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10 August 2020

Avec de tels protecteurs, plus besoin d’ennemis



  1. Campagne de dons – Juin 2020

    Chers amis lecteurs, Au début de cette année, nous écrivions que 2020 serait une année de bouleversements à l’échelle mondiale. Elle a pleinement tenu ses promesses, et ce n’est apparemment que le début de quelque chose de plus grandiose encore, et dont la principale caractéristique est une tentative de prise de contrôle total de l’information. C’est même l’essence de toutes les guerres livrées contre les peuples depuis quelques décennies. Plus que jamais, il est nécessaire que des sites comme le nôtre se multiplient pour contrer toutes les tentatives de monopoliser l’information à des fins de manipulation. Grâce à votre fidélité, vos encouragements et votre aide, nous avons réussi à surmonter toutes les pressions et contourner les divers obstacles destinés à nous faire disparaitre ou à nous intimider. Nous comptons à nouveau sur vous pour nous aider dans notre combat, et nous permettre de continuer à vous fournir un travail de qualité et une vision juste et équilibrée du monde. Merci pour votre soutien. Avic

    5 190,00 € donated

par Michel Raimbaud

Le sinistre printemps 2020 s’estompe, laissant en héritage des multitudes hébétées. Le coronavirus n’a pas seulement suscité d’innombrables vocations de diafoirus et laissé le champ libre aux théoriciens de l’enfermement global ou aux maniaques du couvre-feu. Sa promotion au rang de tragédie du millénaire s’est faite au prix d’un matraquage médiatique insensé qui a incrusté dans les opinions mises en situation, entre autres sornettes, l’idée que le « monde d’avant » était balayé à jamais, le confinement n’étant que l’entracte permettant de changer le décor pour un « monde d’après » reconstruit sur de nouvelles bases. Les occidentalistes ont repris en boucle cette nouvelle version de la « fin de l’Histoire », relayant le pétard mouillé de Fukuyama, l’une des théories messianistes dont sont friands les intellectuels américains, soucieux de recycler sans fin un rêve hégémonique inoxydable.

Après avoir héroïquement résisté à dix ans de guerre planétaire conduite par la mal nommée communauté internationale, ce n’est pas la barbare loi américaine dite Caesar Syria Civilian Protection Act, qui entre aujourd’hui en vigueur, qui va changer la donne sur le terrain. Une loi inique, impossible à appliquer, entrée en vigueur alors que la « pandémie » Covid-19 n’a pas encore été vaincue et condamnable moralement, humainement et stratégiquement. Une forme de terrorisme économique déclenchée par l’Amérique pour tenter de gagner une guerre déjà perdue. Photo DR

La « pandémie » ayant gagné rapidement les cinq continents, pour la première fois peut-être l’humanité entière partageait en temps réel un sort commun face à « Un mal qui répand la terreur, Mal que le ciel en sa fureur, Inventa pour punir les crimes de la terre, La Peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom). Tous régimes confondus, des dictatures aux grandes démocraties, « ils n’en mouraient pas tous, mais tous étaient frappés ». Confronté à ce péril « universel » et conscient de n’être plus tout à fait le centre de l’univers, l’Empire Atlantique, de droit divin plus égal que les autres, se devait de reprendre les choses en main. Ne sait-on pas depuis longtemps que la fiction peut se substituer à la « réalité observable » à condition d’être projetée sans complexe et renouvelée sans trêve ? En 2005, à un journaliste qui l’interrogeait innocemment, Karl Rove, conseiller de George Debeliou, avait expliqué cyniquement : « Nous les Américains, nous sommes maintenant un Empire, et lorsque nous agissons, nous créons notre propre réalité. Pendant que vous étudiez studieusement cette réalité, nous ne perdons pas de temps. Nous agissons et nous créons d’autres réalités nouvelles qu’il vous est loisible d’analyser. (…) Nous sommes les acteurs et les producteurs de l’Histoire. A vous tous, il ne reste qu’à étudier ce que nous créons ». En d’autres termes, l’Histoire est écrite par les vainqueurs ; en contrôler ou fabriquer le récit c’est déjà se poser en vainqueur.

