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25 octobre 2020

Cyberdépendance — Science et Technologie — Sott.net



En 2019, Internet comptait plus de 4,5 milliards d’usagers à travers le monde, incluant 327 millions d’usagers en Amérique du Nord. Cela représente l’équivalent de 89,4% de la population nord-américaine. Devenu incontournable, Internet s’est immiscé dans notre quotidien et a modifié nos habitudes de vie au point d’avoir des impacts considérables. Pour certaines personnes, trouver un équilibre reste un défi ! À quel moment l’usage des nouvelles technologies devient-il un problème? Comment comprendre l’apparition de la cyberdépendance ? De quelles façons se manifeste-t-elle ? Quels sont les différents types de cyberdépendance ? Comment la prévenir ? L’objectif principal de cet ouvrage est d’accompagner et d’aider les gens qui s’interrogent sur leur utilisation des technologies. Il vise à mieux comprendre les effets de la cyberdépendance et à sensibiliser le public sur l’importance de développer une utilisation responsable et saine des technologies. Les professionnels et intervenants en santé mentale y trouveront aussi des outils et stratégies utiles à leur pratique.

Auteur : Dr Marie-Anne Sergerie – 2020

Extrait :

Les différents visages de la cyberdépendance

La cyberdépendance peut prendre plusieurs formes et se manifester dans l’usage de différentes applications ou technologies. Voici trois exemples*** qui vous permettront de mieux comprendre les différentes formes de cyberdépendance : Valérie, Charles et Thomas.

*** Ces exemples sont des cas fictifs. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est purement fortuite.

VALÉRIE a 28 ans et passe plusieurs heures par jour à consulter et à publier du contenu sur les réseaux sociaux. Son application favorite est Instagram, où elle publie une dizaine de photos par jour. Chaque fois qu’elle a du temps libre, elle prend son téléphone intelligent et vérifie ses comptes et ses messages. Avec le temps, Valérie se sent dépassée, débordée et de plus en plus déprimée. Elle se sent coupable parce qu’elle ne se trouve pas productive ni épanouie. Elle a constamment l’impression d’être bombardée d’informations, mais elle est toujours anxieuse, de peur de manquer quelque chose d’intéressant ou de rater une occasion. Elle a de la difficulté à accomplir ses tâches quotidiennes personnelles et professionnelles et à traiter toutes ces informations. Elle s’inquiète quand elle n’est pas en ligne : « Qu’est-ce que les gens disent et partagent ? Qui essaie de me contacter ? Qui a commenté ou aimé mes plus récentes publications ? Qu’est-ce que je suis en train de manquer ? » Elle se compare constamment aux autres (à ses amis et aux influenceurs qu’elle suit) et au contenu qu’ils publient : « Elle est si mince. Elle est tellement plus séduisante que moi !» ou « Ils sont encore en voyage. Ils sont vraiment plus heureux. » À chaque instant, elle pense à ce qu’elle pourrait publier et il lui arrive d’oublier la présence de l’autre, lorsqu’elle est accompagnée. Elle réalise que les médias sociaux sont une façon pour elle d’échapper à la réalité, de se rassurer en permanence sur sa valeur et de nourrir son estime de soi.

CHARLES a 21 ans et consacre environ 10 à 12 heures par jour au jeu en ligne. Il a commencé à jouer à des jeux vidéo de sports dès l’âge de 10 ans. À l’adolescence, il s’est tourné vers les jeux de tirs à la première personne (First Person Shooter). C’est à ce moment que les jeux vidéo ont commencé à prendre beaucoup de place dans sa vie. Durant son adolescence, il se levait très tôt le matin afin de jouer un peu avant d’aller à l’école. Après les cours, il continuait à jouer jusqu’au retour de ses parents ainsi qu’en soirée après les repas. Le jeu occupait constamment son esprit. Il a commencé à souffrir d’un manque de sommeil. Charles était parmi les meilleurs élèves de sa classe. Il avait toujours eu de très bons résultats scolaires, mais ils ont chuté, notamment en raison de son manque de sommeil et du peu de temps qu’il consacrait à ses études. En revanche, ses résultats dans le jeu s’amélioraient sans cesse. Il était devenu un des meilleurs, et c’était très valorisant pour lui. En jouant en ligne, Charles a connu des joueurs de partout dans le monde et s’est lié d’amitié à distance avec certains d’entre eux. Il était à la fois le sauveur et le confident d’autres joueurs. Dans son quotidien, Charles était déprimé et irritable lorsqu’il ne pouvait pas jouer. Son cercle d’amis dans la vie réelle s’est effrité et ses relations avec ses parents sont devenues tendues. Ces derniers sont inquiets. Ils ont tenté de limiter son temps de jeu, sans succès. Les conflits familiaux sont présents au quotidien.





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