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29 May 2020

Bilan et perspectives des PMI-PME algériennes comme moyen de densifier le tissu productif



Bilan des PMI/PME algériennes et perspectives de leur dynamisation dans le cadre d’une vision stratégique 2020/2025

Professeur des universités, expert international, Dr Abderrahmane MEBTOUL

Combien d’organismes bureaucratiques censés promouvoir l’emploi ANDI ANSEJ CANC ANJEM, en plus du comité d’investissement présidé par le premier ministre pour de grands montants , avec de longs circuits bureaucratiques et pour la finalisation passant par les banques primaires et la banque de garantie pour le financement et le terrain par les wilayas. Combien de codes d’investissement et de lois promulgués depuis plus de 40 ans avec d’importants avantages financiers et fiscaux.

1.-Bilan des PMI-PME au 31/12/2019

Selon des données du ministère de l’industrie et des mines bulletin d’information numéro 35 de novembre 2019, à la fin du premier semestre 2019 une grande partie du tissu économique est constituée de PMI-PME au nombre de 1.171.945 entreprises dont 99,98% pour le secteur privé. Les personnes morales –secteur privé souvent de petites SARL sont de 659.573, les personnes physiques 512.128 dont 243.759 professions libérales , 268.369 activités artisanales et pour le secteur public 344 personnes morales Par taille 97% sont des TPE de moins de 10 salariés (1.136.787 unités) 2,6% entre 10 et 49 salariés , avec 30.471 et seulement 0,4% avec 4.688. Par répartition sectorielle pour les personnes morales l’agriculture représente 1,12%, hydrocarbures, énergie-mines et services liés 0,46%, le BTPH 28,54%, les industries manufacturières 15,48% et les services 54,41%. Par régions, pour le secteur privé, le Nord concentre 70% des activités les Hauts plateaux 22% et le Sud 8% et en terme de densité au 01 janvier 2018 en référence à la population 42,2 millions d’habitants tenant compte de la répartition spatiale, nous avions 28 PME pour 1000 habitants dont 31 pour le Nord, 21 pour les hauts plateaux et 24 pour le Sud. Quant à la création d’emplois à la fin du premier semestre 2019, l’effectif global est de 2.818.736 dont seulement 20.955 pour le secteur public répartis ainsi : salariés 1.575.003 (58,54%) et employeurs 1.093.170 (40,63%) montrant la dominance des unités personnelles. Pourtant l’important n’est pas de quantifier le nombre de projets mais surtout leurs réalisations et de voir leurs mortalités après avoir bénéficié de nombreux avantages, la vulnérabilité dépendant pour leur majorité de la demande publique qui détermine via les hydrocarbures toute la croissance de l’économie nationale comme le montre le taux dérisoire de 2/3% en moyenne annuelle du taux de croissance entre 2000/2019 pour une entrée de devises ayant dépassé 1000 milliards de dollars dont 98% provenant de Sonatrach avec les dérivées, et des importations en devises de biens et services de plus de 920 milliards de dollars . Pour les projets financés par ANSEJ, la CANC et l’ANJEM le bilan du ministère est le suivant. Ainsi pour l’ANSEJ pour un montant global d’investissement de 1.225.545 millions de dinars (cout moyen de la création d’une micro-entreprise environ 3, 213 millions de dinars) sont structurés ainsi : agriculture 5% ; artisanat 17% ; BTP 2% ; hydraulique 4% ; industries diverses 15% ; maintenance 2%, pêche 1% ; profession libérale 46% et service 17% (soit à eux deux 63% du total), transport frigorifiques 3%, transport de marchandises 1% et transport de voyageurs qui par le passé accaparait plus de 30% des projets 3%. Pour le dispositif de l’organisme ANGEM, le un financement global durant cette période a été de 57.995.775 millions de dinars nous avons la ventilation suivante : agriculture 13,73% ; TPI 39,42% ; BTP 8,64%, services 20,07% ; artisanat 17,61%, commerce 0,45% pêche 0,09% pour un nombre de projets octroyés de 889.148. Pour la CNAC nous avons un total de financement de 491.238 millions de dinars avec la prépondérance des services 110.990 millions de dinars, le transport de marchandises 118.383 millions de dinars, l’agriculture représentant 88.886 millions de dinars, l’industrie 52.779 millions de dinars et le BTP 34.031 millions de dinars. Quant à l’ANDI – bilan de l’année 2018- pour les intentions de projets à ne pas confondre avec réalisation, le nombre des investissements nationaux et étrangers enregistrés avait atteint 2293 projets pour un montant de 1,676.milliards de dinars (investissements locaux 1,53 milliards de dinars avec 96,20%, et 0,145 millions de dinars pour les étrangers, 2,73% et 1,07% pour le Mixte ) .L’agriculture a représenté 6,48%, le BTPH 8,58%, l’industrie 64,34%, le transport 0,09%, le tourisme 12,15% et les services 5,15% Pourtant l’important n’est pas de quantifier le nombre de projets mais surtout leurs réalisations et de voir leurs mortalités après avoir bénéficié de nombreux avantages, la vulnérabilité dépendant pour leur majorité de la demande publique qui détermine via les hydrocarbures toute la croissance de l’économie nationale comme le montre le taux dérisoire de 2/3% en moyenne annuelle du taux de croissance entre 2000/2019 pour une entrée de devises ayant dépassé 1000 milliards de dollars dont 98% provenant de Sonatrach avec les dérivées, et des importations en devises de biens et services de plus de 920 milliards de dollars . D’où l’importance d’avoir une vision stratégique de la dynamisation des PMI-PME autour de neuf axes.

