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10 August 2020

un dossier géopolitique au cœur de la nouvelle guerre froide 2.0



Le Kremlin s’est félicité jeudi d’un “triomphe” après la validation dans les urnes de la révision de la Constitution. Les Russes ont validé à 77,92% la révision constitutionnelle autorisant notamment Vladimir Poutine à rester au pouvoir jusqu’en 2036 (on connaît cet argument avancé à tord contre les présidents Kabila et Nkurunziza en Afrique), selon un décompte final diffusé jeudi. Ce résultat est qualifié de «mensonge» par l’opposition fantoche mentorisée par les USA et par Washington et Bruxelles. Le référendum constitutionnel russe prend place dans un dossier éminement géopolitique, celui de la nouvelle Guerre Froide 2.0, menée par le Bloc américano-atlantiste contre Moscou.

UN REFERENDUM LARGEMENT APPROUVE PAR LES RUSSES MAIS CONTESTE PAR LES OCCIDENTAUX ET LEURS MERCENAIRES EN RUSSIE

Après dépouillement de 100% des suffrages, le vote «contre» recueille 21,27%, selon les chiffres officiels de la Commission électorale. La participation tournait autour de 65%. Le vote, prévu à l’origine pour avril 2020, a été repoussé à cause de la pandémie de Covid-19. Pour éviter une trop forte affluence dans les bureaux de vote, il s’est déroulé sur une semaine, jusqu’à mercredi, et les électeurs devaient se munir de masques de protection et de gants. Il n’y a jamais eu de doutes quant à son issue: la réforme avait été approuvée par le législateur en début d’année et le nouveau texte de la Constitution est déjà en vente dans les librairies.

L’opposant Alexeï Navalny – un raciste d’extrême-droite et un escroc condamné par les tribunaux russes au pénal – a qualifié ce vote « d’énorme mensonge», appelant ses partisans à se mobiliser pour les prochaines élections régionales en septembre. L’ONG Golos, pro-occidentale, spécialisée dans l’observation des élections et honnie des autorités, a pour sa part « relevé plus de 2 000 violations des règles électorales telles que des pressions hiérarchiques sur les fonctionnaires et des salariés pour qu’ils aillent voter ». La commission électorale n’a constaté pour sa part « aucune infraction sérieuse » pendant le scrutin.

L’un des amendements les plus controversés donne à Vladimir Poutine l’option de deux mandats supplémentaires à l’issue de l’actuel en 2024. La révision introduit aussi dans la Constitution des principes conservateurs chers au président, notamment l’enseignement patriotique, ainsi que des garanties sociales, comme l’indexation des retraites. Une nécessité, selon Poutine, car la classe politique ne doit pas se perdre dans « une quête de successeurs potentiels ».

UNE ATTAQUE OCCIDENTALE FRONTALE

Selon l’AFP, « Le référendum organisé par Poutine suscite de vives questions »: « Nous avons connaissance d’allégations graves d’irrégularités » dit l’agence au service de Macron, citant des sources à Bruxelles. L’Union européenne a invité jeudi la Russie a « enquêter sur les irrégularités dénoncées pendant le référendum constitutionnel organisé pour permettre au président Vladimir Poutine de rester dans ses fonctions jusqu’en 2036 ». « Nous avons connaissance d’allégations d’irrégularités (…) Nous nous attendons donc à ce que ces rapports fassent l’objet d’une enquête en bonne et due forme car il s’agit d’allégations graves » (sic), a déclaré Peter Stano, le porte-parole du chef de la diplomatie européenne l’atlantiste Josep Borrell. L’Union européenne déplore l’absence de campagne, « ce qui a privé les électeurs de l’accès à une information équilibrée et à un débat approprié pour apporter des changements aussi importants », a souligné le porte-parole européen. Ignorant le deuxième tour des municipales françaises dans les mêmes conditions et au même moment.

L’UE a également dénoncé l’organisation de la consultation sur le territoire russe, dans la péninsule de Crimée, qualifiée « d’illégalement annexée ». « Nous ne reconnaissons pas le vote dans ces territoires », a-t-il averti. L’UE appelle enfin la Russie « à respecter ses obligations internationales, y compris celles d’exécuter les arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme, et demande la modification d’un amendement à la Constitution qui prévoit la primauté de la Constitution russe sur les traités internationaux ». L’UE ose ajouter qu’elle « ne veut pas se prononcer sur le mandat du président, car cette décision appartient à son pays » (resic). « Mais il doit y avoir des freins et des contrepoids dans le système », a soutenu le porte-parole européen.

