Aller à…
RSS Feed

21 septembre 2020

La Fléau de l’anti-science européen s’abat sur l’Afrique



Le Kenya a déjà mis de côté 2,5 millions de dollars pour lutter contre les criquets par pulvérisation, mais cela ne suffit pas car la situation continue de s’aggraver. La FAO des Nations unies a accepté de contribuer à hauteur de 70 millions de dollars à l’effort de pulvérisation, mais jusqu’à présent, seuls 15 millions de dollars ont été acheminés dans la région.

Le désespoir des communautés touchées est réel et il faut faire davantage. « Nous nous sommes résignés à des méthodes grossières, comme crier, brûler des pneus et siffler, pour chasser les insectes », déclare Muthuri Murungi, un habitant de la ville de Meru, dans l’est du Kenya.

La communauté agricole africaine est encore sous le choc de l’incursion d’un autre parasite malin, le ver de l’armée d’automne, qui en un an a privé les cultivateurs de maïs kenyans de 70 % de leur récolte. Cette larve vorace est contrôlée en Amérique – où elle est indigène – par des pesticides et des cultures Bt génétiquement modifiées.

Mais, là aussi, les militants des ONG tentent de dicter des politiques qui permettront aux fléaux des insectes de continuer, sans contrôle.

Les ONG dirigées par Route to Food – qui s’oppose aux OGM – font actuellement pression au Kenya pour que soient interdits plus de 200 pesticides – y compris ceux utilisés contre les criquets pèlerins et le ver de l’armée d’automne. Route to Food a été créée en Afrique en 2016 grâce à l’argent des contribuables de la Fondation Heinrich Boll du Parti vert allemand.

Cette organisation fait avancer toutes les idées actuellement à la mode en Europe, comme les mandats d’aliments biologiques et l’opposition aux technologies modernes de culture au nom de « l’agroécologie ». Les Européens peuvent se permettre de payer l’importante surtaxe pour cultiver des aliments avec des méthodes biologiques inefficaces. Ce n’est pas une option en Afrique.

En effet, ces Européens veulent que l’Afrique renonce à l’idée de devenir un jour une économie mondiale avancée, voire d’atteindre une véritable sécurité alimentaire. L’engouement pour l’« agro-écologie » auquel se livrent les élites européennes dans les organisations internationales – dont certaines au sein de la FAO – vante l’« agriculture paysanne » et le « droit à l’agriculture de subsistance », comme s’il s’agissait d’une sorte d’idéal, tout en refusant aux Africains les technologies modernes utilisées dans des pays comme les États-Unis et le Brésil.

La route vers la nourriture n’est pas la seule. Une autre ONG, le Kenyan Organic Agricultural Network (KOAN), a également vu le jour grâce à un capital d’amorçage européen. Les gouvernements de l’UE, par l’intermédiaire d’agences de développement telles que le ministère danois des affaires étrangères, la Direction du développement et de la coopération suisse, et les ONG néerlandaises SNV et Humanistisch Instituut voor Ontwikkelingssamenwerking (HIVOS, ou Institut humaniste pour la coopération avec les pays en développement en néerlandais) ont créé ce groupe pour faire avancer les intérêts commerciaux de l’industrie biologique. Ainsi, le KOAN promeut l’interdiction des pesticides dont le Kenya a besoin pour faire face à ces crises, mais la proposition qu’ils soutiennent exclut de l’interdiction le pesticide préféré des agriculteurs biologiques, le sulfate de cuivre, qui est très toxique. Pourquoi ce deux poids, deux mesures ?

Le cuivre, dans ses divers composés, est considéré comme « naturel » et est donc approuvé pour la production biologique, mais il est très dangereux pour l’homme et destructeur de la biodiversité. Il s’accumule dans le sol et est un cancérigène connu. En 2015, l’UE a inscrit les composés du cuivre sur sa liste de « candidats à la substitution » – ce qui signifie qu’ils sont « particulièrement préoccupants pour la santé publique ou l’environnement ». L’UE aurait interdit ces substances il y a longtemps, sauf que les producteurs biologiques, qui les déversent sur leurs champs en quantités vraiment stupéfiantes, ne pourraient pas survivre sans elles.

L’interdiction de pesticides modernes plus sûrs et plus efficaces, comme le fénitrothion contre les criquets pèlerins, mais l’autorisation du cuivre est une façon peu judicieuse pour les intérêts biologiques d’anéantir la concurrence.

En attendant, si les criquets ne sont pas stoppés, ce sont les agriculteurs africains eux-mêmes qui seront anéantis.

Les essaims devraient être multipliés par 500 en quelques mois, notamment lors de la saison des pluies en avril et mai. Pour les élites privilégiées des capitales européennes, les pesticides et la technologie agricole sont une question de mode de vie et de signal de vertu (et, parfois, d’intérêt financier pur et simple). L’Europe est suffisamment riche pour décimer sa propre agriculture et devenir un importateur net de denrées alimentaires encore plus important qu’elle ne l’est déjà. Pour les Africains qui ne disposent pas d’un tel luxe, c’est une question de vie ou de mort.

L’Europe a été paralysée par les affirmations fantaisistes et sans fondement des ONG militantes qui font avancer les programmes politiques. Elle doit se réveiller et voir ce qui se passe lorsque ces doctrines anti-scientifiques descendent sur le continent africain. Le monde naturel et organique sans pesticides ni OGM qu’elles promeuvent est arrivé en Afrique. C’est un véritable essaim de destruction.

Le reste du monde doit prendre des mesures pour éviter que cette crise ne devienne la pire forme de tragédie – une tragédie qui aurait pu être évitée.

Traduction de European Scientist par Aube Digitale



Source link

Mots clés: , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Défiler vers le haut