2.-Les 9 axes pour dynamiser des PMI-PME

– Premièrement, L’environnement juridique, administratif, fiscal et social est particulièrement complexe et instable pour une très petite entreprise, la mise à niveau pour un nouveau management stratégique étant primordial pour la majorité des PMI/PME qui ne maîtrisent pas les nouvelles technologies, je propose de créer une Agence de service aux petites entreprises de moins de 20 salariés. . En qualité d’employeur, une TPE est aujourd’hui en relation avec plusieurs dizaines d’organismes du fait de la lourdeur bureaucratique . Pourquoi ne pas s’inspirer du Small Business Service, interlocuteur administratif unique pour les très petites entreprises créé par le gouvernement britannique?
– Deuxièmement, pour le délai de paiement, je propose d’imposer une loi si nécessaire ou un décret exécutif pour le paiement aux PME à moins de 30 jours à compter de la date de livraison. Une telle décision permettra aux PME de recouvrer les milliards de dinars de trésorerie pour toutes les livraisons aux grandes entreprises et pour tous les marchés passés avec les collectivités publiques, les longs retards accumulés dans le paiement devenant étouffant supposant de revoir les procédures des finances publiques.
– Troisièmement, il s’agira de réduire le délai de remboursement de la TVA aux PME à 15 jours maximum ou devra être exigé que l’administration fiscale rembourse dans les 15 jours la TVA aux PME, sauf interrogation motivée sur un risque de fraude. En cas de dépassement, l’administration fiscale devra être pénalisée selon les mêmes modalités que celles appliquées aux entreprises.
-Quatrièmement, il faudrait élargir les possibilités de financement des PME en introduisant le Leasing, le capital-développement afin de financer les petites et moyennes entreprises à un stade un peu avancé de leur expansion car la majorité des entreprises familiales rechignent à chercher du capital à l’extérieur, et plus encore à entrer en Bourse d’Alger qui est d’ailleurs en léthargie depuis des années.
– Cinquièmement, contraindre les grandes entreprises publiques dont Sonatrach, Sonelgaz notamment à réaliser de la sous traitance par un co-partenariat. Il ne s’agit pas là de prendre des décisions administratives, mais d’en appeler à des changements de mentalité chez les dirigeants des grandes entreprises. À l’instar de ce qui se fait dans d’autres pays, les grandes entreprises algériennes fonctionnant d’ailleurs avec des fonds publics, pourraient s’appuyer sur des réseaux puissants de PME qui peuvent leur apporter des sous-traitants fiables, des innovations et des centres de recherches compatibles avec leurs propres activités. L’expérience allemande qui considère les PME comme des partenaires égaux contrairement à la France où existe l’effet de domination étant intéressant à étudier.
– Sixièmement, Les règles comptables régissant les PMI-PME sont très lourdes et ne sont pas utiles à toutes les entreprises. On pourra donc s’orienter vers une comptabilité de trésorerie pour les entreprises de moins de 10/20 salariés. Cette mesure permettrait de réduire leur charge administrative. Cependant cela ne concerne pas les PMI/PME empruntant ou augmentant leur capital qui devront répondre comme à l’heure actuelle aux demandes d’information des investisseurs et des banquiers.
– Septièmement, il serait souhaitable de soumettre les petites PMI/PME à un régime fiscal et social spécifique notamment pour ceux dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 10.000.0000 dinars avec un prélèvement libératoire de 10 à 15 % assimilable à l’impôt dur le revenu, se substituant à tous les impôts directs.
– Huitièmement, alléger la procédure des 49/51%, ce que j’ai demandé au gouvernement depuis 2010, pour le partenariat avec l’étranger pour les activités non stratégiques à lister, dont les petites et moyennes entreprises, en introduisant la minorité de blocage d’environ 30% et l’obligation d’un transfert technologique, managérial et d’une balance devise positive pour l’Algérie.
-Neuvièmement, faire un bilan du crédit documentaire Crédoc qui n’a pas permis de limiter la facture d’importation, ni de dynamiser le tissu productif devant le combiner avec le Remdoc pour certaines petites et moyennes entreprises et donc adapter les règles aux besoins du tissu économique algérien cas par cas.

