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25 May 2020

Comprendre les déterminants de la crise économique mondiale de 1929 et celle de 2008 pour dépasser la crise de 2020



Comprendre les déterminants de la crise économique mondiale de 1929 et celle de 2008 pour dépasser la crise de 2020

Professeur des universités, expert international Dr Abderrahmane MEBTOUL

Par rapport à la période contemporaine, faut-il considérer la crise de 1929, de 2008/2009 et récente de 2020 comme étant un événement unique dans l’histoire du capitalisme ou faut-il l’apparenter aux autres crises récentes, qui bouleversent les économies capitalistes, encore ne faudrait-il pas tirer des conclusions hâtives et chimériques comme c’est la fin du capitalisme, le retour à l’étatisme intégral ? La question reste posée et le devoir de mémoire est fondamental pour tirer, les leçons du passé pour comprendre l’essence tant de la crise de 1929 que celle de 2009. Il semble bien que les pouvoirs publics mondiaux n’aient pas tiré les leçons, pensant faussement que l’aspect monétaire peut résoudre la crise, sans vision stratégique du développement de la sphère réelle tenant compte des nouveaux rapports sociaux et des bouleversements mondiaux ( transition énergétique, défis écologiques). Cela suppose l’adaptation au fonctionnement de la société qui a été perturbée depuis l’entrée en puissance des nouvelles technologies à travers Facebbok qui contribuent à refaçonner les relations sociales , les relations entre les citoyens et l’Etat, par la manipulation des foules, pouvant être positif ou négatif lorsque qu’elle tend à vouloir faire des sociétés un Tout homogène alors qu’existent des spécificités sociales des Nations à travers leur histoire, Ces nouvelles dictatures peuvent conduire à effacer tout esprit de citoyenneté à travers le virtuel ,l’imaginaire et la diffusion d’images avec pour conséquence une méfiance accrue par la manipulation des foules, lorsque des responsables politiques formatés à l’ancienne culture ne savent pas communiquer.

