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28 septembre 2020

Sanders a gagné en Iowa ! Une hirondelle et c’est le printemps. — Jean-Luc MELENCHON



Cet ex vice-président d’Obama ne réunit que 13,7% des voix. En nombre de délégués qui représenteront chacun des candidats à la convention du parti démocrate qui choisira le candidat à la présidentielle, Bernie Sanders arrive à égalité avec Pete Buttigieg. Ils auront chacun 11 délégués. C’est donc un excellent résultat pour Sanders qui, en novembre était encore donné dans les sondages en troisième position derrière Warren et Biden. Le journal « Le Monde », organe de l’officialité française proche des milliardaires Démocrates comme la famille Clinton, avait fait tout son possible pour suivre les consignes d’invisibilisation de Sanders et de super promotion pour Elisabeth Warren. La chaîne C8 avait aussi mis le paquet pour Warren. C’est dire ! Naturellement c’est un hasard rédactionnel.

Sur place aux USA, le parti médiatique avait déjà compris que la vague en vue était ample. Il fallait passer a autre chose. Elisabeth Warren, ex-républicaine milliardaire ne faisait pas son office de division des voix de gauche. Du coup, l’oligarchie du parti démocrate a tenté une manipulation très grossière pour voler à Sanders cette victoire et ses effets propulsifs pour la suite. Car dans le système des primaires qui s’enchaînent, les premières victoires donnent évidemment un avantage pour les suivantes. La force va à la force. Peut-être que les électeurs de gauche des États suivants qui comptaient voter pour Elisabeth Warren vont changer leur choix pour Bernie Sanders voyant qu’il est mieux positionné. C’est un phénomène classique dans les primaires aux États-Unis. Il fallait donc tout faire pour que la victoire probable de Sanders soit minimisée.

Le gommage de cette victoire de Sanders a d’abord commencé par un opportun bug informatique. Mardi soir, la direction démocrate en Iowa a annoncé qu’elle ne pouvait pas annoncer de résultat en raison d’un dysfonctionnement de l’application de remontée des résultats. Au même moment, Bernie savait déjà qu’il avait gagné grâce à son comptage indépendant du parti réalisé par ses partisans. Il a immédiatement rendu cette information publique, sans attendre la communication officielle. Bon réflexe. Car la confusion créée a permis à Pete Buttigieg, représentant de l’aile néolibérale du parti démocrate, d’annoncer lui aussi sa victoire. Et les médias, là-bas comme ici, de reprendre en boucle cette fausse information et de s’extasier de l’incroyable percée d’un homme jeune et beau sorti de nulle part. Vu de France, c’est risible tellement les ficelles sont les mêmes qu’avec Macron en 2017. Mais cela ne permet pas de dire qu’il s’agit d’un coup monté de la droite mondiale car ce serait « complotiste ». C’est donc un hasard typique que les mêmes méthodes, les mêmes accusations et les mêmes éborgnements aient lieu dans le monde entier à chaque occasion.

Le bug semblait donc particulièrement bien tomber pour invisibiliser la victoire de Sanders. Assez bien pour qu’on s’intéresse à cette application. Déjà, confier des remontées de résultats électoraux à une entreprise privée est une idée étrange. Mais surtout, la propriétaire de cette entreprise, Tara McGowan, affiche publiquement son soutien à Pete Buttigieg, le nouveau champion de l’establishment. Mieux : son mari annonce carrément dans sa biographie sur twitter qu’il est « stratégiste » pour le candidat néolibéral. La campagne de Pete Buttigieg est par ailleurs cliente de cette entreprise qui lui fournit des services de propagande numérique. C’est donc une entreprise payée par un des candidats qui est chargée de compter les voix. Cela se passe aux États-Unis d’Amérique, un pays qui se permet de donner des leçons sur les procédures électorales chaque fois que l’un des nôtres gagne dans un pays du monde. Un peu comme les médias français qui confient à une entreprise macroniste le comptage des manifestants anti-Macron.

L’élite du parti démocrate a décidé de déployer toute son énergie pour faire obstacle à Sanders. Ils ne reculerons devant aucune manipulation, devant aucune tricherie. Ils l’avaient déjà fait contre lui la dernière fois. À New York, les inscriptions électorales avaient été grossièrement trafiquées. Mais Sanders continue d’avancer. Il est mieux préparé cette fois. Sa réaction tranquille et déterminée face à cette première manoeuvre le montre. Il dispose aussi d’un réseau militant populaire très important et qui s’est habitué à contourner et contrer le parti médiatique qui accompagne tous ses adversaires de clameurs enthousiastes et de sondage pipeau. Je vois dans sa campagne des leçons tirées de la nôtre en 2017, qui elle-même incorporait déjà certains enseignement de la sienne de 2016. Cet apprentissage global pour notre camp me réjouit. Il garantit que la chaîne du système finira par craquer quelque part. Si c’est aux États-Unis, l’histoire du monde changera aussitôt. Et pour une fois ce serait un changement dans le bon sens au bon moment. Mais prudence. Comme l’a dit Sanders : « nous sommes leur pire cauchemar ». Et le système est féroce.

Jean-Luc MELENCHON

Jeudi 6 février 2020.





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