De façon assez inattendue, la « pandémie » a mis en lumière le basculement en cours de l’ordre international au profit du bloc « eurasien ». Déjà en déclin tangible, économiquement, financièrement, militairement, le camp occidental a perdu le magistère moral qui lui permettait d’imposer sa conception de l’humanitaire, terrain propice aux ingérences et guerres de changement de régime. Grande première, c’est vers Pékin, Moscou et Cuba que se sont tournés les pays frappés par le virus. Les présidents russe et chinois, Vladimir Poutine et Xi Jinping, les vrais animateurs du bloc eurasien ne laisseront pas la Loi César étouffer la Syrie, leur alliée historique.

Quinze ans plus tard, habités de cette conviction intime, les nostalgiques de la ci-devant « puissance indispensable » estiment toujours qu’ils peuvent vendre aux opinions leurs slogans éculés en changeant l’enseigne de la boutique. Conçu au sein des lobbies impériaux à la faveur du tohu-bohu covidique, le « Nouvel Ordre Mondial » sanitaire piloté par les fondations et les milliardaires anglo-saxons n’est rien d’autre que la nouvelle mouture de la « communauté internationale » de naguère, manipulée par des marionnettes de l’État profond. Corona ou pas, la volonté hégémonique est toujours là, de même que les mécanismes et outils ad hoc. Pour les opinions occidentales, il n’est pas nécessaire de renouveler les vocables, changer les têtes d’affiche suffit. Quant aux pays résistants, adversaires, cibles et/ou victimes du vieux syndrome de « l’homme blanc », ils ne seront pas dupes, mais on trouve toujours chez eux assez d’adeptes ou d’agents du « rêve américain » pour que le piège à gogos, qui a fait ses preuves, puisse fonctionner. Le but n’est évidemment pas d’apporter liberté ou « démocratie », mais de provoquer la destruction, la déstabilisation, le démantèlement des Etats « préoccupants » ou d’en changer le régime.

Après avoir lutté contre le communisme au temps de la guerre froide, c’est au nom de la « responsabilité de protéger » les peuples que, depuis 1991, l’Empire Atlantique mène des « guerres sans fin » afin d’étendre son emprise sur la planète. L’idée de créer une « loi humanitaire » pour contourner les principes fondamentaux des Nations Unies est née dans le sillage de la guerre du Biafra (1967), et on trouve parmi ses inspirateurs Bernard Kouchner, alors jeune médecin. Il faudra attendre vingt ans avant qu’elle soit théorisée lors d’une conférence sur « la morale et le droit humanitaire » sous forme d’un « droit d’ingérence » que le « monde libre », en 1987, n’est pas en mesure d’imposer. Le concept sera recyclé en « devoir d’ingérence », puis en « responsabilité de protéger » (R2P).

1991 est une date-charnière. Dopés par la chute de l’URSS et la dissolution du bloc communiste, les néoconservateurs estiment que l’heure est venue d’imposer au monde ce qui ne pouvait l’être au temps de la guerre froide, l’ordre américain. Présentée comme une responsabilité subsidiaire de la nouvelle « communauté internationale », réduite en fait aux trois membres permanents occidentaux du Conseil de Sécurité et à quelques pays affinitaires (like-minded countries), la R2P pourra désormais être invoquée sans risque, bien qu’elle aille à l’encontre du droit onusien.

C’est tout naturellement que ce « faux pavillon » servira, trente années durant, à donner un semblant de légitimité aux aventures de la « démocratisation », c’est-à-dire aux ingérences illégales visant à déstabiliser les « régimes préoccupants » (regimes of concern), qu’il s’agisse des « Etats Voyous » accusés de soutenir le terrorisme, de détenir des armes de destruction massive et de violer le Droit International, ou des « Etats faillis » soupçonnés de ne pas remplir leur obligation de protection des populations.

Au lendemain du 11 septembre, Debeliou Bush engage le monde dans « une guerre sans fin contre la terreur » à ennemis aléatoires. En février 2004, ce sera le Projet de « Grand Moyen-Orient » prévoyant de réformer, « démocratiser » et surtout « libéraliser » la « ceinture verte musulmane » de la Mauritanie au Pakistan. En fait, il vise à prendre le contrôle des ressources naturelles, à poursuivre l’encerclement de la Russie et à marginaliser le conflit israélo-palestinien. Une fois détruit l’État irakien et l’offensive lancée par Colin Powell contre la Syrie et le Liban, la « démocratisation » consistera à rendre la région plus réceptive aux vœux américains et plus « conciliante envers Israël.

