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5 mars 2021

Au Soudan du Sud, l’écroulement des espoirs démocratiques, par Gérard Prunier (Le Monde diplomatique, février 2014)



Le 15 décembre 2013, une intense fusillade retentit au quartier général de la garde présidentielle à Juba, la capitale du Soudan du Sud. Elle marque le début d’une guerre civile qui, dès lors, n’a cessé de prendre de l’ampleur. Que s’est-il passé ? Selon le président de la République Salva Kiir, une tentative de coup d’Etat avait été ourdie par l’ancien vice-président Riek Machar, qu’il avait démis de ses fonctions le 23 juillet. Selon ce dernier — sauvé in extremis grâce au sacrifice de ses gardes du corps, tous tués —, les échanges de tirs résultaient au contraire d’une manœuvre du président lui-même destinée à éliminer son opposition.

Le doute n’est pourtant pas permis. « Nous n’avons pu trouver aucune preuve de la moindre tentative de coup d’Etat », a déclaré, le 9 janvier 2014, Mme Linda Thomas-Greenfield, sous-secrétaire d’Etat américaine aux affaires africaines. Une version confirmée de façon imagée par M. Machar : « J’ai été obligé de m’enfuir en pyjama. » Depuis, les combats entre ses partisans et l’armée font rage.

Un jeu du chat et de la souris

Comment la République du Soudan du Sud, ce jeune Etat né en juillet 2011 d’une sécession consécutive à un référendum, a-t-elle basculé ? Pour le comprendre, il faut remonter à l’accord pétrolier du 27 septembre 2012 entre Khartoum et Juba, et à la décision de M. Kiir de se porter candidat à sa propre succession en 2015. Ses huit années de présidence sont loin d’avoir été un succès : violences ethniques, rébellions fréquentes, administration déficiente, absence de développement économique et corruption massive — au point que, dans une lettre ouverte restée célèbre, le président avait tancé ses propres ministres : « Remboursez les 4 milliards de dollars que vous avez volés, car nous en avons besoin pour le développement. »

Les Etats-Unis, parrain du nouvel Etat, font preuve à son égard d’une complaisance coupable. En effet, une véritable mafia diplomatique favorable au Mouvement populaire de libération du Soudan (Sudan People’s Liberation Movement, SPLM), (…)

Taille de l’article complet : 2 171 mots.



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