1- La crise de 1929

Le krach de 1929 est consécutif à une bulle spéculative, dont la genèse remonte à 1927. La bulle fut amplifiée par le nouveau système d’achat à crédit d’actions, les investisseurs pouvant acheter des titres avec une couverture de seulement 10 %. Le taux d’emprunt dépend du taux d’intérêt à court terme ; la pérennité de ce système dépendant donc de la différence entre le taux d’appréciation des actions et ce taux d’emprunt. C’est le 24 octobre 1929 que la fameuse crise se déclencha aux Etats-Unis ; on appela ce jour le « jeudi noir » ou Black Thursday ? le krach boursier de Wall street plongeant l’économie américaine et l’économie mondiale, dans la tourmente et ce malgré l’apparente santé de l’économie américaine dont les bases de sa croissance étaient pourtant faibles. A la mi-octobre 1929 l’annonce de la baisse des bénéfices des industries poussa les spéculateurs à vendre leurs actions pendant que le cours de Wall street était encore élevé. Cette vente entraîna une chute encore plus rapide des actions, plus de 16 millions de titres seront bradés sur le marché, sans trouver toutefois preneur. Les épargnants paniquent et se précipitent auprès de leur banque pour retirer leur argent. Bientôt des centaines de milliers d’actionnaires se trouvèrent ruinés ; les banques ne purent se faire rembourser leurs crédits et les épargnants retirèrent leur argent de leurs comptes. Un grand nombre de banques n’ayant pas les moyens de rembourser, leurs clients firent faillites. Pour s’en sortir le seul moyen des banques furent de stopper les prêts à l’étranger et de réclamer le remboursement de ceux déjà effectués. De plus les capitaux américains cessèrent de circuler autour de la planète, la conséquence inévitable fut l’expansion de la crise à l’ensemble des pays industrialisés. Entre le 22 octobre et le 13 novembre 2009, l’indice Dow Jones passe de 326,51 à 198,69 (39 %), ce qui correspond à une perte virtuelle de 30 milliards de dollars, dix fois le budget de l’État fédéral américain de cette époque. Par un effet de dominos, c’est l’ensemble de la Bourse qui s’effondre, et la chute de 1930 à 1932 est supérieure à celle de l’année 1929. Le 8 juillet 1932, le Dow Jones tombe à 41,22, son plus bas niveau depuis sa création en 1896. La baisse des prix fut générale et atteint environ 30% de1929 à 1932. Suite à la hausse des taux d’intérêt en avril 1929, lorsque survient la première stagnation des cours, le remboursement des intérêts devient supérieur aux gains boursiers et l’économie réelle montre des signes de faiblesses : ainsi, la production automobile chute de 622 000 véhicules à 416 000 entre mars et septembre et la production industrielle recule de 7 % entre mai et octobre. Ce ralentissement est en partie dû à un phénomène d’asphyxie : les capitaux disponibles accourent à la bourse plutôt que vers l’économie « réelle » La perte de confiance due à la crise boursière affecte la consommation et les investissements lors des mois suivant le krach. Les crédits se tarissant, la consommation, l’investissement et la production continuent de chuter, le chômage explose (de 1,5 millions à 15 millions en 1933), et la crise bancaire devient une crise économique en 1931. Les mesures protectionnistes telles que la loi Hawley-Smoot de 1930 sur les droits de douane, favorisent la propagation de la crise à toutes les économies occidentales à partir de 1931. Début 1933 les profondes crises sociales et économiques favorisèrent les interventions publiques et la naissance de différents fascismes européens. Début 1933 la crise était au plus haut aux Etats-Unis , le nouveau président, fraîchement élu, Franklin D. Roosevelt, lança le New Deal (intervention accrue de l’Etat, infrastructure pour lutter contre le chômage, assainissement des finances). La dépression recula un peu, mais c’est surtout l’entrée en guerre des Etats-Unis grâce aux commandes dépenses militaires qui la fit disparaître en 1941. En Allemagne et en France on adopta aussi les théories de Keynes : les dépenses publiques devaient compenser le manque d’investissements privés. En 1934 le gouvernement de Laval décida le blocage du salaire des fonctionnaires ; les résultats économiques furent infimes mais l’agitation sociale s’en trouva renforcée. L’extrême droite française s’était aussi renforcée, mais le Front Populaire face à cette crise remporta les élections en 1936. En Allemagne la crise avait permis à un homme de parvenir au pouvoir : Adolf Hitler.