Face au nouvel « ordre » mis en place, nul n’osera objecter que le GPS traceur de « Rogue States », inspiré par les « penseurs » néoconservateurs (Dick Cheney, Paul Wolfowitz, Richard Pearle, DonaldRumsfeld, etc…) ne mène ni à Moscou, Pékin, Bagdad, Téhéran ou Damas, mais plutôt à la Maison-Blanche, à Downing Street, ou vers d’autres peuples élus. La dérive ainsi entamée se traduira par la remise en cause du droit international, de la charte des Nations Unies et du système onusien dans son ensemble, et leur remplacement par une loi de la jungle implacable. C’est avec le plus grand naturel que les « grandes démocraties » assumeront leur nouveau rôle de « grandes voyoucraties », à l’image de leur guide bondieusard et criminel.

Comme le rappelle l’écrivain libanais Maan Bachour, la liste des guerres fomentées et menées, directement ou par procuration, par l’Amérique et ses complices est longue. Si la liste des champs de manœuvre est éclectique ( ex-Yougoslavie, Ukraine, Venezuela, Bolivie, Brésil, etc…), les pays et peuples arabes ou arabo-musulmans sont particulièrement visés : pas moins d’une vingtaine de guerres entre 1954 et 2010 ( y compris la mise à mort de l’Irak entre 1990 et 2003, le harcèlement contre la Syrie et le Liban des années 2000, l’appui illimité à Israël dans l’ethnocide contre le peuple palestinien), suivies de la longue série des « révolutions arabes ».

2011 marquera un tournant pour le « Nouveau Siècle Américain » et un coup d’arrêt partiel aux visées de Washington, ouvrant la voie à une épreuve de force entre l’unilatéralisme américain et les supporters d’un multilatéralisme à venir. En mars 2011, est lancée au Conseil de Sécurité l’opération « humanitaire » qui va détruire l’Etat libyen au nom de la R2P, la Russie et la Chine n’y ayant pas fait obstacle. En octobre, outrées d’avoir été bernées, elles surprendront en usant pour la première fois du véto pour interdire une intervention militaire en Syrie, barrant la route à tout projet basé sur la R2P…

Le projet israélo-américain a survécu à trente ans de messianisme. Malgré les échecs et le coup d’arrêt rappelé précédemment, l’Axe du Bien en est toujours à fomenter et entretenir des guerres de deuxième ou troisième génération, directes ou par procuration, sous couvert de la « responsabilité de protéger » (R2P), sa grande trouvaille. On connaît le bilan effrayant des guerres qui dévastent depuis dix ans le Grand Moyen-Orient. L’escroquerie ne devrait plus tromper personne mais elle ne suscite plus guère de réaction en Occident, abêti par son allégeance à l’atlantisme et au sionisme. Le mensonge est devenu si familier qu’il n’offusque plus. Le mutisme a ses avantages puisqu’il tend à faire oublier la poursuite effrénée des « guerres sans fin » que mènent les tontons flingueurs qui se succèdent à la Maison-Blanche, plus caricaturaux les uns que les autres, mais tous également nocifs. Le gangster à la mèche jaune est plus pittoresque que la moyenne, mais sa brutalité s’inscrit dans une longue lignée. Il vient à point nommé pour ses vassaux qui peuvent se dédouaner à bon compte en le critiquant avec virulence tout en soutenant en douce son errance politique, son aventurisme militaire et son banditisme assumé. Comme si rien ne pouvait plus indigner venant des rives du Potomac.
Dans les capitales des « grandes démocraties » défraîchies par l’engourdissement des mois de confinement, l’heure n’est plus à ergoter sur les faits et méfaits de l’imprésentable Tonton Donald, mais à la solidarité occidentaliste face aux « révisionnistes » modernes et leurs complices. Car l’herbe ne peut pas repousser aussi verte là où le « fléau de Dieu » est passé.
Il est en effet très improbable que la Chine, forte de sa superpuissance incontestable, et la Russie, à nouveau grande puissance militaire et pôle de référence diplomatique et politique, se prêtent au jeu d’un nouvel ordre mondial régi par un Empire manifestement en pleine débâcle.

