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3 décembre 2020

En Inde, trois jours d’émeutes entre hindous et musulmans ont eu lieu à New Delhi



Il n’existe sans doute pas de pays comportant davantage de diversité ethnique, culturelle et religieuse que l’Inde. Ce pays aux divers peuples et civilisations, véritable « monde » à lui tout seul, a su au fil des siècles mettre en place un système de gouvernance de ses peuples à l’opposé exact des constructions nationales européennes (qui découlent du principe « un Etat, une nation, un peuple ». En Inde, chaque peuple dispose de ses lois internes propres, de ses traditions, de ses rites, et cela ne choque personne que des sociétés parallèles se côtoient au sein d’un même pays, chacune d’entre elles exerçant son autorité communautaire sur ses membres.

Toutefois, les rapports entre musulmans et hindous se détériorent au sein de la république indienne, où 50 personnes sont mortes au cours d’émeutes antimusulmanes s’étant déroulées à New Delhi, la capitale du pays. 450 personnes ont de même été blessées par les violences.

Ces dernières se sont déclenchées suite à des provocations émises par un politicien hindou proche du Premier ministre, lors d’une manifestation organisée contre la loi de nationalité ayant récemment été proclamée en Inde, et qui facilite l’octroi de la nationalité indienne aux étrangers non-hindous, excepté pour les musulmans étrangers. Cette loi concerne principalement les immigrés Afghans, Pakistanais et Bengalais présents en Inde depuis 2014 au moins. Toutefois, cette mesure ne concerne que les religions suivantes : l’hindouisme, le bouddhisme, le christianisme, le sikhisme, le jaïnisme et le zoroastrisme. L’islam en est absent, et cette discrimination (positive ?) est présentée par l’opposition indienne comme une tentative de mettre à bas les valeurs laïques de la république. Pour les hindous, cette loi vise, au contraire, à offrir aux minorités religieuses des pays musulmans de la région un refuge en Inde en cas de persécutions. Il ne s’agit donc pas de mettre à mal la laïcité du pays, mais bien de discriminer (c’est-à-dire choisir) qui pourra plus facilement y entrer, et qui pourra en être écarté, ceci en fonction des buts civilisationnels que l’on s’est fixés.

En outre, la loi risque de faire déchoir de leur nationalité près de 200 millions de musulmans, si ces derniers ne réussissent pas à fournir la preuve officielle de leur obtention de nationalité indienne (chose parfois impossible suite aux déplacements de populations ayant eu lieu durant les conflits qui se sont déroulés entre l’Inde et le Pakistan). Ainsi, l’Inde semble vouloir appliquer la manière forte pour mettre un frein à la démographie musulmane au sein du pays.

En effet, l’Europe n’est pas la seule concernée par la démographie musulmane galopante. L’Inde est aussi concernée par ce problème. Plusieurs anticipations démographiques indiquent que, au rythme actuel des naissances en Inde, le pays pourrait devenir à majorité musulmane d’ici quelques décennies. Un scénario catastrophe pour les hindous qui, s’ils sont tolérants par nature religieuse (l’hindouisme considère qu’il existe une multitude de chemins vers le divin, et que tous possèdent une part de vérité), n’en considèrent pas moins que l’Inde est avant toute chose un pays hindou, bien que possédant des minorités religieuses d’importance (notamment musulmane et chrétienne).

A New Delhi, il semble que des nationalistes hindous aient attaqué des commerçants musulmans, ce qui a entraîné par la suite une escalade des violences. Plusieurs mosquées ont été brûlées au cours des affrontements.

Les tords sont sans doute partagés entre hindous et musulmans indiens. Pour les premiers, l’imposition d’un nationalisme hindou attise les conflits entre religions. Pour les seconds, la natalité incontrôlée, bien supérieure à celle des hindous, constitue une menace pour l’identité du pays. Cette situation rappelle cruellement ce qui pourrait, un jour, advenir en France et en Europe. Bien loin de l’escroquerie diversitaire enfoncée à coup de propagande dans les esprits européens, dans les années 80 et 90, on observe, une fois de plus, que le multiculturalisme est avant tout porteur de violence et de conflits.



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