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25 octobre 2020

Moria, à l’abandon du monde — Marie COSNAY



Mother, I am left.

Mother, mother, fire.

Help, help.

Mustafa, dix-huit ans, rencontré au mois de février dans le camp de Moria, appelle au secours. Il le fait, sur Whatsapp, dans la nuit. Mercredi 9 septembre, entre trois et quatre heures. Je ne comprends pas. Sur la première vidéo, des enfants masqués se faufilent sur un chemin en poussant des cris. Disciplinés malgré tout, l’heure est grave. Ils s’éclairent des lampes torches de leurs téléphones. On entend des explosions. Les enfants sursautent, crient. Ils se reprennent, se guidant mutuellement. On les voit de dos à présent, certains portent des sacs à dos. Mustafa filme, il prend le temps. Plan plus large. Les immenses flammes, rouges, les montagnes de fumée noire sur le noir de la nuit. Retour à la cohorte des exilés : sacs immenses à la main, sacs poubelles, certains poussent des valises.

Mustafa, en février, espérait qu’il aurait, sur sa carte de demandeur d’asile, le tampon rouge, celui de la vulnérabilité. Il a obtenu la couleur bleue. Nous n’avons pas le début du début d’une langue commune, sauf à l’écrit, via Google. Alors au téléphone, sans parler, il pleure longuement. La couleur bleue : celle qui fait que tu n’es pas transféré. Que tu restes entre les champs d’oliviers, dans l’île. L’asile lui a été refusé, tout de suite après le choc du bleu. Mustafa ne sait pas comment faire un recours. Les avocats, à Lesbos, sont débordés. Et puis Mustafa (qui n’a pas été jugé vulnérable, qui ne sait pas montrer sa vulnérabilité, qui a fait l’effort contraire et constant de sourire), ne sait ni où ni comment les rencontrer. Mytilène : en février, Mustafa ne sait pas le nom de la ville, si près du camp sauvage de Moria, où il est, depuis des mois, en attente. C’est grâce à Rouddy qu’on a pu arranger ça, le rendez-vous pour le recours.

Rouddy arrangeait ça, parlant anglais à un Afghan, qui parlait farsi à Mustafa.

Mustafa attendait de faire son recours et c’est alors que tout s’est arrêté. Que la vulnérabilité a été celle de tous et toutes. Que plus rien n’a semblé exister. Finis les recours. Ils disparaissaient. Avec pas mal de volontaires d’ONG, avec les avocats. Avec l’attente, diluée dans la mise en attente du monde entier. Très vite, Moria, comme le reste de la Grèce, serait confiné (jusqu’à la semaine dernière : c’est heureux et incroyable qu’il n’y ait pas un cas de covid dans le camp, disait-on). Les conditions d’hygiène n’étaient pas réunies, loin de là, ni la distanciation. Moria tenait. Tenait le coup, sanitairement. Tenait, on ne savait par quel enchantement. Puis, il y a une semaine, un cas de covid était signalé, isolé au-dedans. Isolé au milieu. Dans la tente d’isolation, dit Rouddy. Près de Mandala, tu vois ? Une trentaine d’autres cas, ont à la suite été repérés. La maison de Médecins sans frontières, dit Rouddy, n’a pas été touchée par le feu. Le petit café des exilés non plus. Même l’hôpital a brûlé.

Rouddy encore : chaque jour on se demandait par quel miracle il n’y avait pas le feu. Ni de plus grande violences.

Cette dernière question, je l’avais posée au mois de février.

Les violences ne s’expriment pas, m’avait-on répondu. Ou contre soi. Ou entre soi.

En février, Rouddy m’avait proposé d’assister à la messe pour un frère, tué lors d’une rixe.

