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29 septembre 2020

Si les peuples le comprenaient, ils feraient la Révolution



Reprenons notre ouvrage, il n’est jamais inutile de recommencer en remontant le temps.

Les banques centrales ont échoué : depuis 2009 la croissance normale n’est jamais réapparue.

Il n’y a pas eu de reprise en « V » après la crise de 2009.
les « Green Shoots », les « Jeunes Pousses » n’ont jamais pris racine, elles ont pourri sur place.
au lieu de se diriger vers la sortie, vers l’Exit des politiques exceptionnelles, il a fallu refaire des QE et s’enfoncer encore plus dans la baisse des taux, dans le gonflement du bilan de la Fed, bref il a fallu s’enraciner dans l’anormal
le non conventionnel a provoqué une longue, très longue et très puissante hausse des marchés financiers, de l’immobilier, de l’ingénierie financière, un puissant gonflement des prises de risque

La surévaluation des marchés financiers est la double conséquence de l’échec :

l’économie n’est jamais repartie assez fort pour rattraper les anticipations boursières.

les politiques non conventionnelles ont duré trop longtemps, un marché vicieux, déconnecté de l’économie s’est installé et il n’a plus été régi que par le Pavlov monétaire.

Le phénomène d’apprentissage pervers des marchés « addicts » aux largesses monétaires a fait déraper les bourses, vers le haut. Elles ont suivi la pente de l’intoxication monétaire en montant sans cesse pendant 11 ans.

Quand une nième reflation concertée provoquée par la peur de l’éclatement de la bulle chinoise en 2016 a été déclenchée, les autorités ont commis une colossale erreur, elles se sont fait piéger : elles ont cru que cette fois c’était la bonne, elles ont cru que la croissance simultanée, synchronisée à laquelle elles assistaient était la bonne, la vraie, qu’elle était enfin revenue et que l’inflation allait s’enclencher.

Hélas, ce fut une erreur, une terrible erreur de plus car ces espoirs, pour qui savait ou regarder, ces espoirs étaient des mirages, il n’ont tenu que pendant moins de 18 mois; jusqu’au début de 2018 , et la rechute s’est dessinée en Septembre 2018.

Les autorités noyées dans leurs erreurs ont donc cru à contretemps que le moment était venu de tenter de normaliser les politiques monétaires, de les mettre « en auto pilote » selon l’incroyable expression imprudente de Powell.

Les unes, comme la Fed ont essayé de normaliser et les autres en ont parlé : cela a suffi, les marchés se sont effondrés.

Les actions ont chuté de 20% en quelques jours et les primes de risque se sont dilatées, les marchés de risque se sont mis en berne , les tuyaux se sont à nouveau colmatés. Bref la crise a refait surface sous les glissements des plaques tectoniques.

Il a fallu du temps à Powell pour admettre sa terrible erreur, il a d’abord annoncé une pause dans la normalisation, puis il l’a définitivement écarté, puis il s’est décidé à reflater.

Sous la conduite de la Fed, une nième-plus-une-fois on a reflaté » , baissé les taux, injectant des liquidités « repos-non QE », provoquant un nouveau round de hausse boursière et de nouveaux records déraisonnables ; le tout alors que les profits baissent et que les indicateurs économiques plongent.

Rechute colossale dans la divergence entre l’Imaginaire boursier et le Réel de l’économie productive.

Nous en sommes là et les autorités sont dans l’impasse.

Elles savent :

que les espoirs de reprise doivent être abandonnés,
que la croissance restera longtemps médiocre et faible .
que l’inflation ne repartira pas.
que les armes monétaires ont épuisé leurs apparents bienfaits temporaires
que les coûts de ces armes monétaires sont colossaux, et qu’ils se rapprochent
qu’elles ne peuvent plus espérer remonter les taux, normaliser et reconstituer leur arsenal de lutte contre les récessions
que si la récession arrive alors les marchés vont comprendre que les autorités ont épuisé leurs ressources, que ce n’était qu’une illusion de toute puissance, les marchés vont chuter en cascade.
que ne pouvant remonter les taux, alors la marge de manoeuvre face à la prochaine récession est trop faible: il faut disposer d’une marge de baisse des taux de 5 points et on ne dispose que d’une marge de moins de 2 points (1,75%)!
que les marchés ont compris et assimilé tout cela
que les marchés sont cyniques et qu’ils tiennent les autorités en otage

et…

que le temps presse.