2- La crise d’octobre 2008

Entre le 02 janvier et le 20 novembre 2008 les plus grandes places financières ont perdu presque la moitié de leur capitalisation soit environ 35.000 milliards de dollars soit plus de deux fois le produit intérieur brut américain de 2007, touchant presque tous les pays puisque Moscou pour la même période a perdu 72% de sa capitalisation et les dirigeants asiatiques japonais, chinois, indiens disent ouvertement maintenant que la crise les atteint. Aussi, je me propose d’analyser la crise financière internationale et son impact sur l’économie algérienne en trois parties interdépendantes. Cependant, existe bon nombre de similitudes entre la crise d’octobre 1929 et celle d’octobre 2008 : boom économique précédent la crise, endettement croissant et divorce entre la sphère réelle et financière , répercussion sur la sphère réelle avec la chute des valeurs technologiques( idem pour le parc transport notamment le segment automobiles) .Ainsi en octobre 2008, les ventes de voitures , ont dégringolé aux USA de 32% par rapport à la même période de 2007. Les volumes sont passés sous la barre des 900 000 véhicules pour la première fois depuis 1993, le constructeur américain Ford ayant annoncé une réduction supplémentaire de 10% de sa masse salariale aux Etats-Unis en même temps qu’une perte de 129 millions de dollars au troisième trimestre. Au quatrième trimestre 2008, le sidérurgiste va diminuer l’ensemble de sa production de 35%. L’Europe, où la situation est généralement «plus difficile» qu’ailleurs, est particulièrement touchée Il s’ensuit une baisse du niveau de consommation des ménages et un signe inquiétant du début de licenciement. Mais à la différence de 1929 existe une nette volonté de régulation des Etats et l’économie mondiale est en déflation (faible inflation, chômage croissance négative) et non en stagflation (inflation et chômage décroissance). Comme en témoigne la socialisation des pertes de certaines banques la rapidité des interventions des banques centrales que ce soit la FED américaine ,la banque centrale européenne, la banque d’Angleterre, japonaise, russe, et même chinoise et indienne de coordination pour briser le cercle vicieux du manque de confiance, prêts interbancaires bloqués qui constitue l’élément vital de fonctionnement de l’économie mondiale. Car, la FED américaine avait avant la crise récente un taux directeur de (2%) , depuis le 08 octobre 2008 à 1,5% et ramené le 31 octobre 2008 à 1% ; pour le taux européen,( BCE) il était de 4,50%, a baissé de 4,25% , venant d’être ramené à 3,75% depuis le 08 octobre 2008 et qui a été revu à la baisse le 06 novembre 2008 à 3,25% La conjoncture européenne se dégrade à une telle vitesse, que la BCE a baissé une nouvelle fois son taux directeur d’un demi ou de trois quarts de point le 4 décembre 2008 . Pour les dépôts en livres sterling, il devait être inférieur à 5%, le taux de la banque d’Angleterre était de 5% et a été ramenée depuis le 08 octobre 2008 à 4,50% et a été revu à la baisse à 3% depuis le 06 novembre 2008. Le taux directeur de la banque centrale du Japon (BoJ) est resté inchangé depuis février 2002 avec un taux directeur à 0,50%, et vient d’être ramené depuis le 31 octobre 2008 à 0,30%. Par ailleurs à la différence de 1929, nous avons une inter- connexion de plus en plus poussée des différents pays à l’économie mondiale supposant paradoxalement une propagation plus rapide de la crise mais également sa résolution progressive. Car tout système économique et financier fiable repose sur la confiance. Avec les banqueroutes répétées, le crédit interbancaire source de l’expansion de l’économie mondiale a eu tendance à s’assécher surtout au niveau des banques d’affaires qui ont connu une expansion inégalée durant la période contemporaine. Or, à la différence d’une banque universelle, une banque d’affaires n’a pas la possibilité, en cas de conditions de marché difficiles, de s’appuyer sur les dépôts des particuliers pour lever des fonds pour le court terme, bien qu’elles continuent à émettre des dettes à court terme pour financer leur activité. Or, de plus en plus les établissements financiers auprès desquels les banques d’affaires se refinançaient refusent en période de crise de prêter par manque de confiance dans la capacité de remboursement de ces banques. C’est cette situation qui a poussé les mesures analysées précédemment et durant cette période , le FMI a adoucir sa position monétariste et la FED à injecter plusieurs centaines de milliards de dollars de liquidités sur les marchés et à étendre les accords de “swaps” avec ses homologues européenne, japonaise, britannique et suisse. C’est que l’accord swap permet aux banques centrales de se prêter réciproquement des liquidités à court terme pour stabiliser le système financier de son pays. Comme cette crise explique également la politique de la réserve fédérale américaine et des autres banques de baisser leur taux d’intérêt directeur.

3.-Financiarisation de l’économie mondiale déconnectée de la sphère réelle

Une des raisons de la crise de 1929 est que les revenus étaient mal répartis entre salaires et profits, entre les plus riches et les autres. C’est la diminution de la part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises. Entre 1980 en 2006, elle est tombée de 67% à 57% en moyenne, dans les quinze pays les plus riches de l’OCDE. Une chute de dix points, mesurée en France, en Allemagne, en Italie, au Japon, en Finlande, en Grèce, aux Pays-Bas, en Espagne et en Suède, un peu moindre en Autriche et en Belgique. Dix points de PIB, cela représente en France 160 milliards d’euros. C’est particulièrement net aux Etats-Unis, où le « Top 1% » a doublé sa part en une vingtaine d’années, en référence à 2008, en atteignant plus de 16,1% du revenu national entre 2004/2008, le millième des Américains les plus riches se partageant près de 7% du revenu national.