De façon assez inattendue, la « pandémie » a mis en lumière le basculement en cours de l’ordre international au profit du bloc « eurasien ». Déjà en déclin tangible, économiquement, financièrement, militairement, le camp occidental a perdu le magistère moral qui lui permettait d’imposer sa conception de l’humanitaire, terrain propice aux ingérences et guerres de changement de régime. Grande première, c’est vers Pékin, Moscou et Cuba que se sont tournés les pays frappés par le virus.

Pourtant, rien n’étant décidément nouveau au soleil de l’Occident, le « gouvernement mondial » que cherchent à promouvoir de douteux bienfaiteurs pour lutter contre les pandémies apparaît comme une nouvelle version de la « communauté internationale » dont il a été question précédemment. On y retrouve, bien qu’ils aient dépassé la date de péremption, des stratagèmes toujours consommables. Si le sadisme particulier avec lequel est traitée la Syrie doit susciter l’attention, c’est qu’il est plus que jamais l’objet d’une totale omerta. Mais on a aussi bien des raisons de flairer la volonté d’ingérence dans les « retours de printemps » arabes, les « hirak » du Liban, du Soudan et d’Algérie, où s’agite une « société civile » qui rappelle quelque chose.

Souvenir pour souvenir, qui l’eût dit qui l’eût cru, voilà un revenant venu tout droit du « monde d’avant » et qui semble avoir trouvé sa place dans le « monde d’après » sans heurter les esprits délicats de l’île atlantique : la « Loi Caesar pour la protection de la population civile en Syrie » (Caesar Syria Civilian Protection Act) n’est-elle pas le nom de ce nouvel oukaze qui vise à étouffer le pilier damascène de la résistance au projet israélo-atlantique et à affamer son peuple ainsi que ses voisins (Liban, Iran) et ses alliés. On se demande bien d’ailleurs ce qu’il reste à sanctionner dans un pays assommé depuis dix ans, à un rythme impressionnant, par les mesures coercitives de l’Amérique et l’Union Européenne. Comme le soulignait le représentant permanent de la Syrie auprès des Nations-Unies, Bachar al Jaafari, ces agressions interviennent malgré les appels internationaux à lever les sanctions dans le contexte du Coronavirus, alors que la « loi César » est sur le point d’entrer en vigueur, cette pratique n’étant pas une nouveauté de la part de Washington. Et de rappeler les volets de la deuxième ou troisième vague de l’inlassable bataille menée par l’Amérique et ses alliés (turcs et autres) pour tenter de gagner une guerre déjà perdue, le terrorisme économique des forces d’occupation, l’incendie (par ballons thermiques, par drones…ou par djihadistes interposés) des champs et récoltes, à l’est de l’Euphrate, dans l’oasis de Palmyre et ailleurs, équivalant à des crimes de guerre ou contre l’humanité. Damas ne se fait sans doute pas d’illusion sur le sort de la plainte adressée au Secrétaire Général des Nations-Unies et au Président du Conseil de Sécurité contre les trois occidentaux, la Turquie et « l’entité sioniste », passés d’une guerre par procuration (soutien, armement, financement des groupes terroristes et séparatistes) à une guerre directe d’agression.

Demandant un rapport « urgent et honnête » afin de déterminer si les sanctions sont conformes ou non aux décisions onusiennes, la Syrie « espère » que les Nations-Unies et le Conseil de Sécurité mettront un terme aux interventions américaines et occidentales ainsi qu’aux sanctions économiques unilatérales, tous ces crimes constituant des violations du droit international et une agression contre la souveraineté, la sécurité et l’intégrité de la Syrie.
Quelle idée ! Demande-t-on à des amis qui veulent tant de bien au peuple syrien de mettre fin à leur protection. Autant prier le sinistre James Jeffrey, l’envoyé spécial de Trump pour la Syrie, qui a l’air sérieux comme un Pape, d’ouvrir son panier pour voir ce qu’il a osé y mettre ?

