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3 décembre 2020

Boris Johnson ou “ The Survival of the Fittest ” — Bernard GENSANE



Á Jean-Yves Le blanc

Critiquer le texte d’un auteur, c’est louable, surtout dans les colonnes du Grand Soir, un espace de vraie liberté . Mais critiquer cet auteur pour ce dont il ne parle pas, c’est limite. On peut appeler cela un procès d’intention.

J’ai choisi de rebondir à partir l’hospitalisation de Boris Johnson en écrivant un billet d’environ 800 mots pour mon propre blog. Quelques lecteurs m’ont suggéré de donner également ce texte au Grand Soir.

Vu sa longueur, ce texte est évidemment partiel. Comme je suis d’assez près tout ce qui se passe au Royaume-Uni depuis 1962, j’aurais pu écrire 22 pages sur BOJO, sa vie son œuvre. J’aurais alors par exemple raconté que ce conservateur pur sucre, à l’instar de Jeremy Corbyn dans l’autre camp, a longtemps été pas trop franc du collier par rapport au Brexit. Mais ce n’était pas du tout mon intention.

Jean-Yves Leblanc pare Bojo de toutes les vertus. Seulement, la vertu est venue assez tard chez lui. Il a commencé par critiquer ce qu’il a appelé les « sur-réactions » par rapport à ce qui était déjà, pour le monde entier, une pandémie. Le Guardian redouta le 18 mars l’optimisme débridé de Bojo : « Temperamentally upbeat, with a strong appetite for risk, he is notoriously a (tongue in cheek) admirer of the mayor in Jaws – “a gigantic fish is eating all your constituents and he decides to keep the beaches open. OK, in that instance he was actually wrong. But in principle, we need more politicians like the mayor !” he (half-)joked, when he was running for City Hall. »

Á ce moment précis, dans son camp même, on s’inquiétait de ce que les penchants libertariens, anti-autoritaires de Bojo allaient retarder des vraies mesures face au danger. Mais Bojo voulait que le peuple entier s’auto-immunise (l’expression en anglais, peu élégante, est « herd immunity », l’immunité du troupeau). Il fallait qu’au moins 30 millions de personnes soient atteintes par le Corona. Á commencer par le propre père de Bojo, 80 ans. Lorsqu’un journaliste demanda à Bojo s’il déconseillerait désormais à son père d’aller au pub, le PM ne répondit pas. Des experts britanniques redoutèrent alors des dizaines de milliers de morts, voire plus. On a pu observer dans les pays riches que 100 contaminés débouchent sur 1 à 2 morts. Le calcul johnsonien était simple. Mais il ne fallait pas désespérer les clients des pubs et surcharger de travail le Service National de Santé, flingué depuis des dizaines d’années par les travaillistes et les conservateurs. Et surtout, comme je l’ai dit, il ne fallait pas que la machine de la production s’enraye. Trump, aux Etats-Unis, avait également cette idée en tête.

Bojo a finalement tourné casaque. On a pu tout de même noter qu’il avait plus rapidement aidé les entreprises que les pauvres. Mais il s’est rangé à l’avis de nombreux scientifiques qui l’avaient appelé à se soucier de l’intérêt général. Le 14 mars, 229 d’entre eux publiaient une lettre ouverte affirmant que la politique de laissez-faire serait désastreuse à moyen terme pour le National Health Service et qu’un nombre beaucoup trop important de gens allaient mourir. Ils critiquèrent nommément le conseiller Sir Patrick Valance (un homme de Big Pharma) dont la présence aux côtés du gouvernement ne semble pas gêner mon contradicteur.

Le 14 mars, La G-B était l’un des rares pays européens dont les écoles primaires étaient ouvertes alors que tous les spécialistes nous disent que les enfants peuvent être porteurs sains. Des bombes en culottes courtes…

Quant aux deux arguments selon lesquels mon propos sent l’européisme à plein nez, trahit ma détestation du Brexit et révèle que je serais un soutien de Macron, ils sont tellement risibles que je ne me fatigue pas à répondre.





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