Il y a deux jours, quelques personnes ont décidé d’entamer une grève de la faim dans le camp. Sur la vidéo où on les voit, en cercle, s’organiser, ils sont juchés sur la petite estrade montée quelques jours auparavant pour célébrer Achoura, l’anniversaire du martyre de l’imam Hussein, petit fils du prophète, tué en 680 par les troupes du calife ommeyade Yasid, dans le désert de Kerbala. J’ai appris, au moment des vidéos de Mustafa qui célébrait Hussein, que Kerbala signifiait terre de souffrance et du croisement des sabres.

Les vidéo se succèdent dans la nuit partagée. Des boules de cendres voltigent à toute allure sur mon petit écran. Les cendres enflammées sur fond rouge. Des filets, filaments embrasés, volent. Une sorte d’arabesque de soleil, ici, une autre. Trois ou quatre soleils : des démarrages de feux. Des cris, chaque fois. Des explosions violentes, surprenantes. Les déchets brûlent. Les couloirs de déchets brûlent. Les cris fusent. Mustafa commente en anglais : Moria no good. Il y a alors des rires. Ce qui se passe est spectaculaire.

Plus tard, le matin, sur la route. Avec des sacs énormes sur une épaule ou au bout des deux mains réunies. Rouddy explique que d’autres sont partis, abandonnant tout. « Tu prends les enfants, les téléphone portables, l’argent, tout ». Mais aussi des sacs poubelles, lourds de vêtements. Je vois comme on les traîne, plutôt qu’on ne les porte, sur la route. Des poussettes ou des containers poubelles servent de chariot à affaires, on pousse. Ce qui revient, de témoignage en témoignage, ce sont ces fameux trente-cinq cas nouveaux, détectés par Médecins sans frontières, dans le camp de Moria. Trente quatre sont asymptomatiques, un seul fiévreux. Rouddy : nous vivons la fin de Moria.

Nous sommes à un moment clef. Charnière. Crise des migrants en 2015, crise de l’accueil, aujourd’hui si on doit dire de crise, c’est au sens grec : ce qui distingue, sépare, bascule. Nous sommes debout (ou à genoux) sur une charnière. Qui blesse. Nous vivons (et c’est très effrayant) les derniers moments de la lutte qui oppose deux forces. La première force est celle de la continuité des lois morales, écrites et non écrites, sur lesquelles les fondations de nos démocraties sont posées. En France, ces valeurs-là, inscrites aux frontons des mairies. Au nom desquelles on pose l’égalité des vies et le fait qu’il est plus satisfaisant de sauver quelqu’un plutôt que de l’achever quand il est en train de mourir.

L’autre force tire à l’opposé et s’abreuve, hélas, à la source des faits. Il a été possible de penser l’enfermement de gens qui n’ont pas commis de délit et ne sont pas dangereux. Il a été possible de penser la fabrication de citoyens de deuxième zone. Il est possible de penser des barrières physiques et ultra technologiques pour empêcher les corps d’avancer (et pourtant c’est ce que font de mieux les corps, avancer). Il est possible de penser sérieusement à ne pas sauver les gens de la noyade ou du feu.

Tasos Anastasiou

Nous vivons sur ces deux lignes.

Nous menons une double vie.

Nous pouvons nous offusquer de la deuxième ligne, la refuser de toutes nos forces, mais nous devons constater que nous sommes impuissants à la faire bouger. Nous nous épuisons à le tenter. A force, nous pouvons craindre de lâcher, c’est un tour bien connu : ce que nous ne pouvons pas supporter, nous l’effaçons. Alors soit nous nous moquerons des fraternités, soit nous irons plus loin : nous prendrons les devants, tentant de prouver que nous n’avons pas failli moralement : ces gens-là n’étaient pas des gens à sauver. Tout simplement ils n’étaient pas.

La crise est aiguë. Ce n’est plus un moment de choix, c’est le moment du choix.

Les personnes, aux bords de l’Europe ou en Europe, sont de plus en plus maltraitées et nous fatiguons, ainsi écartelés, en équilibre sur nos deux lignes. Inacceptation d’un côté, acceptation forcée de l’autre. Pour l’instant, nous vivons encore notre double vie. La vie des lois écrites, auxquelles nous nous référons, et celle de nos actes. Ou plutôt de nos absences de réponse (impuissants que nous sommes) aux actes que nous réprouvons – que tout, en nous, réprouve.

