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19 septembre 2020

Sauvons la planète mais goinfrons-nous d’abord ! – Les moutons enragés



Une excellente réflexion pour les idéologues « verts », les « com-battants » contre le réchauffement du climat. Partagez ! Volti

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Auteur CLOJAC (son site) pour Agoravox (tribune libre)

Port industriel avec des conteneurs/123.fr

Les justiciers du réchauffisme accusent les boomers d’avoir tellement
exploité les ressources naturelles qu’ils leur auraient légué une
planète exsangue.

Ces nouveaux Savonarole manipulés par d’emblématiques imposteurs
médiatiques s’insurgent contre la consommation excessive d’énergie qui
aurait mené la terre à sa perte. Sont-ils niais au point de ne pas voir
que leur mode de vie et leurs revendications sont incompatibles ?

On veut tout avoir sans savoir comment

Quand ils ne sont pas sur leur ordi, ils pianotent leur smartphone. Qu’ils changent dès qu’il est un peu démodé. Et tournent les usines ! Au fait les coques, les écrans, les batteries, les circuits imprimés et les mémoires, on y met quoi dedans ? Des métaux, des métalloïdes et des plastiques non recyclables à 80%. On le croit pas !

Et les data centers qui alimentent le système, de plus en plus
énergivores, et dont l’empreinte carbone augmente de 10% par an, ça ne
perturbe personne ? Allons, vous n’êtes tout de même pas allergique au
progrès ?

La télé qu’ils ne regardent pas reste allumée pour faire un bruit de
fond car le silence les angoisse. Ils utilisent des deux roues très
polluants surtout quand on les pousse à fond. Engins payés par leurs
parents qui gagnent de l’argent en massacrant la planète. C’est ça ou
braquer des banques. Mais ça n’a pas l’air d’interpeller nos grands
moralistes imprécateurs. La dé-consommation, c’est bon pour les autres.

Ils ont demandé et obtenu des classes climatisées. Pour un peu de
fraîcheur, tu réchauffes beaucoup à côté. Où est le problème ? Arrêtez
de nous faire suer !

Ils achètent sans cesse des nouvelles fringues car ce serait trop la
honte de ne pas être hype avec tout ce qui fleurit dans le show room du
coin. Des fringues fabriquées par des enfants-esclaves dans des usines
utilisant tous les dérivés du pétrole possibles et imaginables. Ou des
fibres végétales macérées dans l’acide et les colorants. Qu’on balance
après usage dans la nature. Elle s’en remettra !

Des fringues transportées ensuite, comme leurs jouets numériques et
leurs scooters, sur des porte-containers fumants et malodorants, grands
consommateurs de fioul lourd (non filtré) répandant dans l’air des
particules extrêmement polluantes et nocives pour la santé.

Pour info, les 15 plus gros navires du monde, s’ils naviguaient en même temps, pollueraient autant que toutes les automobiles de tous les États. On le croit pas !

Porte conteneurs/123.fr

On a beau le leur dire, ils ne se sentent pas concernés. Il suffit de
haïr les 4 X 4 pour faire partie des gens bien. La transition
écologique c’est pour les autres…

Comme si ça ne suffisait pas, ces porte containers géants classés
« Panamax » pour être aux nouvelles normes depuis l’élargissement du
canal, sont mus par des hélices multi-pales démesurées qui massacrent
les dauphins venus jouer autour, attirés puis aspirés par les
tourbillons. Accessoirement, les peintures anti-fouling de carène qui
empêchent les algues et coquillages d’y adhérer, libèrent toutes sortes
de métaux lourds et toxiques. Lesquels, après avoir empoisonné les
poissons, les coquillages, les coraux et les crustacés, iront se
répandre un peu partout dans l’océan, sur les rivages et jusque dans nos
lagons. On a beau le leur dire, les babillards psittacistes ne voient
pas le rapport.

Pourtant, sans ces navires, plus de jouets numériques, plus de
fringues mode, plus de scooters. Le transport maritime est le moins cher
à l’heure actuelle pour les pondéreux comme pour les objets de
consommation de masse. Seules des caravanes de chars à bœufs seraient
plus économiques. Mais pas du tout écologiques. Puisque les flatulences
des bovins détruiraient la couche d’ozone, du moins d’après ceux qui en
tiennent une (de couche)

Last but not least, les protestations de ces « innocents » contre le
réchauffement se fait par voie numérique, avec des machines grandes
consommatrices d’énergie, qui chauffent, et des gadgets qui émettent
beaucoup de calories. Mais l’immédiateté de l’indignation sur commande
ne saurait souffrir aucun retard. Chauffe Marcel !

