La banane fait partie des fruits les plus consommés au monde et engendre de ce fait une quantité démesurée de déchets industriels (incinérés) qui pourraient pourtant être utilisés à bon escient, en particulier dans les pays en voie de développement comme l’Inde.

4) Le plastique en graines d’olives

L’année dernière, des chercheurs turques sont parvenus à trouver une méthode pour transformer des noyaux d’olives en plastique biodégradable. Il s’agit concrètement de récupérer les déchets issus du processus de production d’huile d’olive et d’utiliser la cellulose contenue dans les noyaux pour concevoir un substitut aux emballages plastiques actuels.

 Les granulés plastiques que nous produisons peuvent être utilisés dans l’industrie, dans l’emballage (et) dans les jouets. explique Duygu Yilmaz, co-fondateur de Biolive.

L’idée est née lorsque le cofondateur et directeur financier, Duygu Yilmaz, s’est inquiété de l’habitude de son père de manger des graines d’olive. Elle a décidé de mener des recherches pour déterminer si les pépins d’olive étaient préjudiciables à sa santé. Au cours de ses recherches, Yilmaz a découvert des similitudes dans la composition chimique des pierres d’olive et des plastiques. Cette découverte l’a amenée à faire équipe avec deux autres jeunes Turcs, Ahmet Fatih Ayas et Mehmet Emin Öz et à lancer Biolive en 2016.

5) Du plastique à base de cactus

Une chercheuse mexicaine a montré qu’il était possible de transformer du jus de cactus en biopolymère. Le point positif est qu’il s’agit d’une plante qui n’a pas besoin d’engrais et qui requiert des quantités d’eau minimes pour croître. On obtient ainsi un produit certes moins résistant que le plastique classique mais qui peut remplacer les emballages alimentaires actuels dans de nombreuses situations.

C’est une chercheuse mexicaine, Sandra Pascoe, qui a mis au point un nouveau matériau à base de jus extrait du nopal, également appelé figuier de Barbarie, qui permet ensuite de fabriquer des emballages jetables non polluants. « La pulpe est pressée pour obtenir un jus que j’utilise ensuite », explique-t-elle à l’AFP. « Ce que nous faisons, c’est essayer de nous concentrer sur des objets qui n’ont pas une longue durée de vie », poursuit-elle, notamment des emballages « à usage unique ». Le nouveau procédé à base de nopal ne sera toutefois qu’ »une goutte d’eau » dans la lutte pour l’environnement, prévient la chercheuse qui réclame de s’attaquer à ce problème sur tous les fronts.

« Le Monde entier est un cactus » par Jean-Baptiste Truffart sur Flickr

6) Le plastique en résidus de sucre de canne

Certains plastiques peuvent être produits à partir de résidus de sucre de canne. Ainsi, il ne s’agit pas d’utiliser la ressource entière pour la production de bioplastique mais au contraire de trouver une utilité aux déchets produits par l’industrie agro-alimentaire. Interrogé par France Inter, Sylvain Pasquier, spécialiste des emballages à l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la maîtrise de l’énergie) indique qu’un tel procédé permet d’obtenir un bilan environnemental globalement positif. Attention cependant à ne pas confondre avec des plastiques constitués d’un mixe avec des composants pétrochimiques.

Crédit photo : Miwok sur Flickr

7) Le plastique d’algue V2

La designer chilienne Margarita Talep a élaboré un projet consistant à concevoir un plastique uniquement à partir de produits naturels et biodégradables avec pour ingrédient principal l’agar-agar, une algue rouge. A cela s’ajoutent des colorants issus de peaux de fruits ou de légumes et de l’eau. En variant les proportions des différents éléments, il est possible de modifier la consistance du plastique obtenu (emballages durs ou mous). Ce type de plastique peut dès à présent convenir pour une multitude de produits de consommation courante.

Crédit photo : Margarita Talep

8) La vaisselle comestible

La vaisselle comestible et biodégradable est un nouveau concept qui constitue une alternative au plastique à usage unique. Il peut s’agir de coupelles, de bols, de pailles, de couverts… Comme son nom l’indique, on peut ainsi manger le contenu, tout comme le contenant ! Une initiative ludique et zéro déchet portée par des entreprises telles que Switch Eat.

9) Des champignons pour contenir… des champignons

L’entreprise Meadow Mushrooms située en Nouvelle-Zélande est parvenue à créer des emballages développés à partir de champignons, dans le but notamment de contenir ces mêmes champignons. Une idée à la fois farfelue et intéressante. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que les champignons sont utilisés pour leurs vertus en matière d’écologie. Les composants à base de mycélium peuvent notamment remplacer les styromousses dans les emballages et les transports, voire même jouer un rôle d’isolant naturel dans la construction.

Conclusion

Il faut cependant garder à l’esprit que la plupart des alternatives, lorsque non-réutilisables, sont plus coûteuses que le plastique traditionnel. C’est d’ailleurs ce qui a fait la force du plastique d’origine fossile : son petit prix dans un monde sous perfusion de pétrole. De même, les plastiques végétaux ne sont pas tous écologiques, tout dépend des méthodes de fabrication. Si de vastes monocultures sous pesticides sont utilisées pour produire du bioplastique, le bilan écologique laissera bien entendu à désirer. C’est pourquoi nous ne le répéterons jamais assez : le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas ! Sans compter sur l’extrême nécessité d’adopter des lois et des règles collectives fondées sur la science et la raison afin d’éviter le désastre écologique que nous connaissons.

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