Les personnes sont de plus en plus maltraitées ? France, mois de mars 2019. Quelque chose passe complètement inaperçu. Une note en bas de page d’une annexe à une circulaire qui n’a pas fait beaucoup de bruit. Un demandeur d’asile, qui devant la loi est régulier sur le territoire quand il a un récépissé de sa demande d’asile, ne pourra plus déclarer une paternité : c’est qu’on rend impossible toute filiation, on la brise, d’une manière qui écrase brutalement un des droits les plus fondamentaux. Brutalité, quand les campements où dorment les demandeurs d’asile sont systématiquement détruits par la police, dans les arrondissements du nord de Paris.

Maroc ? Le contrôle du détroit, Nador d’où ne partent plus les gros convois, les militaires qui ne touchant pas directement l’argent de l’Europe touchent celui des migrants, fermant les yeux sur les nouvelles routes, plus dangereuses que les précédentes. Au Maroc, les policiers engagent des miliciens, avec eux chassent les Noirs des maisons qu’ils ont pourtant payées. Maroc, les forêts, l’organisation militaire des communautés qui s’y trouvent, s’y trouvent dans des attentes si longues que ça ne s’appelle plus l’attente. Les raids policiers. Dans l’indifférence générale, le jour de l’Aïd, ce 31 juillet 2020, les policiers sont venus secouer les soldats, comme ils se nomment, les passa, les passagers de la forêt. Un jeune homme, camerounais, a été tué par les policiers qui voulaient son téléphone portable. Ses frères l’ont porté tout au long de la route, en bordure de forêt, sur un brancard improvisé couvert de feuillages et branchages. En marchant ils criaient : « où es-tu Schengen, où es-tu, Schengen ? Et encore : on vous a demandé pardon, vous l’avez tué comme un mouton. »

Méditerranée centrale ? En ce jour d’incendie à Moria, en ce jour même de fin de Moria, vingt-sept personnes sont encore retenues, après un mois, sur un cargo, le Maerks Etienne, qui a porté secours, comme il se doit, à une embarcation en difficulté. Le cargo danois est interdit de port. À son bord, vingt-sept indésirables. Depuis l’été 2018, on a vu des bateaux humanitaires tourner en rond autour des ports de première attache, au plus près des lieux de sauvetage. Quand quelqu’un est en train de se noyer, le premier élan est de le sauver. Deux ans que peu à peu, s’habituent autrement les gens de mer et les gens de terre. On se demande combien de temps, encore, avant, qu’armés de bâtons et de piques, les garde-côte ne poussent vers le large les zodiacs dégonflés. Pendant cette période fermée, de pandémie, aux abords des îles grecques, c’est ce qui s’est passé : du push-back, dit Rouddy Kimpioka. On se demande combien de temps l’équipage du Maerks Etienne tiendra le coup alors que les États européens mettent tout, ses nerfs et ses lois, en panique.

Et puis, et puis, et puis il y a les hot-spot. Les hot-spot, les ni ni. Ni hors Schengen ni dans Schengen. Les ni l’un ni l’autre. Les Lesbos, Samos. Les contrats avec la Turquie et à ce titre, les enfermements. Enfermements rouges ou bleus, selon le degré (évalué) de vulnérabilité. Le camp officiel est vite saturé. Alors on s’installe sous les oliviers, par section, d’ici jusqu’ici, de loin, ça fait petit village dans les collines, au milieu des oliviers, toiles blanches des tentes, fours à pain. Et déchets, déchets, poubelles bleues entassées les unes sur les autres, composant des murs, traçant des couloirs, des chemins. Vingt mille personnes environ, disait-on en février. Moins maintenant.