3.-Améliorer le climat des affaires par la dé-bureaucratisation et la démocratisation

Les impacts négatifs ont pour origine la contrainte de l’environnement des affaires, bureaucratie. L’on devra s’attaquer au fonctionnement de la société par la lutte contre la bureaucratie locale et centrale paralysante et la dominance de la sphère informelle (plus de 50% de la superficie économique) qui produisent la corruption rénovation des institutions avec une réelle décentralisation autour de pôles régionaux, réhabiliter l’économie de la connaissance avec l’inquiétante baisse du niveau au niveau de l’école primaire aux universités, rénover le système financier lieu de distribution de la rente, concilier flexibilité et équité au niveau du marché du travail , libérer le foncier et se mettre au diapason de la nouvelle révolution économique 2020/2030 qui s’annonce irréversible. Il faut le reconnaitre, la majorité, existent quelques exceptions, les PMI/PME algériennes ne sont pas comparables aux PMI-PME des pays développés fondées sur l’innovation permanente et ne peuvent contribuer dans la situation actuelle, à la dynamisation des exportations hors hydrocarbures. Combien d’organisations et de codes d’investissement depuis l’indépendance politique et l’Algérie en ce mois de janvier 2020 est toujours une économie rentière. Au final, cela passe par l’amélioration du climat des affaires en synchronisant la gouvernance centrale, locale et la gouvernance d’entreprise et une lutte contre le cancer de la bureaucratie, la corruption. L’on devra éviter tant l’illusion monétaire que mécanique des années 1970 , le système socio-éducatif devant reposer sur la qualité, le marché du travail conciliant flexibilité et protection sociale, et réformer le marché du foncier afin de pouvoir faire face à la concurrence internationale en termes de coût/qualité et donc à l’inexorable défi de la mondialisation. Le bilan final en termes d’avantages économiques, en toute objectivité, de toutes ces organisations est mitigé, étant passées des grandes sociétés nationales 1965-1979, puis leur découpage sous le terme réorganisation, entre1980/1988- puis aux fonds de participation 1989/1992, ensuite aux Holdings entre 1995/1999, ensuite au sociétés de participation SGP 2000/2017/2018 et dont la dernière en date est la volonté de revenir aux grands groupes . Les assainissements financiers répétés d’entreprises publiques à coup de dizaines de milliards de dollars n’ont pas eu les effets escomptés ,selon différents rapports plus de 80% étant revenues à la case de départ montrant que ce n’est pas uniquement un problème financier. Quel est le bilan par rapport aux avantages accordés (taux d’intérêts bonifiés, exonération de la TVA en termes de création de valeur ajoutée, d’emplois productifs et de la réduction de la facture d’importation, de ces entreprises créées par les différentes institutions ANDI ANSEJ, ANJEM, CNAC etc… L’objectif stratégique relevant de la sécurité nationale est de réaliser la transition d’une économie de rente à une économie hors hydrocarbures dans le cadre des valeurs internationales, par un changement de cap de la politique socio – économique à l’aube de la quatrième révolution industrielle et d’un nouveau modèle de consommation énergétique 2020/2030. . Dans ce care, en référence à la récente organisation gouvernementale, il s’agira pour plus de cohérence d’éviter les interférences entre les différents ministères chargés de l’économie : Ministère de l’industrie, le Ministère de la PMI-PME, le Ministère des télécommunications et des nouvelles technologies, le Ministère des finances, du commerce, celui de l’Energie et certains ministres délégués qui ont la charge de promouvoir les PMIPME innovantes. Sans oublier le Ministère du travail afin de synchroniser la dynamique économique et la dynamique sociale, toute politique salariale ayant des répercussions socio-économiques et politiques et le ministère délégué de la statistique et de la prospective dépendant du ministre des finances doit non interférer dans les orientations stratégiques mais se cantonner essentiellement à revitaliser l’appareils statistique qui s’es totalement effondré afin de permettre aux appareils de l’Etat au plus haut niveau de faire de la prospective à moyen et long terme. Chaque ministre devra se confiner dans ses missions strictement sectorielles évitant la cacophonie du passé où chaque ministre parlait de stratégie économique globale , appartenant à la présidence de la république et d’autres institutions à promouvoir , dans le cadre du dialogique économique et social , de donner une feuille de route à l’action des réformes globales. C’est un défi à la portée de l’Algérie afin d’éviter sa marginalisation et d’éventuelles tensions sociales. Ou l’Algérie réalise cette transition nécessaire entre 2020/2025, ou elle ratera cette chance historique, ce qu’aucun patriote ne souhaite, avec l’épuisement les réserves de change courant 2022 avec le risque d’une déstabilisation qui aura pour répercussion la déstabilisation régionale. [email protected]

