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19 septembre 2020

pas de transparence dans les allées du pouvoir — ALEXIS



Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais. Cette maxime résume bien la pensée de ceux qui nous gouvernent. Il faut être transparent, mais ne surtout pas dévoiler l’envers de leur décor, de crainte d’être taxé de complotisme. Cette menace pèse depuis déjà plusieurs années sur ceux à la curiosité aiguisée. Alors oui, les hebdomadaires ont le droit de faire leur Une sur « Ces francs-maçons qui ont le pouvoir » et « Les réseaux qui nous gouvernent » mais, il est formellement proscrit de s’intéresser sérieusement à ceux qui influencent réellement les décideurs ou qui décident même à leur place. Le système actuel n’a rien à envier à ses prédécesseurs, mais les injonctions venues d’en haut, et toujours plus véhémentes, le rendent particulièrement insupportable.

L’entre-soi comme art de vivre (et de monter les échelons)

Beaucoup a été écrit sur Emmanuel Macron et ses réseaux qui lui ont permis de prendre le pouvoir à la hussarde. Le mythe du gentil marcheur venu évangéliser de porte à porte a fait son temps et laisse désormais place à une réalité bien moins reluisante ou transparente. Macron a été porté par ses amis extrêmement riches et puissants parmi lesquels on compte de nombreux francs-maçons. Le résultat a dépassé leurs espérances, car en plus d’avoir constitué une garde rapprochée constituée de francs-maçons comme Isamël Emelien ou Alexandre Benalla – le pouvoir érigé en 2017 a suivi consciencieusement les plans des loges maçonniques (PMA, non-évolution de la loi sur la laïcité de 1905, etc.). Certains frères sont tombés pour la cause (et surtout pour leur propre cause), mais l’essentiel est ailleurs.

Reste que les francs-maçons ne sont pas les seuls à hanter les plus hautes sphères économiques et politiques. Les réseaux et autres clubs avec une enseigne plus ou moins discrète sont la norme dans le monde d’en haut. Être franc-maçon et membre de plusieurs réseaux est possible et même tout à fait indiqué pour briguer les fonctions les plus importantes. A titre d’exemple, Le Siècle, cercle de quelques centaines de personnes – les premiers de cordées dirons certains – ne recrute que par cooptation dans l’entre-soi. La présidente n’est autre que Patricia Barbizet, directrice générale d’Artémis, présidente du conseil de surveillance de la Compagnie du Ponant, Administratrice référente de Total, Vice-présidente du conseil d’administration de Kering, et la liste est encore longue. Bref, les occupations multiples et extrêmement rémunératrices à la Jean-Claude Delevoye sont la norme dans ce monde. Il n’est donc pas étonnant de retrouver des noms bien connus comme ceux de Christine Albanel, Alexandre Bompard, directeur général de Carrefour, ou encore Nicolas Baverez, éditorialiste et maître à penser du libéralisme, parmi les cadres du Siècle.

Les très utiles amitiés de jeunesse


Des cercles comme Le Siècle, l’Automobile Club de Paris et le Jockey Club sont forts utiles pour compléter et entretenir son réseau, mais ils sont encore trop larges, pas assez intimistes pour pouvoir pousser ses pions avec l’appui discret, mais décisif de ses camarades. Pour cela, les promotions à l’ENA et les jeunes années en tant que conseiller d’un ministre sont des plus bénéfiques. La fameuse promotion Voltaire de l’ENA dont est issu François Hollande a marqué les esprits. Outre l’ancien chef de l’Etat, on retrouvait ses futurs ministres Ségolène Royal et Michel Sapin, son ami Jean-Pierre Jouyet (secrétaire d’Etat sous Nicolas Sarkozy) et Pierre-René Lemas, son futur secrétaire général de l’Elysée. D’autres noms moins illustrent hantent cette promotion à l’image de Jean-Maurice Ripert, Pierre Duquesne, Brigitte Joseph-Jeanneney et Patrick Delage dont la particularité est d’avoir tous travaillé pour Lionel Jospin lorsqu’il fut Premier ministre.