“Énklima = Crime” : ce mot barrait la une d’Efimerida Ton Syntakton, Le Quotidien des rédacteurs du 10 septembre

Sur la vidéo de cette nuit, un couloir étroit où se faufilent les familles. Après les familles, les adolescents. Une fois Mustafa prend les gens de face, le feu dans le dos. Après il fait le contraire. Le feu derrière lui, qui prend son tour dans la file qui avance.

C’est la fin de Moria, dit Rouddy.

Au mois de février, les autorités grecques voulaient construire à Lesbos, au lieu de ce camp à l’air libre, établi autour du centre pour demandeurs d’asile (camp et centre d’où on pouvait sortir, rejoindre Kara Tepe ou Mytilène en bus, en taxi, à pied), de véritables prisons fermées. Les pelleteuses étaient là, fin février. Les exilé·e·s ne disaient rien. Les Grecs de l’île protestaient. Au nom de la dignité des personnes mais aussi, de la leur. Leur île, une prison à ciel fermé ?

C’est la fin de Moria : la phrase reste en suspens, personne n’ose penser que c’est le début d’autre chose. On ne voit pas, dit Rouddy après un moment. Mars 2020 : si proche et si lointain. Après conflits autour des prisons fermées de l’Europe, voici la pandémie. « Nous sommes à l’abandon de tous, nous sommes à l’abandon de nous-mêmes ». C’est un monsieur congolais qui le dit au téléphone. Il a tout perdu, en fin de journée, ce mercredi, quand l’incendie maitrisé a repris, consumant ce qui tenait encore debout.

Asiles, recours, expulsions, transferts : tout, tout a été remis à plus tard, l’Europe était malade. Elle ne savait pas à quel point. Les pelleteuses sont reparties, très vite le gouvernement grec a décidé un long confinement pour le camp de Moria. Un confinement qui non seulement n’avait toujours pas pris fin en ce début du mois de septembre, après six mois, mais venait, le 8 septembre, d’être reconduit : quarantaine obligée, un cas de covid (avec symptômes) avait été décelé, à la suite duquel trente-quatre autres personnes, sans symptômes, étaient testées positives.

On ne voit pas. Rouddy a raison. On a peur de voir, parce que jusque là ça ne nous a pas réussi, de voir. Ça n’a eu aucun effet. On le voyait, ce n’était pas possible de rester là, à attendre le feu, dont on savait qu’il viendrait. Pourtant on l’attendait. La maladie, c’est la maladie de ne pas voir ce qu’on voit. Il y aura le feu. Personne ne nie. Personne ne dit : voyons comment l’éviter. Cette maladie, dont personne ne parle : ne pas voir ce qu’on voit.

On ne pouvait pas bloquer davantage. On bloquait davantage. La Grèce lançait sa marine à coups de piques pour que s’en retournent en Turquie les zodiacs qui l’avaient quittée. On ne pouvait pas bloquer davantage. La prison du camp, à ciel fermé, enfermait dans le camp, lui-même prison à l’air libre, deux-cents cinquante personnes qui ne pourraient, selon les officiers européens de l’asile, faire des réfugiés. Prison donc, en attente d’expulsion (empêchée elle aussi). Prison (fermée) dans la prison (du camp confiné), le tout dans la grande prison qu’est devenue l’île. La prison en dur a brûlé. Les policiers en ont ouvert les portes, les deux-cent cinquante personnes ont couru dans la nuit, poursuivies par les flammes.

On ne pouvait pas bloquer davantage. On bloquait davantage. Dans la nuit, les policiers et les militaires étaient appelés d’Athènes, en renfort, pour protéger la ville. Les exilé·e·s ne devaient y entrer, avec leurs containers, leurs sacs poubelles, leurs enfants, leurs lourdes valises, leurs foulards, leurs masques sur le nez. Leur virus. Tu vois, les policiers sont à la hauteur de la station d’essence, entre la ville et Kara Tepe, me dit un interlocuteur. Les gens sont assis en face des policiers, leurs pauvres affaires sur leurs genoux.

