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25 septembre 2020

Préparation d’une nouvelle guerre



Le principe d’une intervention militaire turque a été adopté par la Grande Assemblée nationale, à Ankara le 2 janvier 2020. Il peut être interprété de trois manières qui se cumulent :

– La Turquie soutient la Confrérie des Frères musulmans au pouvoir à Tripoli. Ce qui explique le soutien du Qatar (favorable à la Confrérie) au même gouvernement et l’opposition de l’Égypte, des Émirats et de l’Arabie saoudite.

– La Turquie développe ses ambitions régionales en s’appuyant sur les descendants des anciens soldats ottomans de Misrata. C’est pourquoi elle soutient le gouvernement de Tripoli après la prise de la capitale, en 2011, par la tribu des Misrata.

– La Turquie utilise les jihadistes qu’elle ne peut plus protéger à Idleb (Syrie). C’est pourquoi elle les transfère en Tripolitaine et partira à l’assaut de Benghazi.

L’intervention turque est légale en droit international et s’appuie sur la demande du gouvernement de Tripoli légalisé par l’accord de Skhirat (Maroc), le 17 décembre 2015, et la résolution 2259 du 23 décembre 2015. Au contraire, toutes les autres interventions étrangères sont illégales. Ceci alors même que le gouvernement de Tripoli est composé par les Frères musulmans, Al-Qaëda et Daesh. On assiste donc à une inversion des rôles, les progressistes se trouvant désormais à l’Est du pays et les fanatiques à l’Ouest.

Pour le moment, on ne trouve que quelques soldats turcs du côté du gouvernement de Tripoli, mais des soldats égyptiens, émiratis, français et russes du côté de Benghazi. L’annonce de l’envoi officiel de quelques soldats turcs supplémentaires ne changera pas grand-chose à cet équilibre, mais le transfert de jihadistes peut concerner des centaines de milliers de combattants. Il peut renverser l’échiquier.

Rappelons que, contrairement la narration occidentale, ce sont les combattants libyens d’Al-Qaëda et non pas des déserteurs syriens qui ont créé l’Armée syrienne libre au début de la guerre contre la Syrie. Le voyage retour de ces combattants est prévisible.

Seuls les milices syriennes turkmènes et la Légion du Levant (Faylaq al-Sham) se sont mises en mouvement, soit environ 5 000 combattants. Si cette migration se poursuit via la Tunisie, elle pourrait durer plusieurs années jusqu’à la libération totale du gouvernorat d’Idleb. Ce serait une excellente nouvelle pour la Syrie, mais une catastrophe pour la Libye en particulier et le Sahel en général.

On retrouverait en Libye la même situation qu’en Syrie : les jihadistes soutenus par la Turquie, face aux populations locales soutenues par la Russie ; les deux puissances évitant soigneusement de s’affronter directement tant que la Turquie est membre de l’Otan.

En s’installant à Tripoli, la Turquie contrôle désormais le second flux de migrants vers l’Union européenne. Elle pourra donc renforcer le chantage qu’elle exerce sur Bruxelles avec son propre flux depuis la Turquie.

En l’absence de frontières physiques, les armées jihadistes ne manqueront pas de déborder dans le désert, de la Libye sur l’ensemble du Sahel. Elles rendront les pays du G5-Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad) encore plus dépendants des forces anti-terroristes françaises et de l’Africom. Elles menaceront l’Algérie, mais pas la Tunisie, déjà aux mains des Frères musulmans et gérant le transit des jihadistes à Djerba.

Les population sunnites du Sahel seront alors épurées et les chrétiens sahéliens seront expulsés comme l’ont été les chrétiens d’Orient.

Viendra un moment où les armées jihadistes traverseront la Méditerranée ; les îles italiennes (notamment Lampedusa) et Malte étant à environ 500 milles nautiques. La VIème Flotte US interviendra immédiatement pour les repousser en vertu des Traités de l’Atlantique-Nord et de Maastricht, mais le chaos gagnera inévitablement l’Europe occidentale. Il ne restera alors aux Européens qui ont renversé la Jamahiriya arabe libyenne que leurs yeux pour pleurer.



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