Non seulement la conjoncture se dégrade spontanément, conformément à son cycle, mais maintenant il y a la menace du coronavirus laquelle a précipité la Chine, le bloc asiatique, le Japon dans la récession plus ou moins avouée et que tout cela gagne l’Europe par le biais du commerce extérieur et de l’Allemagne .

Les indicateurs économiques se dégradent à une vitesse folle, et… les marchés financiers sont à des niveaux records, archi records tant en cours et prix qu’en valorisations des chiffres d’affaires, cash flows, bénéfices et dividendes.

Le fossé qui sépare l’économie réelle et les anticipations contenues dans les marchés est devenu un gouffre dont le fond est à un niveau 50% plus bas ! Et une baisse de 15% seulement des bourses décapitalise plus d’un cinquième des établissements financiers !

Et les opérateurs marchent, que dis-je courent allègrement vers le gouffre, conduits par de aveugles qui sont persuadés que cette fois encore les autorités monétaires sauveront le monde et surtout sauveront leurs mises de jeu spéculatif.

Les élites vous dis-je sont affolées, on le voit à la multiplication des émergences, des déclarations, des divergences et aux incohérences. Les incohérences montrent qu’il n’y a pas de fil conducteur, que c’est le plus grand désordre. Les grands prêtres bafouillent, font des lapsus.

Il y a au moins trois écoles.

La première est celle qui professe sous la conduite du Financial Times qu’il faut à toute vitesse cesser d’espérer dans les remèdes monétaires et mettre en place des politiques budgétaires de stimulation, re-augmenter les déficits et multiplier les dépenses, le FMI , la BCE, Laurence Summers défendent ce point de vue.

La seconde école a peur que les déficits ne fassent basculer le système par excès de dettes et perte de confiance. Elle craint que tout cela ne crée une spirale sinistre que l’on ne pourra plus contrôler.

Cette école qui est celle de Bernanke et Yellen plaide pour un approfondissement du monétaire coûte que coûte. On n’en a pas fait assez il faut oser aller plus loin charger l’hélicoptère, le faire savoir, et arroser les marchés financiers par la mise des taux à zéro, par la reprise des QE, par les achats de nouveaux titres à long terme comme les actions, les ETF, éventuellement il faudra acheter toute quantité de tires à long terme pour « capper » les taux. Bref on fera baisser et on contrôlera les taux longs sans risque tout en contrôlant le prix du risque en achetant les véhicules de risque. Il s’agira d’éviter la dilatation en chaîne de primes et le colmatage des canalisations financières d’une part, puis économiques d’autre part.

La troisième école est la planche de salut des « Gauches » modernes, celle qui affirme que l’on peut faire les deux à la fois, monétaire et budgétaire, grâce à la MMT, la Modern Monetary Theory. Elle permet de recreuser les déficits, de distribuer le revenu universel, sans se poser la question de leur financement, de maintenir la stimulation monétaire par la création de fausse monnaie à volonté par le couple Banque Centrale/Trésor Public, ainsi elle soutient à la fois l’économie et la finance, sans douleur.

On a trouvé le free lunch perpétuel, on rase toujours gratis. C’est ce qui débouche je le dis tout de suite sur la destruction de la monnaie telle que nous la connaissons encore.

Ci dessous, une des émergences des débats souterrains. Hier vous avez vu celle de Lagarde qui réclame du déficit budgétaire.

Le plaidoyer de Yellen est conforme à sa position depuis qu’elle l’a exposée en août 2016, elle sait que c’est le commencement de la fin et qu’il faut s’enfoncer dans la Grande Aventure, et abandonner tout espoir ; il faut tout monétiser, tout acheter comme le font les Japonais ; et ainsi, non seulement on soutient un peu l’économie mais surtout on empêche la Bourse de s’effondrer, on sauve les capitalo-spéculateurs sur le dos des peuples en détruisant leur monnaie !

Acheter les actions, les ETF, les dettes des entreprises c’est faire remonter tout le risque du système au niveau de l’actif du bilan de l’Institut d’Emission, c’est tuer délibérément la monnaie et préparer la future monnaie mondiale, celle dont rêve le journal phare des Rothschild depuis 1988 : The Economist.



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