En soirée, ce mercredi, le feu a repris. Puis, non loin de la ville, les fascistes s’en sont pris à des réfugiés et à des volontaires. Un volontaire est hospitalisé. Le feu a repris, mes interlocuteurs disent : ce sont des jeunes qui l’ont mis.

« Nous sommes en détresse. Ils mettent le feu sur les tentes restantes, nous sommes à l’extérieur, en train de fuir, à cacher, n’avons plus où dormir, chercher des positions, comptions comme notre dernier abri les dernières tentes brûlées, veuillez nous aider veuillez nous appuyer veuillez nous protéger veuillez nous sécuriser, la nuit à l’extérieur, des couvertures s’il vous plait, nous manquons de tout, d’eau, de nourriture, c’est pour cela que nous clamons, veuillez nous aider, nous clamons et clamons (larmes), nous sommes ici à l’abandon du monde, nous sommes ici à l’abandon de nous mêmes. »

Moria, c’est fini. Ce qui s’est passé ? Ce que tout le monde savait qui se passerait. Sous la tente d’isolation, trente cinq malades, à Mandala, au milieu du camp. Les membres d’une ONG sont venus contrôler les malades. Qui se sont dispersés. Ont couru, couru. On a couru derrière eux. Dans la colère, la tente a été déchirée. Section C, premier feu, puis section B, puis les déchets ont brûlé, il y avait dans les containers une sorte de mousse, tu vois d’ici les flammes, et puis, et puis mourir dans la prison, on a pensé, celle en dur, où tu attends le retour en Turquie ? Les policiers ont ouvert la prison, deux-cent cinquante personnes ont couru, couru. Ce ne sont pas les jeunes Afghans qui ont mis le feu, c’est l’Europe, elle savait le feu, des années et des années qu’elle savait le feu. Regarde-toi, Europe : entre mer et feu, entre vagues et flammes.

Au début du (long) confinement de Moria, la carte de retrait des demandeurs d’asile (quatre vingt dix euros par mois) devenait, comme ailleurs, une carte de paiement. D’abord, l’argent a été complètement bloqué. Puis bloqué sur les cartes dont on ne pouvait pas faire grand chose, bloqués nous-mêmes à Moria. Puis les quatre-vingt dix euros sont passés à soixante quinze. Puis il y a eu distributeur. Un. Pour tous les gens du camp. En février, on disait vingt mille personnes. Nous sommes moins nombreux aujourd’hui, des mouvements ont eu lieu ce printemps. Des transferts, en Grèce. Sur l’île. À Mytilène. D’autres ont eu la résidence, d’autres sont partis d’eux-mêmes. Quelques mineurs ont été déplacés. D’autres sont refusés.

Ce qui va se passer ? Cet hiver, la Grèce rêvait de centres fermés. Le covid l’a fait, le gouvernement a rangé ses pelleteuses. Nous sommes très inquiets.

Quatre cents mineurs partent aujourd’hui. Ceux qu’on dit vulnérables vont rester sur les bateaux. Ils sont mille, environ. Mille, sur les bateaux, ni sur l’île, ni ailleurs. Europe, entre le feu et l’eau. Quant aux autres, aux milliers d’autres, on parle pour eux de deux camps militaires. Où installer de grandes tentes. Ce qui va se passer dans les camps militaires ? Nous sommes très inquiets. Ce qui va se passer ? Cela dépend de vous. La tentation sera très grande de faire des murs. De faite revenir les pelleteuses. On ne voit pas ce qu’on voit. Alors, ce qu’on ne voit pas… Il faut que ces quelques milliers de personnes soient accueillis dans les Etats membres de l’Union Européenne, à eux, les Etats membres, d’instruire les demandes d’asile.

Moria c’est fini. Et c’est sans fin. On est à la fin d’une histoire (nouvel exode, nouvelles pertes), et ça n’en finit pas.

Appel à un rassemblement de solidarité avec les réfugiés de Moria à Athènes, place Syntagma, le samedi 12 septembre à 13 h.





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