Michel Raimbaud

illustration: L’exportation de la démocratie occidentale, une nouvelle forme des guerres coloniales.

source:http://www.afrique-asie.fr/avec-de-tels-protecteurs-plus-besoin-dennemis/

***

par Marie-Ange Patrizio

Pour plus d’informations :

Déclaration relative à la promulgation de la loi Caesar Syria Civilian Protection Act of 2019

Département d’État des États-Unis

Secrétaire d’Etat Michael R. Pompeo

Le 20 décembre 2019

Extrait :

« La loi prévoit des sanctions et des restrictions aux déplacements à l’encontre des personnes qui prêtent assistance aux membres du régime Assad, ainsi que des agents syriens et internationaux responsables ou complices de graves violations des droits de l’homme en Syrie. La loi entend également contribuer à priver le régime d’Assad de ressources financières susceptibles de lui permettre de mener sa campagne de violence et de destruction à l’origine de la mort de centaines de milliers de civils. La loi César signale sans ambiguïté qu’aucun acteur extérieur ne doit faire affaire avec ce régime ou l’enrichir de toute autre manière.

Les États-Unis continueront à œuvrer en faveur de la responsabilisation, comme ils le font avec la loi César. Nous entendons ainsi répondre aux appels du peuple syrien pour une solution politique durable au conflit syrien, dans l’esprit de la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies ».

L’ambassadeur syrien Ja’fari dépose une plainte officielle contre les États-Unis suite à l’incendie de champs de blé syriens

Source : Syria News, le 1er juin 2020 Traduction : lecridespeuples.fr

Extrait :

« Les forces d’occupation américaines et turques ont délibérément mis le feu aux cultures agraires dans les régions syriennes d’al-Jazeera afin de vider les greniers alimentaires syriens de leurs ressources, et ce crime représente un nouveau terrorisme économique perpétré par les forces d’occupation contre le peuple syrien. Cela équivaut à un crime de guerre », a déclaré al-Ja’fari dans une plainte officielle déposée auprès du Secrétaire général des Nations unies et du président du Conseil de sécurité contre les gouvernements américain, britannique, français, turc et israélien.

Al-Ja’fari a ajouté que les hélicoptères Apache des forces d’occupation américaines ont récemment largué des ballons thermiques sur des terres agricoles à l’approche des récoltes d’orge et de blé dans un certain nombre de villages entourant la ville d’al-Shaddadi au sud de la ville de Hassaké. De plus, des mercenaires de l’occupation turque ont incendié un certain nombre de champs de blé et d’orge dans les villes d’Abu Rasin et de Tal Tamr dans la campagne de Hassaké.

Il a souligné les dernières décisions émises par le gouvernement américain et l’UE de renouveler les sanctions imposées au peuple syrien, et ce malgré les appels internationaux pour lever ces mesures coercitives à la lumière de la propagation du coronavirus, tout cela se synchronisant avec ce que l’on appelle le « Caesar Act » ( Caesar Syria Civilian Protection Act ) déjà entré en vigueur, précisant que le fait de viser le peuple syrien par le siège n’est pas quelque chose de nouveau de la part des gouvernements américains successifs.

Al-Ja’fari a souligné que la Syrie espère que l’ONU et le Conseil de sécurité adopteront une position claire qui mettra fin aux ingérences américaines et occidentales dans les processus politiques et humanitaires et adopteront des mesures pratiques pour mettre fin aux sanctions économiques unilatérales imposées au peuple syrien.

« Les crimes et pratiques perpétrés par les gouvernements de ces États atteignent le niveau de crimes de guerre et constituent une violation des règles du droit international et une agression directe contre la souveraineté, la sécurité, l’indépendance et l’intégrité territoriale de la Syrie », a conclu al-Ja’fari.

(…) lors d’une visioconférence du Conseil de sécurité mercredi après-midi, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires, Mark Lowcock, a prévenu que même si ces chiffres semblaient très faibles par rapport à ceux enregistrés aux Etats-Unis et dans beaucoup d’autres pays, une tragédie risque d’arriver si le virus se comporte en Syrie comme il l’a fait ailleurs.

« On ne peut pas s’attendre à ce qu’un système de santé décimé par près d’une décennie de guerre puisse faire face à une crise qui est un défi pour les nations les plus riches. On ne peut pas s’attendre à ce que les mesures d’atténuation réussissent là où des millions de personnes sont déplacées dans des conditions de surpeuplement, sans installations sanitaires adéquates, sans moyens, ni filet de sécurité sur lesquels s’appuyer », a-t-il dit.

