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2 octobre 2020

Algérie -face à la crise politique et économique, quelle stratégie de développement pour le nouveau gouvernement ?



Algérie -face à la crise politique et économique, quelle stratégie de développement pour le nouveau gouvernement ?

Professeur des universités, expert international Dr Abderrahmane MEBTOUL

L’année 2019 s’achève et commence l’année 2020, devant éviter toute sinistrose mais également toute autosatisfaction source de névrose collective et souhaitons pour le devenir de l’Algérie réussite pour le nouveau gouvernement car tout échec se répercutera sur le devenir de notre pays. Force est de reconnaître en cette fin d’année 2019, malgré toutes ses potentialités, et elles sont énormes, la prédominance de la rente des hydrocarbures qui irrigue toute l’économie et le corps social : Sonatrach, c’est l’Algérie et l’Algérie, c’est Sonatrach. Sur le plan géostratégique, la région connait un véritable bouleversement géostratégique sans précédent sans compter les tensions en Syrie, en Irak et dans d’autres contrées du monde. C’est que les enjeux au Moyen Orient et au Sahel préfigurent d’importantes reconfigurations géopolitiques et géoéconomiques. Ces enjeux sont intiment liés aux nouvelles mutations mondiale actuelles qui devraient qui conduire à de profondes reconfigurations socio-économiques, technologiques mais également sécuritaires. Posant la problématique de la sécurité nationale, cela nécessite un Front social interne solide, tenant compte des différentes sensibilités sociales grâce à un dialogue productif au profit exclusif de l’Algérie et une réorientation urgente de la politique socio-économique afin d’éviter le drame des impacts des années 1990/1999, conséquence du manque de vision stratégique et de la chute drastique des recettes de Sonatrach

1.- La politique socio-économique depuis l’indépendance politique a été menée exclusivement par l’Etat avec plusieurs variantes