En effet, avec cette financiarisation croissante, nous avons deux types de détention d’actions. La détention directe (ceux qui les détiennent en propres) et la détention indirecte (ceux qui les détiennent par le biais d’un intermédiaire : organismes de gestion, sociétés d’assurances-vie, caisses de retraite, SICAV). Le fait nouveau réside dans la modification rapide et importante du type d’actions détenues par les ménages. La détention directe d’actions devient minoritaire, pendant que la détention indirecte s’est fort développée. Ce sont aujourd’hui les fonds de pension qui contrôle Wall Street gérant plus de 30% de la capitalisation boursière des USA. Ces dysfonctionnements ont été concrétisées à travers la crise des prêts hypothécaires (subprimes ) en août 2007, crise qui s’est propagée à l’ensemble des bourses mondiales avec des pertes estimées à plusieurs centaines de milliards de dollars( plus de 1500 milliards de dollars estimation provisoire en mai 2008 phénomène qui n’explique pas toute l’ampleur de la crise ( évitons de confondre l’essence et les apparences) que je résume en cinq étapes : les banques ont fait des prêts immobiliers à des ménages insolvables ou présentant peu de garanties, à des taux d’intérêts élevés ; diffusion des mauvaises créances dans le marché : pour évacuer les risques, les banques «titrisent» leurs créances, c’est-à-dire qu’elles découpent leur dette en produits financiers pour la revendre sur le marché. La mondialisation a fait le reste, en diffusant ces titres à risque dans les portefeuilles d’investisseurs de toute la planète. Les fonds spéculatifs (hedge funds) ont été de gros acheteurs de subprimes, souvent à crédit pour doper leurs rendements (jusqu’à 30 % par an), et faire jouer l’effet de levier, les hedge funds empruntant jusqu’à 90 % des sommes nécessaires ; retournement du marché immobilier américain : vers fin 2005, les taux d’intérêts américains ont commencé à remonter alors que le marché financier s’essoufflait. Des milliers de ménages ont été incapables d’honorer leurs remboursements entraînant des pertes pour les banques et les investisseurs qui ont achetés les titres obligataires ont vu leur valeur s’effondrer ;

crise de confiance : les banques se sont retrouvées dans une situation ou comme dans un jeu de poker , elles savent ce qu’elles ont dans leur bilan , mais pas ce qui se trouve dans celui des autres car ces mauvais crédits immobiliers ont été achetés un peu partout dans le monde et on ne sait quelle est la répartition du risque d’où une grave crise de confiance et depuis juillet 2007, cette situation fait chuter les bourses et paralyse le marché inter-bancaire , les banques ne se prêtant plus ou très peu craignant que leurs homologues soient dans une ligne rouge et intervention des banques centrales : face à la paralysie du marché , les banque centrales sont intervenus massivement début août 2007 en injectant plusieurs centaines de milliards de dollars et d’euros de liquidités.

4. -Injection massive des liquidités en 2009/2010 par les banques centrales

C’est dans ce cadre qu’est rentré le plan Busch de 700 milliards de dollars qui seront déboursés en plusieurs tranches, le prix Nobel d’économie de 2001 Joseph Stiglitz estimant alors que ce plan n’était qu’une solution à court terme le comparant à «une transfusion sanguine massive à une personne souffrant d’une grave hémorragie interne. Nous avons assisté également à l’initiative européenne où les différents dirigeants du fait de l’ampleur de la crise commencent à avoir une vision commune comme en témoigne les 1800 milliards d’euros soit 2300 milliards de dollars pour garantir les prêts interbancaires et les dépôts des épargnants, soit au total USA/ Europe plus de 3000 milliards de dollars. Cette crise qui s’est propagée à l’ensemble de la planète a imposé la réunion du G20 tenue le 15 novembre 2008 à Washington ( USA) ( composés des pays développés , Allemagne ,Canada, Etats Unis , France, Italie, Japon, Royaume Uni , Espagne et des pays émergents ,Afrique du Sud, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Chine, Corée du Sud, Inde, Indonésie, Mexique, Russie, Turquie , ces pays représentant 85% du PIB mondial et 2/3 de la population mondiale. Selon la présidence française, un premier bilan devrait être dressé au 31 mars 2009 , avant un second sommet du G20 au plus tard le 30 avril 2009 avec cinq objectifs : premièrement de dégager une réponse commune à la crise financière ;

