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24 septembre 2020

Le peuple palestinien est à la croisée des chemins, la plus dangereuse de son histoire



Le “Deal du siècle” a été dévoilé par son parrain Donald Trump et son acolyte Benjamin Netanyahou. Il s’agit d’un instrument de reddition pour le peuple palestinien et ses dirigeants. Il leur demande de concéder la défaite et de se soumettre sans moufter aux conditions du vainqueur israélien. Ne pas signer cet instrument entraînera une répression et un siège supplémentaires, et peut-être la déportation en Jordanie comme “patrie alternative”.

Il s’agit d’une nouvelle version du système d’apartheid en Afrique du Sud, auquel le monde entier s’est opposé et qu’il a finalement réussi à renverser. Les Palestiniens de trois zones à forte densité de population – dans les zones “A” et “B” de Cisjordanie et dans la bande de Gaza – doivent être ghettoïsées dans des “bantoustans”. Leur sécurité, leurs frontières, leur économie, leur eau, leurs ressources et leur espace aérien seront tous sous le contrôle du gouvernement israélien, et les Palestiniens n’auront d’autre choix que de servir l’occupation israélienne et juste de survivre.

Il n’est pas étonnant que Netanyahou jubile, alors que la mosquée Al-Aqsa va devenir le Mont du Temple et Jérusalem dans son intégralité la capitale de l’État juif – dont la nature exclusivement juive doit être reconnue par tous les Palestiniens -, le droit au retour est annulé, les colonies et la vallée du Jourdain annexées et la bande de Gaza désarmée. Il a de bonnes raisons de déclarer que le jour de l’annonce du Deal du siècle est le plus grand moment de sa vie, plus grand encore que la proclamation de l’État d’Israël en 1948. Car son grand ami Trump lui a donné plus que ce dont il aurait pu rêver.

Avant d’accuser les régimes arabes de nous vendre, nous, Palestiniens, devons admettre que c’est notre propre soumission, et la transformation inexcusable de 40 000 d’entre nous en espions et en gardiens des colons, qui nous a amenés jusqu’ici. Je me réfère, bien sûr, est aux forces de sécurité de l’Autorité palestinienne (AP), qui prétend nous représenter, et qui a cédé 80% du territoire palestinien pour pouvoir avoir des emplois, des laissez-passer VIP et des voitures et villas de luxe.

L’AP et tous les autres groupes palestiniens rejettent clairement cet accord, mais ce rejet est une posture quand il ne se traduit pas par des mesures pratiques pour résister à l’occupation de toutes les manières possibles. Cela ne signifie pas aller à la Ligue arabe ou implorer la sympathie des capitales européennes et des organisations internationales, comme nous le faisons depuis deux décennies et demie. Vingt-six années de négociations, d’encouragement des États arabes à normaliser, de longs discours d’imploration à l’Assemblée générale des Nations unies et de tentatives d’adhésion aux organisations internationales sont ce qui nous a amenés à la situation misérable et humiliante dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui. Pourtant, notre Autorité et nos dirigeants suivent toujours la même voie et bénéficient toujours du soutien et de la confiance de certains.

La nouvelle approche promise par le président Mahmoud Abbas ne doit pas consister à lancer davantage d’appels, à solliciter davantage de négociations et à demander le respect des résolutions des Nations unies et du droit international. Elle doit consister à allumer la mèche de la résistance et à ramener les choses à la case départ : un peuple qui résiste à l’occupation. Cela doit impliquer la dissolution de l’AP, la fin de la coopération en matière de sécurité avec Israël et le renoncement à toutes les retombées des accords d’Oslo. Cela doit aussi signifier admettre l’échec, se retirer du pouvoir et laisser le peuple palestinien tracer son avenir et produire de nouveaux dirigeants capables de le conduire réellement dans cette nouvelle étape.

Le régime de suprématie blanche, que Trump veut reproduire en Palestine sur ordre d’Israël, a été abattu par la résistance, et cette nouvelle variante israélienne ne peut être abattue que de la même manière. La première et la deuxième intifada ont forcé Israël à reconnaître l’existence d’un peuple palestinien et à demander l’intercession des grandes puissances pour le pacifier. Le Deal du siècle sera finalement rejeté, comme l’a été l’occupation israélienne de la bande de Gaza et avant, celle du Sud-Liban. Mais cela ne se fera jamais que par la résistance sous toutes ses formes, pas par l’approche soumise de l’AP et certainement pas en protégeant la sécurité de la puissance occupante – une honte sans précédent pour un mouvement de libération nationale.

Le peuple palestinien se trouve véritablement à un carrefour historique. Soit il abandonne sa terre et sa dignité et accepte le pot-de-vin de 50 milliards de dollars que Trump entend extorquer aux vaches à lait pétromonarchiques comme prix pour la Palestine, soit il reste sur place et se bat et résiste à cette conspiration, comme tous les autres peuples colonisés l’ont fait et sont pleinement en droit de le faire, en vertu de lois internationales reconnues par 170 États membres de l’ONU.

Où est l’Empire britannique sur lequel le soleil ne se couchait jamais, où est l’Empire français qui a occupé la majeure partie de l’Afrique, comment s’est terminée l’intervention usaméricaine au Vietnam et soviétique en Afghanistan ? S’il vous plaît, ne nous parlez pas de l’équilibre de puissance et de son déséquilibre qui serait dans l’intérêt des ennemis, car c’est le prétexte des vaincus.

Nous vivons actuellement la deuxième étape de la construction du grand Israël, car toute la Palestine est déjà sous la botte sioniste, et cette deuxième étape englobe la Jordanie, puis l’Irak, l’Égypte et l’Arabie saoudite, qui devraient unir tous les Arabes et les Musulmans face à ce danger, afin que le peuple palestinien ne soit pas le taureau blanc [le dindon de la farce].

Aujourd’hui, ils réclament plus de 250 milliards de dollars de compensations pour les biens perdus des Juifs des pays arabes, et demain ils exigeront des milliards de dollars pour les Juifs de Khaybar et rétroactivement depuis plus de 2000 ans, Nous le disons aux liquidateurs qui ont soutenu le Deal, lors du festival avec pom-pom girls de la conférence de Bahreïn et se sont engagés à le financer.

Oui, l’accord du siècle ne passera pas tant qu’il y aura un axe de résistance, et le peuple palestinien est prêt à donner encore et encore pour la révolution comme il a donné naissance à des milliers de résistants à l’occupation après la défaite de 1967, comme il a explosé en réponse aux accords d’Oslo. Il se lèvera à nouveau et créera des alternatives qui brandiront le drapeau de la résistance. Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve.

Traduit par Fausto Giudice

Merci à Tlaxcala
Source: https://bit.ly/2tnpm3I
Date de parution de l’article original: 30/01/2020
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=27978



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