De 1965 à 1979 avec une orientation exclusive vers l’investissement productif, celle-ci s’est effectuée autour de l’Etat omniprésent sur l’ensemble du cycle: planification, financement, réalisation de l’investissement et production. De 1980 à 1990 la politique a été orientée essentiellement vers les infrastructures BTPH et les activités commerciales. De.1991 à 2000 du fait de la situation particulière qu’a connu l’Algérie avec l’avènement du terrorisme et la cessation de paiement on ne peut à proprement parler de politique de développement mais avec la cessation de paiement des ajustements macro-économiques et macro sociaux extrêmement douloureux du fait des exigences du FMI. De 2000 à 2019 du fait que la demande sociale a été compressée et des destructions massives entre 1990-2000, une politique orientée essentiellement vers les infrastructures. Paradoxalement, les paramètres macro-économiques de l’Algérie apparaissent comme positifs mais éphémère sans réformes structurelles: constat et recommandations. Les tendances relatives aux grands agrégats révèlent une macro-économie sous contrôle relatif fonction des aléas de la rente des hydrocarbures qui représente 97/98% des exportations totales. La dette extérieure est maîtrisée grâce au remboursement par anticipation, moins de ½% du PIB. Cependant depuis 2010, malgré toutes les mesures bureaucratiques, les importations suivent une tendance haussière, impactant le niveau des réserves de change qui sont passées de 194 milliards de dollars au 01 janvier 2014 à 79 milliards de dollars au 31/12/2018 et environ 60 milliards de dollars fin 2019, risquant de fondre le début de l’année 2022. L’Algérie importe 70% des besoins des ménages et des entreprises qu’elles soient publiques ou privées dont le taux d’intégration ne dépasse pas 15% avec un dépérissement du tissu industriel moins de 6% du produit intérieur brut. Quant au revenu global par d’habitant , il a peu de signification devant l’ éclater afin de saisir les liens entre la répartition du revenu et le modèle de consommation par couches sociales, celui percevant 20.000 dinars par mois net n’ayant pas la même perception de l’inflation que celui qui perçoit 200.000 dinars. De ce fait, le taux d’inflation officiel est largement biaisé car compressé artificiellement par les subventions généralisées, non ciblées et en comptant les transferts sociaux a fluctué entre 25/28% du PIB. Les banques notamment publiques qui concentrent plus de 85% des crédits octroyés se cantonnent en guichets administratif accompagnant peu les investisseurs et les taux d’intérêt aux entreprises restent encore élevés des taux d’intérêts bonifiés à certains segments ce qui ce qui reflète en partie la faible efficacité du système bancaire croulant sous le poids de surliquidités qu’elles n’arrivent pas à transformer en richesses réelles. Les banques publiques sont malades de leurs clients notamment les entreprises publiques (assainissement de plusieurs dizaines de milliards de dollars entre 1971/2019) 70% étant revenues à la casse e départ montrant que le blocage est d’ordre systémique. L’apurement des créances détenues par les cinq banques sur les entreprises publiques s’est traduit par des décaissements importants du Trésor. Ainsi, l’Algérie tente difficilement sa transition d’une économie publique vers une économie de marché à finalité sociale. Du fait du poids de la dépense publique qui irrigue toute la société via la rente des hydrocarbures, l’économie algérienne reste encore une économie essentiellement publique. L’héritage socialiste est fortement présent dans la philosophie et les pratiques de la vie économique et sociale et dans celui de la pérennité de l’entreprise publique. L’industrie publique est largement obsolète et concentre des pertes totales malgré des assainissements répétés nécessitant sa restructuration et sa modernisation. Les ressources du pays sont significatives mais basées sur des rentes qui contribuent à anesthésier les volontés de changement. En dépit de certaines réformes timides –paradoxe plus le cours des hydrocarbures est faible plus on ressent le besoin de réformes, et ralentit lorsque le cours est élevé. La pression démographique rend l’Algérie de plus en plus dépendante des importations qui n’a pas jeté les bases d’un appareil productif capable de satisfaire la demande interne et d’affronter la concurrence internationale. Les différents revenus des rentes ne proviennent pas d’un véritable effort productif des intéressés et conduisent quasi inéluctablement à une mauvaise gestion macro-économique. L’absence de mise en place d’un appareil productif augmente chaque jour davantage les difficultés que rencontrera le pays lorsque la rente tendra vers l’épuisement. Actuellement, les considérations politiques à court terme l’emportent sur les perspectives à long terme. Tant que la majorité de l’électorat tirera ses revenus des emplois dans la fonction publique, qu’elle pourra bénéficier de services sociaux peu coûteux, les réformes fondamentales n’auront guère de chances de progresser de par l’opposition tant du grand public que de la technostructure censée mettre en œuvre ces changements. Le salaire au sein des branches est déconnecté de la productivité du travail avec la dominance des emplois rentes et des fonctionnaires et les branches qui exportent le plus ne sont pas forcément les plus ouverte et l’industrie manufacturière même embryonnaire est très tournée vers son marché intérieur. Les investissements directs étrangers hors hydrocarbures et dans les secteurs productifs sont très faibles, les étrangers étant attirés par les marchés publics du BTPH. L’agriculture constitue un réservoir important de main d’œuvre et peut servir en cas de chute du cours des hydrocarbures comme d’amortisseur social tout en diminuant la facture alimentaire assurant l’autonomie alimentaire mais la céréaliculture connait des rendements faibles qui souffrent des difficultés générales de l’économie. D’une manière générale, les entreprises privées sont présentes surtout dans le secteur des services avec prédominance du commerce de détail, dans les petites entreprises de BTPH et du secteur manufacturier traditionnel. Excepté les hydrocarbures, de certains segments des télécommunications, de quelques sociétés mixtes, le secteur étranger productif est marginal. Paradoxalement, l’Algérie fait alors massivement appel à l’assistance technique et aux firmes étrangères en même temps qu’elle les encadre dans le cadre de la règle des 49/51% instauré par la loi de finances 2009, généralisée aux banques en 2010, ce qui a bloqué l’attrait des IDE et favorisé certaines rentes d’oligarques.

2.- Impacts de l’actuelle politique : les résultats de cette politique sont désormais nettement perceptibles sur plusieurs aspects stratégiques de l’économie algérienne. Des réalisations mais des insuffisances qu’il s’agit impérativement de corriger

