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31 May 2020

les autorités n’ont pas respecté le confinement



Mercredi matin 8 avril, un incident a éclaté aux alentours de la Zad de Brétignoles-sur-Mer. D’après les occupants du site, un couple d’automobilistes aurait écrasé un chiot leur appartenant. En retour, le propriétaire de l’animal a détérioré le véhicule, ce qui a conduit à une première intervention de la gendarmerie. L’homme a été interpellé.

En fin d’après-midi, le peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (Psig) s’est déplacé pour interpeller et arrêter les occupants de la dune. « La vingtaine de camarades présente sur place a été nassée dans les champs puis embarquée vers 18h30 pour des contrôles d’identité », indique un communiqué de presse écrit par les « gardiens de la dune ».

D’après un témoignage recueilli par France Bleu Loire Océan, le dispositif déployé (hélicoptère, drones, nombre de véhicules) était « impressionnant ». Selon Les Sables – Vendée Journal, « l’opération aura mobilisé deux Psig, un escadron de gendarmerie mobile, une quinzaine de gendarmes motocyclistes et 36 enquêteurs pour vérification d’identité. »

Les militants ont été répartis dans différents commissariats du département. La majorité a depuis été relâchée. « Certain.es sont sorti.es très tard [dans la nuit de mercredi 8 à jeudi 9 avril] dans des villes qu’iels ne connaissent pas, iels se sont donc retrouvé.es à la rue en pleine nuit et loin de tout soutien, à la merci du moindre contrôle et d’une amende puisque aucune attestation ne leur a été délivrée », écrivent encore les zadistes.

Les Sables- Vendée Journal écrit que « l’opération de gendarmerie qui a été menée ne serait pas une évacuation planifiée » mais une procédure de « vérification d’identité » dans le cadre de la procédure ouverte à la suite de l’altercation entre l’homme et les automobilistes, citant le colonel Véronique Sandahl, commandant du groupement de gendarmerie de Vendée.

Une foule trangresse le confinement et vandalise des biens privés


« On pense tous que c’était juste un prétexte pour pouvoir évacuer la Zad de manière facile et rapide », dit à Reporterre par téléphone un soutien de la Zad. Par ailleurs, raconte à Reporterre Jean-Baptiste Durand, président de La Vigie, association historiquement opposée au projet de port , « les gendarmes sont repartis vers 20h, il commençait à faire nuit. Puis sont arrivés les engins de la commune, les services techniques, le maire, un adjoint, et quelques dizaines de personnes venues aider à faire le ménage. Chaque cabane a été incendiée. » D’après les occupants du site, leurs camions aménagés auraient été vandalisés à coup de pieds de biche, et les moteurs percés. « Ce qui m’interpelle le plus, c’est que le maire ait appelé 70 personnes civiles en plein confinement », déplore à Reporterre Martine Lucé, présidente de l’association Demain Brétignolles.

Les occupants du site interrogent les forces de l’ordre, sans avoir reçu jusqu’à présent de réponses : Où sont leurs animaux ? Comment, en période de confinement, des citoyens brétignollais ont-ils pu quitter leur logement et se regrouper, à l’appel de la municipalité, pour venir aider à nettoyer ? Pourquoi les cabanes contenant des objets personnels ont-ils été incendiés ? « Nous invitons chaque personne, puisque nous sommes confinés, à appeler la gendarmerie de Bretignolles et la mairie [pour poser ces questions] », poursuivent les militants dans leur communiqué de presse. Ils dénoncent « un choix politique autoritariste » et « une mise en danger d’autrui ».

- Source : Justine Guitton-Boussion pour Reporterre

- Photo : Dans la nuit de mercredi 8 à jeudi 9 avril, après l’évacuation de la Zad, les cabanes ont été incendiées par la municipalité et environ 70 « bénévoles ». Crédit : © Clémentine Lançon/Zad de la dune


LA ZAD DE BRÉTIGNOLLESSURMER ÉVACUÉE EN PLEIN CONFINEMENT


- Jeudi 9 avril 2020 à 9h00 – La « Zad de la dune », telle que ses occupants l’ont baptisée en octobre dernier, a été évacuée mercredi 8 avril, en début de soirée, à Brétignolles-sur-Mer en Vendée. Ils l’ont annoncé sur leur compte Twitter et l’information a été confirmée par Christophe Chabot, le président de la communauté de communes du Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, qui porte le projet de port de plaisance.

Les gendarmes sont intervenus en fin d’après-midi et l’opération était terminée aux alentours de 20 heures. Le dispositif déployé était « impressionnant », selon un témoignage recueilli par France Bleu Loire Océan, de nombreux effectifs et véhicules ont été mobilisés ainsi qu’un hélicoptère qui a survolé le site.

Le président de la communauté de communes envisage le début du chantier du port de plaisance après les grandes vacances, au mois de septembre. Jean-Baptiste Durand, de l’association La Vigie opposée au projet, a estimé au micro de France Bleu que cette évacuation était « inéluctable », mais il accuse le préfet d’avoir « créé la zizanie » sur place. Il appelle à l’arrêt du projet, qui empiéterait sur une zone humide, percerait le cordon dunaire sur 150 mètres de large et augmenterait les risques de submersion marine.

  • Photo : Justine Guitton-Boussion (Reporterre) à Brétignolles-sur-Mer, en octobre 2019

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