WASHINGTON SE DIT “PREOCCUPEE”

Les Etats-Unis se sont dits « préoccupés jeudi par les conditions du déroulement du référendum constitutionnel en Russie ». « Nous sommes préoccupés par les informations sur les efforts du gouvernement russe en vue de manipuler le résultat des récents votes sur les amendements constitutionnels, y compris les informations sur une coercition d’électeurs, des pressions sur les opposants aux amendements et des restrictions imposées aux observateurs indépendants du vote », a dit la porte-parole du département d’Etat, Morgan Ortagus. Oubliant que Trump a été désigné président avec plus de deux millions de voix que moins qu’Hillary Clinton et après les manipulations électorales des Big datas, comme Cambridge Analytics …

Les Etats-Unis sont « particulièrement inquiets » de l’amendement « qui permettrait potentiellement au président Poutine de rester au pouvoir jusqu’en 2036 », a-t-elle ajouté. « Dans le monde entier, par principe, les Etats-Unis s’opposent aux amendements constitutionnels qui favorisent les présidents en place ou prolongent leur mandat, surtout dans des contextes dans lesquels manquent les conditions nécessaires pour un processus démocratique libre et juste » (resic), a encore dit Mme Ortagus. Ajoutons que les CIA manipulent depuis plus de 70 ans les élections dans le monde, selon une source américaine (1) !

NOTE :

(1) Voir David Shimer “When the CIA Interferes in Foreign Elections. A Modern-Day History of American Covert Action”, in FOREIGN AFFAIRS (la revue de Kissinger, Brzerzinski et Albright), June 21, 2020 :

Extraits/ « Le président russe Vladimir Poutine a tendance à répondre aux questions sur l’ingérence de son gouvernement dans l’élection présidentielle américaine de 2016 avec un mélange de refus et de contre-charges. Ce sont les États-Unis, a-t-il affirmé en juin 2017, que «partout dans le monde s’ingère activement dans les campagnes électorales dans d’autres pays». Le but de cette réclamation est d’excuser et de détourner l’attention des actions de la Russie et, dans de nombreux endroits à l’étranger, cela fonctionne. De Kiev à Bruxelles en passant par Londres, les responsables gouvernementaux m’ont dit qu’ils supposent que la Central Intelligence Agency (CIA) intervient fréquemment dans les élections à l’étranger.

Cette perception est compréhensible: pendant des décennies, c’était vrai. Le tout premier programme d’action secret de la CIA était une opération de manipulation des élections italiennes de 1948. Les officiers du renseignement américain ont diffusé de la propagande incendiaire, financé leur candidat préféré et orchestré des initiatives à la base, le tout au profit des forces centristes italiennes par rapport à leurs concurrents de gauche. Après la perte du Parti communiste italien, l’opération de 1948 est devenue «un modèle», m’a expliqué David Robarge, l’historien interne en chef de la CIA, pour ce que l’agence avait alors fait dans «de très nombreux pays» en concurrence avec son homologue soviétique, le KGB. . Du Chili et du Guyana au Salvador et au Japon, la CIA et le KGB ont ciblé des élections démocratiques à travers le monde. Certaines de ces opérations ont manipulé les bulletins de vote directement; d’autres ont manipulé l’opinion publique; tous ont été conçus pour influencer les résultats des élections.

Ensuite, la guerre froide a pris fin et les objectifs opposés des opérations électorales de Moscou et de Washington – propager ou contenir le communisme – sont devenus obsolètes. Depuis lors, les services de renseignement russes sont intervenus dans de nombreuses élections étrangères, non pas pour faire avancer une idéologie, mais pour promouvoir des candidats divisés et autoritaires, semer le chaos et la confusion et délégitimer le modèle démocratique. Mais qu’en est-il de la CIA? (…)

Le premier cas est arrivé en 2000, lorsque Milosevic, le président yougoslave, était en lice pour la réélection en Serbie. Milosevic était beaucoup de choses: un communiste aligné sur Moscou, un nationaliste serbe et un grave abuseur des droits de l’homme (…)

La gravité de ces atrocités a incité l’OTAN, en 1999, à lancer une campagne aérienne contre les forces de Milosevic et un tribunal international pour l’inculper comme criminel de guerre. Leon Panetta, chef de cabinet du président américain Bill Clinton de 1994 à 1997, m’a dit: «Milosevic était considéré comme un méchant et une influence et quelqu’un qui allait bouleverser cette partie du monde s’il n’y avait pas de mesures prises pour allez le chercher.