Le comportement de 1963/2019 est de type « semi-rentier » et n’a pas recherché la réforme en profondeur de l’économie et du politique solidaire en fait de la gouvernance tant centrale que locale. La rente pétrolière a généré plusieurs effets pervers de l’économie à son seul profit, ce qui a renforcé encore davantage la monoculture énergétique du pays. La surévaluation de la monnaie a facilité l’importation des biens alimentaires et des produits manufacturés rendus artificiellement moins coûteux. La diffusion du ‘’syndrome hollandais’’ dans l’industrie nationale a drainée ses ressources au profit des hydrocarbures avec l’utilisation de la manne pétrolière pour éviter la vraie restructuration des entreprises qui reportent leurs problèmes économiques sur les banques (puis sur le Trésor public, et l’Etat et celui-ci sur les banques internationales, voire les fournisseurs). La dépendance technologique s’est accentuée avec le choix de solutions globales (produit ou bien clés en main) et d’origines nationales trop diversifiées. Ce système par croissance externe demande des capacités fortes de management que l’Algérie ne possède pas encore et donc ne lui permet pas de maîtriser seule son propre modèle de développement. Cette politique a finalement débouché sur l’engrenage d’une triple dépendance financière levée avec le rebond du cours des hydrocarbures ayant permis d’éponger une grande partie de sa dette extérieure, pétrolière et technologique. L’orientation quasi exclusive de cette industrie sur la substitution des produits importés a généré des déperditions et les surcoûts classiques liés à une non optimisation des capitaux investis. Par ce phénomène, l’Algérie s’est insérée (malgré elle) dans la division internationale du travail comme fournisseur exclusif d’énergie. La configuration autarcique de l’industrie et son caractère politique ont renforcé sa dépendance envers les seuls produits commercialisables avec ses principaux partenaires commerciaux (le brut, puis le gaz). Les exigences de l’outil réalisé ont accru la dépendance à l’égard des cours et des revenus pétroliers, seule source de flux financiers externes. Le lancement de capacités industrielles a nécessité la mise en œuvre de contrats « clés – ou produits en main », avec recours aux techniques étrangères d’où :-dépendance technologique (pièces de rechange, maintenance et formation) ; multiplicité des processus liés aux différents pays à l’origine des lignes de crédit et problèmes de propriété industrielle et de licences pour permettre l’évolution des produits, qui en général n’a pas été rénovée, ce qui a creusé l’écart technologique et favorisé les produits importés. L’industrie souffre d’une faible rentabilité et d’importants surcoûts propres aux économies dirigées et les systèmes de prix sont souvent déconnectés de la conjoncture économique. Les systèmes d’approvisionnement ou de négociations contractuelles nées du code des marchés publics sont lents et coûteux. La vocation sociale des entreprises s’est allégée mais a fortement imprégné les mentalités. Les systèmes de cooptation des personnels entraînent des sureffectifs et une gestion laxiste. La plupart des grands complexes ont cherché à tout intégrer non seulement les activités industrielles classiquement sous-traitées, mais aussi des fonctions aisément disponibles sur le marché (nettoyage, gardiennage, restauration…). Ce n’est que sous la pression économique qu’elles ont tardivement partiellement externalisé ces activités. La faible considération pour l’environnement va générer de graves difficultés pour attirer des groupes internationaux qui connaissent parfaitement l’évolution de la jurisprudence internationale. L’interprétation unilatérale de la réglementation a également généré des contentieux internationaux comme en témoigne les nombreux litiges dont ceux de Sonatrach à l’international et l’importance de la sphère informelle représentant plus de 50% de la superficie économique avec le non respect propriété intellectuelle. Dans ce cadre, il est illusoire de croire que sans maitrise des nouvelles technologies en perpétuelles évolutions, et une vision cohérente inter- sectorielle et inter- régionale, il y aurait un impact judicieux des start up.

3- La gestion actuelle du commerce extérieur, héritée du système passé entrave le fonctionnement de l’industrie, y compris à l’exportation : le fait marquant en ce XXIème siècle, est l’internationalisation des économies qui rend obsolètes les systèmes autarciques

