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1 décembre 2020

Retrait de la grenade GLI-F4, une «affaire qui suit son cours depuis bientôt deux ans»




Christophe Castaner déclare avoir «pris la décision de retirer de l’usage» dès maintenant les grenades explosives GLI-F4 régulièrement accusées de provoquer de graves blessures sur les manifestants. Alexandre Langlois, le chef du syndicat policier VIGI commente cette déclaration pour Sputnik.

Christophe Castaner a annoncé, dimanche 26 janvier dernier sur le plateau de France 3, le retrait immédiat des grenades explosives et lacrymogènes GLI-F4. Cependant, Alexandre Langlois, secrétaire général du syndicat de police VIGI, rappelle que «les premières commandes passées auprès de la société Alsetex pour remplacer la GLI-F4 remontent au 24 mai 2018».

«Ainsi, cette affaire suit son cours depuis bientôt deux ans», commente Alexandre Langlois.

L’utilisation des grenades GLI-F4 est autorisée depuis un décret de 2011 mais les règles d’usage de ces munitions ont été durcies après la mort de Rémi Fraisse sur le barrage de Sivens en 2014. En mai 2018, le ministère de l’Intérieur avait annoncé qu’il allait remplacer «progressivement» les GLI-F4 «pour des raisons techniques et d’effet à obtenir».

«Pour l’instant, les CRS n’ont pas reçu de note de service à ce sujet. On attend de voir si ces paroles politiques vont arriver aux services concernés», poursuit Alexandre Langlois.

Il faut par ailleurs savoir que la grenade GLI-F4 n’est plus produite par la société française Alsetex, qui vend en revanche les GM2L, remplaçantes des grenades controversées.

«Peut-être derrière (cette décision, ndlr) n’y a-t-il pas autre chose que du business et de l’industriel», observe Alexandre Langlois.

En décembre 2018, Le Parisien titrait que «10.000 grenades» avaient été lancées le samedi 1er décembre contre les Gilets jaunes, dont «339 grenades GLI-F4». Notre expert confirme ce chiffre:

«Les grenades GLI-F4 ne sont utilisées dans le contexte du maintien de l’ordre qu’en dernier recours et extrêmement à la marge des grenades que l’on tire habituellement. En comptant très large, cela représente 5% des grenades employées.»

Dans le code de la sécurité intérieure, on constate que la GLI-F4 est classée «arme de guerre» Qu’est-ce que cela va changer pour la «nouvelle» GM2L?

«Il n’y a pas de TNT, mais il y a toujours des agents explosifs à l’intérieur. Cela reste dangereux», confirme l’expert.

Il cite un de ses collègues gendarme: «Dès lors qu’une munition produit une forte intensité sonore, ceci est associé au phénomène de souffle (de compression d’air). Il en ressort un risque des lésions auditives pour ceux qui sont à proximité immédiate de la munition lors de sa détonation et de déflagration. Par ailleurs, toute composition pyrotechnique peut causer des lésions cutanées, musculaires et osseuses. Il en va de même avec cette nouvelle grenade.»

D’autres effets sont aussi dangereux:

«Il y a toujours le même gaz dans les (nouvelles, ndlr) grenades, composé notamment de cyanure. Il s’agit d’un gaz CS qui est considéré comme une arme chimique, interdit en temps de guerre et qui équipe toutes les autres grenades, largement utilisées dans le cadre du maintien de l’ordre», explique Alexandre Langlois.

L’Europe a demandé à ce que l’on supprime le gaz CS pour le remplacer par du gaz poivre. «La France continue de résister», déplore Alexandre Langlois. Pourtant, «le gaz poivre n’a pas d’effet chimique, c’est un gaz naturel, 100% bio, qui n’a pas d’effets à long terme sur les poumons et ne génère pas d’autres maladies».

«On a déposé la demande auprès des autorités de la santé publique en arguant que l’utilisation du gaz poivre au niveau du maintien d’ordre ne produit pas d’effets à long terme sur la santé. Mais on n’a toujours pas de réponse», regrette Alexandre Langlois.





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