L’élection de 2000 a présenté une telle opportunité. «Je ne sais pas si nous avons déclaré publiquement que notre objectif était un changement de régime», a déclaré James O’Brien, alors envoyé spécial de Clinton pour les Balkans, mais «nous n’avons pas vu Milosevic capable de diriger un pays normal». Du milieu de 1999 à la fin de 2000, les organisations publiques et privées des États-Unis ont dépensé environ 40 millions de dollars pour des programmes serbes, soutenant non seulement l’opposition de Milosevic mais aussi les médias indépendants, les organisations civiques et les initiatives de vote. Grâce à cet engagement ouvert, a expliqué O’Brien, les États-Unis visaient à uniformiser les règles du jeu dans une élection que Milosevic était sur le point de manipuler. Alors que le Département d’État, l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et les organisations non gouvernementales (ONG) financées par les États-Unis ont influencé les élections serbes à la lumière, la CIA a fait de même en secret. John Sipher m’a dit qu’entre 1991 et 2014, alors qu’il était officier des opérations de la CIA, il ne connaissait qu’une seule opération «réussie» pour intervenir dans une élection: en Serbie en 2000. «Il y avait un effort secret pour essayer de soutenir l’opposition à Milosevic », a déclaré Sipher, rappelant qu’après que Clinton a informé certains membres du Congrès, la CIA est allée travailler« en soutenant et en finançant et en fournissant de l’aide à des candidats spécifiques de l’opposition – c’était l’essentiel » Sipher, qui est devenu le chef de la station de la CIA en Serbie juste après les élections, a expliqué que l’agence a canalisé “certainement des millions de dollars” dans la campagne anti-Milosevic, principalement en rencontrant des assistants clés des dirigeants de l’opposition serbe en dehors des frontières de leur pays et en “fournissant les avec de l’argent »sur place.

Dans une interview, Clinton a confirmé qu’il avait autorisé la CIA à intervenir dans les élections de 2000 en faveur des opposants de Milosevic. “Je n’ai pas eu de problème avec ça”, m’a-t-il dit au sujet du programme d’action secrète de la CIA, parce que Milosevic “était un tueur de pierre et avait causé la mort de centaines de milliers de personnes.” Tout comme les présidents américains de l’époque de la guerre froide pensaient qu’ils pouvaient renforcer les démocraties étrangères en sapant les candidats communistes, Clinton pensait qu’il pourrait renforcer la démocratie serbe en travaillant contre Milosevic. “Le gars était un criminel de guerre”, m’a dit Clinton. «Je ne considérais pas Milosevic comme un candidat à la démocratie; Je pensais qu’il essayait de se débarrasser de la démocratie. »

En Serbie, la CIA s’est concentrée sur l’influence des esprits plutôt que sur la modification des bulletins de vote. “Nous n’avons pas truqué le vote ni menti sciemment aux électeurs pour les amener à soutenir les gens que nous espérions gagner”, a expliqué Clinton. Au lieu de cela, la CIA a fourni de l’argent et d’autres types d’aide à la campagne d’opposition. Les dirigeants du Congrès connaissaient et soutenaient ce plan secret. Trent Lott, le leader de la majorité au Sénat, a rappelé que lorsqu’il a été informé de l’opération de la CIA, il la soutenait de tout cœur. «[Milosevic] était totalement hors de contrôle», m’a dit Lott. “Nous n’allions pas envahir, mais c’était un gâchis, et nous avons dû faire quelque chose.” Contrairement aux autres responsables du gouvernement américain, les officiers de la CIA pouvaient opérer sous couverture. “En raison de la nature de notre façon de faire des affaires”, a expliqué Douglas Wise, alors officier des opérations de la CIA basé dans les Balkans, “la Serbie était beaucoup plus pénétrable que pour les gens qui étaient beaucoup plus ouverts, dirons-nous.” La participation de la communauté du renseignement américaine aux élections a été “substantielle”, a poursuivi Wise, alors que Washington a utilisé “tous les instruments de notre pouvoir national pour créer un résultat qui soit agréable pour les États-Unis”.

Mais serait-ce suffisant? À l’approche des élections, Clinton craignait que Milosevic ne triche son chemin vers la victoire. “Ces élections vont être importantes, mais elles ne seront probablement pas justes”, a-t-il déclaré à Vladimir Poutine, le nouveau président de la Russie, deux semaines et demie avant le vote, selon une transcription récemment déclassifiée de leur conversation. “Milosevic est en retard dans les sondages, alors il le volera probablement. Il serait préférable qu’il perde, mais il s’arrangera probablement pour ne pas le faire. ” (Poutine, en réponse, s’est plaint de l’intervention de l’OTAN l’année précédente. “Nous n’avons pas été consultés sur la décision de bombarder la Yougoslavie”, at-il dit. “Ce n’est pas juste.”)