L’objectif de protection de l’industrie naissante a généré une gestion bureaucratique des procédures d’importation qui est devenu un terreau pour de nombreuses pratiques non conformes aux pratiques du commerce international, devant simplifier ce système obsolète et les habitudes prises qui ont généré des monopoles lucratifs et puissants qui seront lents à disparaître ou à contourner. Les formalités de contrôle des changes restent encore largement interprétées par le personnel des banques qui garde la nostalgie de la puissance de son rôle de contrôleur. Concernant l’investissement étranger, les multinationales recherchent classiquement des avantages comparatifs pour produire de façon compétitive pour un marché local solvable mais aussi vers un marché régional et/ou mondial, en intégrant leurs capacités commerciales et productives, d’où l’importance de l’intégration du Maghreb pont entre l’Europe et l’Afrique où l’Algérie pourrait trouver des avantages comparatifs. Le modèle à dominance étatique à taux d’intégration verticale élevé va à l’opposé des nouvelles mutations mondiales. Les lourdeurs bureaucratiques (délais de négociation et de mise en place) et l’incertitude juridique (taux douaniers, fiscalité, réglementations) ont encore renforcé l’image d’un marché difficile et fermé, isolant l’Algérie des nouvelles mutations mondiales. Le problème essentiel à résoudre est la mise en place de subventions ciblées budgétisées par le parlement afin d’éviter des transferts artificiel des bénéfices par les prix de cession visant l’optimisation fiscale vers les lieux fiables et peu imposés, la distorsion de la concurrence, le monopole, source de surcouts. Il s’agira d’améliorer le système d’information (limitation de l’accès aux données nationales pour les sociétés étrangères), éviter la distorsion des systèmes fiscaux- la distorsion dans l’accès aux données technologiques et de s’adapter au mouvement de la mondialisation. C’est que la politique de l’Algérie est souvent un dosage voire une oscillation entre libéralisme et interventionnisme excessifs.. La globalisation économique a été impulsée par les multinationales puis par les États ; désormais elle devient un phénomène politique et économique copié par les États eux-mêmes pour les grands secteurs stratégiques. Ce sont les Etats souverains qui signent les accords créant un cadre propice aux échanges (CEE, ASEAN, MERCOSUR). La CEE est le premier partenaire de l’Algérie pour son l’exportation, important massivement de la Chine mais n’exportant presque rien. Cela ne saurait signifier la fin du rôle de l’Etat mais un rôle stratégique dans la régulation. Aussi, l’adaptation aux nouvelles mutations, implique une politique d’ouverture de l’Algérie qui doit aborder les questions sous un autre angle. L’Etat doit évoluer vers un rôle d’organe de régulation par un certain nombre de leviers dont il reste maître (taux du crédit, taux de change, déficit budgétaire, poids de l’impôt et des services publics…) et de réglementation (commerce, taxes, télécommunications, transports, droit du travail) L’insertion dans l’organisation internationale de l’industrie et des services, est une urgence pour l’Algérie qui ne commence que progressivement (à partir des hydrocarbures) à s‘adapter avec les mesures d’appui nécessaires :-développement de la concurrence globale ; développement de la concurrence sur les marchés intérieurs ; accès aux marchés extérieurs -Importance accrue de la recherche-développement et de la technologie dans les stratégies d’entreprise; concurrence régionale à assurer, participation des systèmes d’approvisionnement internationaux (global sourcing) ; développement des PME/PMI à l’exportation. accroissement des investissements internationaux ; accords de coopération et exploitation de licences ; prise de conscience des notions d’engagements de niveau de service, de qualité, du juste à temps et participation aux nouveaux réseaux mondiaux : logistique, Internet, financiers, distribution. Etant fortement tributaire des hydrocarbures, tous les pouvoirs depuis l’indépendance politique sont attentifs à l’évolution du marché énergétique mondial qui est en plein bouleversement s’orientant vers l’efficacité et un Mix énergétique et l’entrée de nombreux producteurs notamment dans le gaz Amérique du Sud, Afrique, Moyen orient Russie, ainsi que les USA avec le gaz/ pétrole de schiste. Dans cadre de concurrence, l’Algérie est tenu d’ouvrir son champ de coopération multilatérale ce qui devrait renforcer encore les échanges croisés notamment en prenant des engagements sur le démantèlement de ses protections douanières et l’ouverture graduelle de son marché avec notamment la réduction des quotas à l’importation pour les produits agricoles ; la mise en place d’un taux douanier maximal pour les produits industriels ; un accord sur les technologies de l’information ; la libéralisation du commerce des services et de l’accès au marché des services impliquera un champ large de partenariats multilatéraux tant régionaux qu’européen ; le renforcement de ses réformes structurelles dont la privatisation et la démonopolisation, dépassant le cadre d’un secteur public hypertrophié par rapport au secteur privé, de revoir ses normes de gestion. C’est que l’Etat algérien dépense 2 fois plus que la moyenne des pays émergents pour avoir deux fois moins de résultats économiques et sociaux . Le système de droits douaniers conçus comme freins à l’importation avec des montants excessifs doivent être modernisés. Actuellement, ils favorisent la fraude et l’économie informelle. De façon analogue les charges fiscales sont proches des niveaux européens et sont à la fois trop importantes et associées à un système fiscal complexe et d’application aléatoire. La déficience des réseaux de distribution des matières premières, matériaux et/ou pièces de rechange rend impossible la réactivité et la logistique demandée par la sous-traitance internationale. La faiblesse des infrastructures de services et la difficulté d’acquisition de foncier industriel posent le problème des facilités matérielles à créer de nouvelles activités. Il s’agira d’améliorer l’environnement: institutions, infrastructures y compris Restriction des échanges / actions anti-dumping, revoir les subventions en fonction de l’intérêt local -moderniser les télécommunications, les compétences humaines, le système d’enseignement et constituer une base de données précise sur les exportations -Financement- garanties de la prospection et des opérations.