deuxièmement ouvrir les pistes d’une réforme en profondeur du système financier international ; -troisièmement prendre de nouvelles initiatives pour parer à d’éventuelles faillites bancaires et imposer aux banques de nouvelles normes comptables ; -quatrièmement des règles plus strictes sur les agences de notation, la titrisation et les parachutes dorés et enfin cinquièmement accroître les dépenses publiques à travers des déficits budgétaires coordonnées, mais au profit des économies d’énergies pour el BTPH et des technologies propres pour le secteur automobile, remettant d’ailleurs en cause au pacte de stabilité européen (3% du PIB et dépenses publiques sur /PIB moins de 60%. L’Europe le 20 novembre 2008 a convenu de dégager 130 milliards d’euros soit 1% du PIB de chaque Etat, alors que les USA prévoyaient des dépenses publiques qui s ‘ajoutaient aux 700 milliards de dollars, d’environ 800 milliards de dollars .Les résolutions lors de la réunion du 15 novembre 2008 du G20, notaient que le renforcement du système de régulation ne saurait signifier protectionnisme et que ces dépenses publiques sont destinées en majorité aux entreprises privées ( politique keynésienne ciblée) d’où des réunions périodiques durant cette période avec l’organisation mondiale du commerce(OMC).

5.-Le rapport du FMI du 24 mars 2020 sur la crise mondiale actuelle

Le rapport du FMI du 24 mars 2020, note que si la priorité est de minimiser le nombre de décès et les effets néfastes de la maladie sur la santé humaine, il ne faut pas négliger l’économique, étant de plus en plus probable que nous allons assister à des replis successifs du PIB mondial – ou des PIB régionaux – au cours du trimestre actuel de 2020 et des suivants. Le choc est double: l’arrêt de la production dans les pays touchés porte un coup aux chaînes d’approvisionnement dans le monde entier; la chute brutale de la consommation s’accompagnant d’un effondrement de la confiance. Les mesures strictes appliquées à travers le monde, bien qu’essentielles pour maîtriser la propagation du virus, plongent toutes les économies dans une paralysie sans précédent. Selon la directrice générale du FMI Kristalina Georgieva au cours d’une téléconférence avec le G20.le 23 mars 2020, la récession mondiale consécutive à la pandémie de coronavirus pourrait être pire que celle qui a suivi la crise financière de 2008. En 2009, le PIB mondial avait baissé de 0,6%, selon les données du FMI. Pour les seules économies avancées, il avait chuté de 3,16% et de 4,08% pour les pays de la zone euro. Mais selon le FMI, il existe une possibilité de reprise en 2021 à condition de donner la priorité au confinement et de renforcer les systèmes de santé. Comme solution, le Fonds Monétaire International propose le financement d’urgence , se disant prêt à déployer toute sa capacité de financement, soit 1000 milliards de dollars et ce pour soutenir les mesures budgétaires extraordinaires que de nombreux pays ont déjà prises pour renforcer les systèmes de santé et protéger les travailleurs et les entreprises concernés. Pour sa part le groupe la Banque mondiale, qui inclut la société financière internationale (IFC) et l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA), se dit prêt à déployer jusqu’à 150 milliards de dollars au cours des 15 prochains mois. Ainsi nous assistons à des mesures qui assouplissent la rigueur budgétaire. A titre d’exemple, la FED va racheter massivement de la dette bancaire, d’entreprise et immobilière, pour un montant d’au moins 700 milliards de dollars (626 milliards d’euros).La Chine a décidé dès le début de la crise de débloquer 75 milliards de dollars pour aider ses entreprises et à assouplir les crédits bancaires. Les entreprises françaises touchées par le coronavirus recevront le soutien de l’État, décision validée par la Commission européenne le 21 mars 2020 visant à garantir, à hauteur de 300 milliards d’euros. Pour l’Allemagne , de prêts sans limites garantis par l’État seront accordés aux entreprises confrontées à une chute de leurs carnets de commandes pour un montant de près de 595 milliards de dollars. Au Royaume-Uni : une garantie de prêts aux entreprises à hauteur de 390 milliards de dollars et de nouvelles aides aux directes s’ajoutant à d’autres annoncées précédemment, pour un total de 60 milliards de dollars.Et tous les pays vont dans le même sens Italie, Espagne, Inde, Australie ect..…Ainsi les d’i du G

