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2 décembre 2020

« Être utopiste, c’est être clairvoyant » ou comment rester optimiste en plein effondrement



Les aspirations à un monde nouveau n’ont jamais été aussi fortes qu’aujourd’hui. Alors qu’internet s’est transformé en vecteur puissant pour répandre l’utopie, l’outil se révèle à double tranchant, facteur d’échanges, mais aussi de contrôle. Nous en avons discuté avec Sandrine Roudaut, auteure de L’Utopie, mode d’emploi (La mer salée,  2014, réédition 2018 ) et Les Suspendu(e)s (La mer Salée 2016) . 


Mr Mondialisation : L’utopie est au cœur de votre travail. Peut-on encore vraiment se permettre de rêver aujourd’hui ?

Sandrine Roudaut : Peut-on se permettre de ne pas rêver surtout ? Nous en sommes là par manque d’utopie et par trop-plein de cynisme et de matérialisme. Le contraire de l’utopie n’est pas le réalisme, c’est le conservatisme. Être utopiste, c’est justement être clairvoyant : lucide sur ce qui est insoutenable et visionnaire sur ce qui doit être inventé. Être utopiste c’est prendre son avenir en main. C’est décider d’exercer son pouvoir personnel. Si on avait eu plus de vrais utopistes du web du type d’Aaron Swartz on n’en serait pas là. L’origine du web, cette utopie réalisée, c’est faire circuler le savoir et mettre les gens en liens. Sans utopistes pas de creative commons, pas de wikipedia, pas de Mr Mondialisation.15

Mr Mondialisation : Quelle serait votre utopie pour le 21è siècle ?

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UtopiesMr Mondialisation : Quelles seraient alors les conditions, si elles existent, pour que le numérique puisse être un facteur d’émancipation ?

Pendant ce temps vous ne faites pas ce qui était pourtant essentiel à vos yeux. Il faut remettre le numérique à sa juste place : c’est un outil, un outil qui ne doit pas nous déconcentrer de l’important… un outil qui doit laisser toute sa place à la vie.

Comme disait Kennedy, « Les problèmes du monde ne peuvent être résolus par des sceptiques ou des cyniques dont les horizons sont limités par les réalités évidentes. Nous avons besoin d’Hommes qui peuvent rêver de choses qui n’ont jamais existé. » Des choses qui n’ont jamais existé pour l’instant : c’est la définition de l’utopie.

Sandrine Roudaut, L’utopie, mode d’emploi, La mer salée, 2014.

Sandrine Roudaut, Les suspendu(e)s – Utopistes, insoumis, désobéissants, ils écrivent demain et s’accomplissent, La mer salée, 2016.

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