Et ne parlons pas de leur idole, la pauvre fille un peu simplette qui
a peur de prendre l’avion et se fait inviter sur un voilier de
compétition tout en composites carbonés. Coque, espars, voiles et
emménagements, conçus à base de dérivés du pétrole crackés dans des
athanors géants pour les résines, et de polymères ré-assemblés, cuits et
recuits pour les structures, les supports et les renforts… Des
produits coûteux dont la fabrication et l’assemblage ont dû polluer et
réchauffer autant qu’une petite ville !

Paradoxe suprême : Ces buveurs de Coca et consommateurs de Mc Do, qui
ne sauraient vivre sans Internet, le GPS et leur smartphone, 3
inventions made in USA, détestent l’Amérique. Au-delà de la crise de
rébellion adolescente, il y a de quoi alimenter la perplexité des psys.

Cro Magnon vraiment ?

Malraux écrivait dans ses « Anti mémoires » qu’il appartenait à une
génération qui avait marché dans le crottin des chevaux des fiacres
parisiens, et vu l’homme débarquer sur la lune. On pourrait le
paraphraser en disant que les « boomers » ont connu une France sans eau
courante, sans télé et sans gadgets, avec la cabane au fond du jardin…
Avant de plonger à fond dans la révolution numérique, le web et Skype,
succédant à un demi-siècle de tribulations diverses.

Après WW 2, dans une France très rurale et des colonies fort bucoliques, le boomer assoiffé ne débouchait pas une canette de soda à jeter dans la nature. Breuvage saturé de sucres nocifs pour la santé en plus. Il allait boire à la source. Ou il tirait l’eau du puits. Fraîche, délicieuse, pure et non javellisée. Évidemment, il n’aurait jamais eu l’idée saugrenue d’acheter de la flotte. Surtout dans des bouteilles en plastique.

source/123.fr

Le lait et le vin étaient dans des bouteilles consignées grâce
auxquelles le jeune boomer se faisait un peu d’argent de poche. Un tri
sélectif motivé… Il allait acheter l’épicerie en vrac, les fruits et
légumes que le jardin ne produisait pas, à l’unité. Le fromage et la
charcuterie à la coupe au comptoir. Il amenait ses bocaux et ses boîtes
dans son cabas, et quand il fallait un emballage, c’était du papier
kraft ou des cartons récupérés. Jamais des poches plastique.

En guise de frigo, il y avait chez lui un garde manger à la cave. Et
pour faire lave-linge, de lourdes lessiveuses. Conso d’énergie mini.
Écolo sans le savoir.

Il marchait pieds nus sans avoir conscience d’être un va-nu-pieds et
question fringues, c’était la mode du grand frère ou du cousin qui
prévalait. Exceptionnellement, en de rares occasions, on lui faisait
confectionner un pantalon ou une veste par la couturière du village.
Vous vous rendez compte ma chère ? Ces miséreux portaient des habits sur
mesure !

Les gens vivaient ainsi. Sans se poser de questions. Sans être
écrasés d’impôts et de taxes. Sans remplir 36 formulaires pour agrandir
la véranda ou étêter un arbre. Sans être harcelés par une armada de
fonctionnaires inquisiteurs. Mieux, les parents étaient copains avec les
flics qu’ils hélaient de loin pour qu’ils viennent boire un coup à la
maison. Sans crainte d’y perdre un œil ou une main.

Les enfants d’alors fabriquaient des jouets avec des morceaux de bois
taillés au canif et des bouts de ficelles. Un jour un arc et ses
flèches. Le lendemain, des petits voiliers ou des mini-planeurs, livrés
aux caprices de l’onde et du vent sans télécommande, donc sans piles
usées à balancer en douce dans le ruisseau ou dans le lagon… Le
surlendemain c’était un harpon pour les poissons, ou un collet pour
attraper un lapin de garenne que le boomer était tout fier de ramener à
la maison. À défaut, un écureuil tiré à la fronde faisait un excellent
civet sans colorants ni conservateurs.