Même école, même tremplin sous les ors de la République et une vraie solidarité qui a permis à chacun d’eux de gravir les échelons dans leur domaine respectif. Ripert a obtenu de prestigieuses ambassades (Russie, Chine), Duquesne a atterri au FMI et à la Banque mondiale, Joseph-Jeanneney a fait ses armes au quai d’Orsay avant de devenir notamment administratrice générale du Louvre tandis que Delage est devenu conseiller du gouvernement en 2015. Bref, ce petit monde se connaît très bien et se serre les coudes lorsqu’une nomination alléchante est en vue.

Un réseau très discret et puissant : « Les canetons du Châtelet »

L’entraide entre puissants n’est pas née sous Hollande ou Macron, mais certains ont des plans bien plus raisonnés et coupables qu’ils tentent aujourd’hui de mettre en place. L’un d’eux est un groupe constitué d’anciens conseillers de Martine Aubry lorsque la maire de Lille était membre des gouvernements Cresson et Bérégovoy. Jeunes trentenaires à l’époque, ils ont patiemment tissé leur toile afin d’obtenir des postes enviables. Ils ont l’ambition de faire et de défaire la France et son système social. Parmi cette dizaine d’anciens conseillers réunis dans ce club des « canetons du Châtelet » (en référence à l’hôtel particulier du Châtelet où se situe le ministère du Travail), on compte plusieurs noms qui symbolisent le système des élites financières mondialisées.

Ô surprise, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, figure en bonne place parmi les « canetons ». L’ancienne conseillère de Martine Aubry a pris le fauteuil de son mentor, mais avec le souci unique de casser le code du Travail au nom de l’idéologie libérale. C’est une pro dans son domaine, mais un autre « caneton » nommé Guillaume Pepy n’est pas en reste. Le bientôt retraité en chef de la SNCF aura pour terrifiant bilan d’avoir laissé la SNCF sombrer tout en s’assurant d’abolir le statut de cheminot et aidé en sous-main le gouvernement à s’en prendre à leurs retraites. Quoi de plus normal puisque sa camarade Pénicaud est à bord du navire de guerre gouvernemental ?

Il existe une partie immergée au moins aussi inquiétante, car les « canetons » ont décidé de faire main basse sur le secteur français de l’énergie. Gilles Gateau, autre « caneton » est directeur de mission chez EDF en charge des énergies renouvelables. Il voit d’un œil gourmand ce qui se passe chez le voisin Engie. La directrice générale, Isabelle Kocher, est poussée vers la sortie par un autre « caneton » du nom de Jean-Pierre Clamadieu. Ancien administrateur à la SNCF (bonjour Guillaume Pepy !), ex-président du comité exécutif de Solvay et désormais président du conseil d’administration d’Engie, Clamadieu veut la place de Kocher et entend bien obtenir l’appui de l’Etat et de son grand copain Macron pour dégager la seule patronne du CAC40. Peu importe le bon bilan de Kocher, la place est bonne à prendre et quand on a une compagnie de canetons boulimiques pour vous aider… tous les coups de bec sont permis.

L’objectif est évident : prendre la tête d’Engie pour mieux dépecer l’un des derniers fleurons français. Une tentative similaire a déjà été tentée au sein d’EDF via le plan Hercule. L’échec a été consommé, en apparence, mais si Engie peut-être démantelé au profit de la finance mondialisée, pourquoi s’en priver ? Plus le plan reste secret longtemps, plus ces canetons de mauvais augure auront de chances d’arriver à leurs fins. Il faut faire vite pour casser les grandes entreprises françaises et le modèle social qu’elles tentent de protéger. Le plus déroutant dans cette histoire est que ces coups de boutoir sont administrés par ceux qui voulaient « rénover les idées de gauche dans les années 1990 aux côtés de Martine Aubry ». Le programme a bien changé, mais qu’importe tant qu’on peut faire main basse sur le secteur français de l’énergie et en profiter pour ajouter des zéros sur ses comptes en banque !





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