  • 4) Guerre alimentaire : les Etats-Unis incendient les champs de blé syriens pour affamer la population

Date: 9 juin 2020 Author: lecridespeuples

Les États-Unis utilisent le blé comme arme de guerre en Syrie

Par Steven Sahiounie, journaliste et analyste politique

Source : MidEastDiscourse, le 19 mai 2020

https://www.mideastdiscourse.com/2020/05/19/the-us-is-using-wheat-as-a-weapon-of-war-in-syria/

Extrait :

« Le pain est l’aliment de base le plus important en Syrie, et deux semaines après la récolte annuelle de blé, Damas tient à sécuriser son approvisionnement en céréales, tout en étant en proie à la « pandémie » mondiale. Le 4 mai, le Président Assad a déclaré lors d’une réunion avec son équipe COVID-19 que « notre défi interne le plus difficile est de sécuriser les produits de base, en particulier les denrées alimentaires».

Depuis le début de l’attaque des États-Unis et de l’OTAN contre la Syrie en 2011, la production de blé est passée d’une moyenne de 4,1 millions de tonnes par an à seulement 2,2 millions de tonnes en 2019. La Syrie était jadis un importateur de blé mais est devenue un exportateur de céréales dans les années 1990.

Selon l’ONU, la Syrie a été frappée par une insécurité alimentaire aiguë en 2019, avec environ 6,5 millions de personnes considérées comme étant en situation d’insécurité alimentaire.

Les provinces du nord de Hassaké, Raqqa, Alep et Deir e-Zor, en plus de Hama dans le centre de la Syrie, représentent 96% de la production nationale totale de blé. Utilisant le feu comme arme de guerre, 85 000 hectares de céréales ont été brûlés par les Etats-Unis et leurs alliés en 2019, et le gouvernement syrien a été contraint d’importer 2,7 millions de tonnes pour couvrir les pertes. Détruire l’agriculture syrienne a été une stratégie de guerre utilisée par divers ennemis de la Syrie, et a entraîné une migration massive des habitants des villages vers l’Allemagne, via la Grèce, par le truchement de passeurs en Turquie.

Le « grenier » syrien, la région du nord-est, est désormais contrôlé par l’Administration autonome à dominante kurde du nord et de l’est de la Syrie. En 2019, près de la moitié de la production nationale de blé du pays a été produite sur ce territoire, qui a réussi à l’acheter aux agriculteurs à un prix inférieur à celui proposé par Damas, ce qui suggère que Damas pourrait également se voir refuser la récolte actuelle”.

(…) En juin 2019, l’administration kurde a empêché le transfert de blé vers le territoire contrôlé par le gouvernement syrien. Trois provinces, qui représentent près de 70% de la production de blé du pays, sont principalement entre les mains des FDS. « Nous ne permettrons à aucun grain de blé de sortir » cette année (2019), avait déclaré Barodo (administration kurde, ndr) dans une interview tenue dans la ville de Qamishli. Cependant, ce plan avait cédé face à la pression des agriculteurs, qui exigeaient de pouvoir vendre au gouvernement syrien à un meilleur prix que celui payé par l’administration kurde. Le gouvernement syrien gère trois centres de collecte de blé à Hassaké, ce qui donne aux agriculteurs le choix de vendre aux « autorités kurdes » ou au gouvernement syrien.

Les groupes des « FDS » continuent d’interdire aux agriculteurs de commercialiser leur récolte de blé aux centres gouvernementaux à Hassaké

17/06/2020

« Deux semaines après le début de la moisson de blé, les groupes des « FDS », soutenus par les forces d’occupation américaines, ont continué d’empêcher les agriculteurs de commercialiser leur récolte de blé aux centres accrédités par la branche de l’établissement syrien des céréales. Des dizaines de camions chargés de tonnes de blé venant depuis les champs des agriculteurs attendent que les groupes des « FDS » arrêtent leurs pratiques terroristes pour leur permettre de parvenir aux centres de commercialisation accrédités par l’établissement syrien des céréales au prix fixé par l’Etat. Des sources civiles ont affirmé au correspondant de SANA que les groupes des « FDS » avaient bloqué les routes principales devant les agriculteurs et déployé des groupes armés de leurs éléments pour empêcher l’accès du blé aux centres de commercialisation”.



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