Ces futurs destructeurs de la planète partaient à pied ou en vélo au
fil des pistes et des sentiers, imaginant des nouveaux jeux en fonction
de l’heure et du décor. Parfois ça tournait à la bagarre, mais c’était
un défoulement sain et sportif. Sans casse ni haine ni rancune…
C’était la guerre des boutons. Pas des affrontements de gangs juvéniles
experts du cran d’arrêt et du calibre pour conquérir ou défendre leur
cour des miracles.

Les parents, qui n’étaient pas terrorisés à l’idée d’une mauvaise
rencontre, laissaient les petits boomers libres de baguenauder toute la
journée. D’ailleurs comment les suivre sans téléphone portable ? Même le
filaire était un luxe réservé au maire, au docteur, à la poste et à
l’école.

L’école, parlons-en !

Ils y allaient sans traîner les pieds. Sans la peur au ventre d’être
tabassés ou rackettés par des bandes de racailles toujours impunies.
Parce qu’appartenant aux « minorités défavorisées ».

Sans stresser non plus sur les devoirs. Parce qu’il y avait des
enseignants qui savaient les intéresser. Les faire rêver. La géographie
par les images, l’histoire avec des films en noir et blanc, des ateliers
d’art pour éveiller leur sens de l’esthétique et des séances de
bricolage pour comprendre les techniques. Avec leur propre journal pour
les initier à l’observation et à la critique…

En plus du calcul, de la grammaire et de l’orthographe. Pas à la
place. On appelait ça la méthode Freinet. Cela semble aussi lointain que
la chasse au mammouth laineux.

Bien que majoritairement de gauche, ces instits ne croyaient pas à
l’égalité naturelle des intelligences, et constituaient des groupes de
niveau. Pour tenir compte de la réalité. Essayer de rehausser la moyenne
plutôt que niveler par le bas. Transportés par l’ambition de partager
leur savoir et d’éveiller de jeunes cervelles. Tout en adaptant leur
enseignement aux médiocres afin d’éviter qu’ils soient dégoûtés de
l’école et deviennent des voyous.

Les parents ne s’en remettaient pas au conformisme d’enseignants
pédagogistes pour inventer des activités extra-scolaires supposées
distraire nos boomers. Ils savaient fort bien s’en occuper eux mêmes et
ne s’ennuyaient pas ! Le soir, faute de télé, la plupart jouaient à la
belote, aux dames ou aux dominos. Les plus fortiches se plongeaient dans
d’interminables parties d’échecs. Parfois, lors des après-midi
pluvieuses, entre deux romans, ils écoutaient les ancêtres raconter leur
guerre de 14-18.

Loin de les prendre pour des vieux croûtons radoteurs, ils
découvraient à leur contact la méchanceté humaine et apprenaient les
règles de la vie en société pour ne pas se faire écraser.

Restaient deux gros problèmes à résoudre : Comment esquiver le catéchisme et s’accommoder de l’armée ?

Question religion, on pouvait uriner ostensiblement dans le bénitier
et appeler les bonnes sœurs « mademoiselle » ça suffisait. Aucun risque
de se prendre une fatwa.

Quant à l’armée, s’il n’y avait eu le désagrément de la coupe de
cheveux, les boomers trouvaient distrayant de jouer à la guerre dans les
commandos. Et s’ils avaient quelque instruction, le statut d’EOR
évitait les corvées.

Enfin… Horresco referens, ils aimaient les Américains !

Les bolchos disaient dans le poste de TSF que l’Amérique occupait
militairement la France, alors que les chars soviétiques à Prague, à
Berlin et à Varsovie entretenaient l’indéfectible amitié des peuples.

Mais ceux de la génération inoxydable, incapables d’apprécier ces
communistes qui leur voulaient tant de bien, allaient à la base des
« bad boys » échanger des bouteilles de bon vin contre des 45 tours
simples de B.B King, John Lee Hooker, Bill Haley, Carl perkins, Chuck
berry, Jerry Lee lewis et les autres… Et ils en profitaient pour
apprendre le « vrai anglais ». Pas celui du lycée qui faisait tant rire
les Ricains quand ces jeunes gens jactaient comme leurs profs.

Anyway, le pays qui les avait envahis avec le rock’n’roll, pervertis
avec James Dean et Natalie Wood, et leur avait interdit de vieillir dans
leurs têtes, ne pouvait pas être foncièrement mauvais.

Consommez bien les petits !

Clojac

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LE JULES VERNE : 396 Mètres de long, pour 53 mètres de large. La cale pourrait transporter l’équivalent de la tour Eiffel ou de 5 airbus A380, d’une capacité de 16.000 conteneurs



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