-Pr Abderrahmane Docteur d’Etat en Sciences Economiques (1974- ) diplômé d’expertise comptable de l’Institut supérieur de Gestion de Lille , membre de plusieurs organisations internationales Europe -USA, auteur de 20 ouvrages et de plus de 700 conférences nationales et internationales- haut magistrat premier conseiller, directeur général des études économiques la Cour des comptes 1980/1983- Président du Conseil national des privatisations 1996/1999- directeur d’Etudes Ministère Industrie-Energie 1974/1979-1990/1995-2000/2007- 2013/2015- expert au Conseil Economique et Social CNES 1995/2007
NB-Voir l’audit réalisée sous ma direction dont plusieurs extraits sont parus au niveau national et international entre 2014/2016 « les axes directeurs de redressement national de l’Algérie face aux nouvelles mutations mondiales 2020/2030 » pour le premier ministère, étude réalisée bénévolement, assisté de 15 experts internationaux tous algériens ( 8 volumes 890 pages PM 2014) , nous avons fait 18 propositions qui n’ont pas été pris en compte rentrant dans le cadre de la nouvelle stratégie du développement socio-économique. Chaque proposition a fait l’objet d’une étude particulière par les experts.

Proposition 1 : les axes stratégiques des nouvelles mutations mondiales- Proposition 2 : Etat de droit, instituons démocratiques et société participative- Proposition 3 : réorganisation gouvernementale, amélioration de l’efficacité de la dépense publique et aller vers la décentralisation par de grands pôles régionaux– Proposition4 : création de technopoles- décentralisation par de grands pôles régionaux – Proposition 5 : lutte contre la bureaucratie : intégrer la sphère informelle et réorganiser les corps de l’Etat – Proposition 6 : contrôle transparent- adaptation au droit international et allègement des procédures administratives – Proposition 7 : revoir la gestion des caisses de sécurité sociale conciliant système par répartition et système par capitalisation, équité et efficacité – Propositions 8 : mise à niveau ciblé pour dynamiser le tissu productif en déclin par les les nouvelles technologies et encourager l’entreprenariat féminin – Propositions 9 : Les huit mesures pour dynamiser les PMI/PME – Proposition 10 : Améliorer le niveau de l’Ecole et des Universités y compris la formation professionnelle – Proposition 11 : pour une transition énergétique de l’Algérie, en encourageant les industries écologiques – Proposition 12 : dynamiser l’agriculture liée à une nouvelle politique de l’eau , le tourisme intimement lié à l’artisanat – Propositions 13 : création d’entreprises à partir du recyclage des déchets –Propositions 14 : une industrie de médicament Proposition 15 : actions pour dynamiser le système financier et la Bourse d’Alger et différents modes dee financement pour dynamiser le tissu productif- Proposition 16 : :dynamiser la Conseil Economique et social, le Conseil national de l’Energie et la Cour des comptes- Proposition 17: revoir le fonctionnement de notre diplomatie pour l’adapter à l’environnement internet et international – Proposition 18 : adapter notre système de défense/sécurité aux nouveaux enjeux géostratégiques



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