Les organisations américaines de promotion de la démocratie, partageant les préoccupations de Clinton, ont cherché à garantir que Milosevic ne puisse pas falsifier le décompte des voix. Une ONG financée par les États-Unis a formé plus de 15 000 militants pour surveiller les bureaux de vote. Le jour de l’élection, les membres de l’opposition ont compté les votes aux côtés des responsables gouvernementaux. Le décompte des voix de l’État laisse entendre que Milosevic a une avance étroite. Le compte parallèle, cependant, a révélé la vérité: il avait perdu massivement. Des protestations majeures ont éclaté. Milosevic, incapable de réprimer une révolution populaire, a été contraint de démissionner.

La main de la CIA est restée cachée. Deux décennies plus tard, des officiers du renseignement américains maintenant à la retraite ont exprimé une confiance inexpliquée dans le fait que leur travail s’était révélé essentiel pour vaincre Milosevic. Sipher a commenté le «succès» de l’opération de la CIA. Wise a déclaré que les États-Unis ont fait «une grande différence» et qu’une «combinaison» de tactiques secrètes et manifestes a produit «un résultat positif». Comme pour toutes les opérations secrètes visant à influencer les électeurs, la CIA n’a pas pu évaluer son impact précis. «Il est difficile de le mesurer», a reconnu Sipher. Mais il a noté que les responsables du gouvernement serbe ont crédité la CIA de leur victoire à huis clos. “De nombreux acteurs clés qui sont devenus des personnalités du gouvernement de suivi ont continué à nous rencontrer et à nous dire que ce sont nos efforts qui ont mené à leur succès”, a déclaré Sipher, “pour les aider dans tout, de la publicité au financement à la façon dont ils ont fait les choses »pendant la campagne.

Au cours des entretiens, de plus hauts responsables du gouvernement se sont sentis mal à l’aise devant toute mention de la CIA et de la défaite de Milosevic. “Je connais des choses à ce sujet, mais je ne suis pas en mesure d’en parler”, a déclaré John McLaughlin, qui était directeur adjoint de la CIA en 2000. Ce malaise était logique: l’ingérence de la CIA lors des élections de 2000 n’était pas représentative du poste de l’agence. –Opérations de guerre froide. Combien de fois, après tout, un criminel de guerre peut-il être évincé par scrutin? “Il semblait y avoir un niveau de confort plus élevé non seulement dans la partie du renseignement du monde, mais vraiment juste dans la politique générale, que quelque chose devait être fait dans les Balkans”, a déclaré Steven Hall, un ancien officier des opérations de la CIA qui était stationné dans la région. en 2000. Pour Washington, la «manipulation électorale» était devenue «un outil de dernier recours», a ajouté Wise, et le cas serbe était «l’exception complète», en partie à cause des atrocités commises par Milosevic et en partie à cause de la «réceptivité». Caractère «crédible» et «attrayant» de l’opposition. Pour de tels cas, Wise a généralement soutenu que «les fins justifient les moyens. . . le risque est que vous fassiez peut-être quelque chose qui n’est pas américain aux yeux de certains. » Mais le résultat est «le maniaque génocidaire n’est plus au pouvoir». Lorsque j’ai demandé à Clinton pourquoi une action secrète était méritée en Serbie, il a simplement répondu: “Il y a un seuil de mort, et Milosevic l’a franchi.”(…)

Leon Panetta, directeur de la CIA de 2009 à 2011, a été le plus ouvert. Il a dit qu’il ne s’était jamais «lancé» dans la modification directe des votes ou la diffusion de désinformation. Mais en de rares occasions, sa CIA a influencé les médias étrangers avant les élections afin de «changer les attitudes au sein du pays». La méthode de la CIA, a poursuivi Panetta, consistait à «acquérir des médias dans un pays ou dans une région qui pourraient très bien être utilisés pour pouvoir délivrer» un message spécifique ou travailler pour «influencer ceux qui pourraient posséder des éléments des médias à diffuser». capable de coopérer, de travailler avec vous pour transmettre ce message. » Comme en Italie en 1948 ou en Serbie en 2000, les programmes décrits par Panetta complètent des campagnes de propagande manifestes. “Même si nous fonctionnions sur une base secrète”, a-t-il dit, “vous devez vous assurer que les méthodes manifestes qui sont utilisées au moins transmettent le même message.” (…) »

(Sources : AFP – Belga – Foreign Affairs – EODE Think Tank)



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