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20 septembre 2020

La Turquie se prépare à la guerre contre la Syrie et la Russie – Les moutons enragés



Plus ça va et, moins ça va au Moyen Orient. Poutine a mis en garde l’humanité qui se rapproche de la « ligne rouge ». Françoise G. Partagez ! Volti

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Source Voltaire.net

Lors de son discours devant les parlementaires de son parti, le 5 février 2020, le président Recep Tayyip Erdoğan a désigné sous l’expression « éléments amis » les membres des milices turkmènes formant l’« Armée nationale syrienne » (Jaych al-Watani as-Suri) et ceux d’Al-Qaeda ayant fait alliance avec des groupes locaux pour former l’Organisation de Libération du Levant (Hayat Tahrir al-Cham).

En principe, jamais on ne revendique de lien d’autorité sur ses proxys de manière à ne pas avoir à en assumer les actes. Or Hayat Tahrir al-Cham a assassiné 4 officiers du FSB russe à Alep, le 1er février.

Puis, il a revendiqué la légitimité du déploiement militaire turc en
Syrie au nom des accords d’Adana. Ce document, datant du 20 octobre
1998, termine la précédente guerre turco-syrienne. Il n’a jamais été
publié. Nous en avons publié une version non confirmée [1].
La Syrie renonce à aider le PKK d’Abdullah Öcalan (qui était alors une
organisation pro-sovétique) et autorise l’armée turque à attaquer
l’artillerie kurde qui bombarderait son territoire en pénétrant 5 km à
l’intérieur de la Syrie. Considérant que le PKK/YPG actuel (qui est
devenu une organisation pro-Otan) dispose de matériel plus moderne, la
Turquie a unilatéralement étendu son droit de poursuite à 30 km lors de
l’opération « Source de paix » (9 au 22 octobre 2019).

Jamais les accords d’Adana n’ont autorisé de déploiement turc dans
l’ensemble du gouvernorat d’Idleb. Celui-ci l’a été par contre par les
accords russo-turc de Sotchi du 17 octobre 2018 qui ont été validés par
la Syrie [2]. Or celui-ci prévoyait le retrait de tous les « groupes terroristes radicaux » (incluant Hayat Tahrir al-Cham
de la zone démilitarisée avant le 15 octobre 2018. Mais, la Turquie
n’est pas parvenue —pas plus que les États-Unis avant elle— à distinguer
et à séparer les « radicaux » (jihadistes) des « modérés » (opposants
démocrates). Par conséquent l’armée arabe syrienne tente depuis de
libérer le gouvernorat d’Idleb de l’occupation jihadiste.

En citant les accords d’Adana à la place de ceux de Sotchi, la
Turquie reconnait avoir failli à ses obligations vis-à-vis de la Russie.
Surtout, elle réveille la période où les deux puissances se livraient
une guerre secrète dans le contexte de la Guerre froide.

Toujours dans le même discours, le président Erdoğan, brandissant son
appartenance à la Confrérie des Frères musulmans —matrice des
jihadistes— (photo), a poursuivi en donnant à la Syrie jusqu’au 28
février 2020 pour abandonner les localités qu’elle vient de libérer et
se retirer derrière la ligne de cessez-le-feu de Sotchi.

Dans l’après-midi, un kamikaze d’Hayat Tahrir al-Cham s’est fait exploser dans un bâtiment abritant des forces russes. On ne connaît pas encore le bilan de cette opération dont on comprend qu’elle devrait être assumée par la Turquie.

Il s’agit d’un complet retournement de situation. Le 13 janvier 2020,
les chefs des services secrets turcs et syriens s’étaient discrètement
rencontrés à Moscou pour mettre en place un processus de paix [3].
Mais depuis, à la surprise des Occidentaux qui étaient persuadés de
l’opposition des Syriens à Damas, l’armée arabe syrienne a lancé une
offensive victorieuse à Idleb, libérant une quinzaine de villes. Les
États-Unis ont alors apporté leur soutien à la Turquie tout en se
retirant des opérations conjointes avec leur allié. La Turquie a
suspendu le 19 janvier le transfert de 30 000 jihadistes d’Idleb (Syrie)
à Tripoli (Libye) qu’elle avait débuté fin décembre. Seuls 2 500 ont eu
le temps de migrer.

Recevant ce matin des ambassadeurs étrangers pour la remise de leurs
lettres de créance, le président russe Vladimir Poutine les a mis en
garde. Il a déclaré : « Malheureusement, l’humanité se retrouve à
nouveau proche d’une ligne dangereuse. Les conflits régionaux se
multiplient, les menaces terroriste et extrémiste augmentent, le système
de contrôle sur les armes est sur le point d’être aboli ».

On se dirige à court terme à un conflit opposant la Turquie, membre de l’Otan, à la Russie, membre de l’OTSC.

Voltaire.net

Voir aussi :

Quand le Forum de Davos se préparait à une pandémie de coronavirus.



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