ont annoncé le 27 mars 2020 , lors d’un sommer virtuel , leur intention d »injecter plus de 5000 milliards de dollars pour contrer les répercussions négatives de l’épidémie. Face à ces aides massives , des pays sont pénalisés car selon le FMI, les investisseurs ont déjà retiré 83 milliards de dollars des marchés émergents depuis le début de la crise, la plus importante sortie de capitaux jamais enregistrée» ayant un impact sur les pays à faible revenu en situation de surendettement . Dans l’hypothèse d’une maitrise de l’épidémie dès septembre 2020, la Banque centrale européenne a abaissé ses prévisions de croissance pour 2020 et 2021 s’attendant à une croissance de l’économie de la zone de 0,8% pour 2020. Pour les Etats-Unis, sur les 226 économistes interrogés par la National Association for Business Economists (NABE), 38% pronostiquent une entrée des USA en récession en 2020, 34% en 2021 et 14 % plus tard. Récemment, l’administration Trump a échoué le 23 mars 2020, à se mettre d’accord avec les élus démocrates et républicains du Sénat sur un très attendu plan de soutien massif à l’économie américaine, pour mobiliser 2000 milliards de dollars ( les discussions étant toujours en cours) fortement touchée par l’épidémie de coronavirus qui a des effets sur de nombreux secteurs dans le pays, les entreprises étant paralysées, le PIB devant connaître une chute brutale : 1 500 milliards de dollars selon le Wall Street Et pour les analystes de l’assureur Allianz, le taux de chômage américain devrait presque doubler et dépasser les 6%. Pour la Chine, deuxième puissance économique mondiale, nous assistons à la baisse de la production comparable à celle du début de la crise financière mondiale en 2008, la baisse dans le secteur des services « étant plus importante. Pour la France, Édouard Philippe, premier ministre français, affirme que la France est entrée dans une crise sanitaire jamais connue en France depuis un siècle et cette crise sanitaire va imposer un coup d’arrêt puissant, massif, brutal, à l(économie . Face à cette situation, nous avons assisté à une panique des bourses mondiales et à des mesures drastiques de la part des gouvernants comme par exemple l’action de la FED qui a baissé ses taux le 05 mars 2020 de 1 point, les ramenant dans une fourchette comprise entre 0 et 0,25 % reprenant ses opérations d’achats de titres, connues sous le nom de « quantitative leasing » (QE) afin d’augmenter le bilan de la banque.

En résumé, l’essence de la crise tant de 1929 que de 2008 sont une dénaturation du fondement du capitalisme telle que l’on décrit les fondateurs de l’économie politique reposant sur les entreprenants créateurs de richesses, Karl Marx n’ayant pas écrit le socialisme mais le Capital. La crise notamment celle de 2008 est liée à la financiarisation accrue en déconnection avec la sphère réelle et la non symbiose de la dynamique économique et de la dynamique sociale oubliant que le travail est certes un prix mais créateur de valeur et vecteur de croissance à travers la consommation. Face à ces expériences historiques, et en référence à l’actuelle crise de 2020, l’objectif stratégique est de repenser l’actuel système économique mondial dont le système financier mondial issu de Breeton Woods en 1945 en donnant un rôle accru aux institutions supranationales comme facteur de régulation, devant synchroniser la sphère financière et la sphère réelle , la dynamique économique et la dynamique sociale ( lutte contre les inégalités et la pauvreté locales et mondiales ),et par conséquent imaginer de nouvelles règles des fonctions complémentaires des Etats et des marchés des biens et services et du travail .

le 27 mars 2020

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TOUTE REPRODUCTION SANS CITER L’ AUTEUR EST INTERDITE



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