4.- Les filières les plus dynamiques en Algérie relèvent des hydrocarbures fortement capitalistiques: l’Algérie doit investir dans des segments au sein de filières internationalisées pour avoir des avantages comparatifs

La spécialisation d’un pays dans le commerce international révèle sa compétitivité au moyen-long terme au niveau sectoriel. Sur les dérivés du gaz, l’Algérie dispose d’un potentiel très fort attesté par des ACR exceptionnels :gaz naturel et certains dérivés de la pétrochimie (historiquement les engrais) ; chimie de synthèse de base (notamment l’ammoniac et l’acide nitrique à partir du reforming du gaz). Les autres produits en progression mondiale sur lesquels l’Algérie peut se positionner sont l’agroalimentaire. Les activités les plus dynamiques sont à la fois capitalistiques et ne génèrent que peu d’emplois. L’Algérie devra renforcer la sous-traitance ou associations avec les grands groupe, participer aux chaînes d’approvisionnement mis en place par les multinationales (concept de ‘’supply chain’’), améliorer la structure financière et humaine des petites entreprises, augmenter les parts de marché par le renforcement des positions géographiques ciblées. A terme les avantages comparatifs sont en Afrique en vue d’accroître le chiffre d’affaires et les parts de marché. L’Algérie doit d’améliorer l’efficacité des importations et attirer les investissements à forte valeur ajoutée, mettre en place une relation proportionnelle entre les investissements étrangers et le marché intérieur. Pour accroitre la compétitivité internationale, il s‘agira d’accroître les dépenses en recherche /développement, renforcer les entreprises pilotes, améliorer les capacités des PME, la gestion de bases, améliorer les incitations en matière d’implantation, promouvoir des réseaux d’entreprises et améliorer les fonctions de l’entreprise, les infrastructures contribuant à la chaîne logistique. L’objectif stratégique sera de diminuer les systèmes bureaucratiques de contrôle au profit de suivis à posteriori et informatisés tendant vers la simplification des formulaires, de prévoir des modes de financement appropriés, comme les garanties de la prospection des opérations de petite taille et les opérations d’encouragement des investissements internationaux dans l’industrie grâce à la promotion des réseaux, associations professionnelles, normes et qualifications demandant compétences techniques et qualifications pointues. L’encouragement de toute forme d’investissement productif étranger passe par la mise en place de systèmes d’assurance-garantie contre le risque économique, un co-partenariat gagnant/gagnant nécessitant de l’amélioration de l’appui institutionnel (collaboration universités/ secteur public/ entreprises privées). Les choix de développement des filières doivent être cohérents avec les tendances lourdes internationales car les tendances incontournables à l’internationalisation des économies tendent à reléguer au second plan les politiques et contrôles nationaux au profit d’espaces économiques régionaux ou mondiaux. La libre circulation des produits génère une hyper-compétitivité qui demande une réallocation rapide des ressources à l’échelle régionale (demain à l’échelle mondiale). Le maintien abusif de filières non compétitives équivaut à une subvention indirecte mais surtout, en empêchant une optimisation des capitaux investis, pénalise l’avenir des filières les plus dynamiques. Les analyses du commerce international, sur une période longue, montrent que les branches industrielles ont un cycle de vie analogue aux produits industriels, cependant plus complexe. Les pays ‘’convergents’’ (qui ont rattrapé le niveau de vie du groupe des anciens pays industrialisés) sont ceux qui ont renforcé leurs avantages sur les produits dynamiques. La productivité apparente du capital (valeur ajoutée par unité de capital installé) baisse dans tous les pays ce qui est cohérent avec le cycle économique actuel et les technologies qui ont généré de la surcapacité. Il faut donc examiner d’autres paramètres qui expliquent la productivité globale des facteurs de production (part de la croissance qui ne s’explique pas par la progression du stock de capital et de travail mais par l’immatériel). L’utilisation des statistiques du commerce international permet de révéler les caractéristiques des tissus industriels, de dégager la structure de spécialisation d’un pays, notamment sa capacité d’insertion internationale. Cette méthode des ‘’Avantages Comparatifs Révélés’’ (ACR) mesure la compétitivité à moyen-long terme d’un secteur d’activité. Le taux de change effectif réel (TEER) mesure le rapport des prix des biens du pays étudié convertis en dollars avec la moyenne des prix en dollars de ces mêmes biens auprès des principaux partenaires commerciaux du pays considéré. C’est un indicateur de compétitivité. Une augmentation de cet indice traduit une appréciation des prix, donc une perte de compétitivité. Les analyses montrent que les entreprises privées sont un terrain de plus grand dynamisme économique que les entreprises publiques car elles s’ajustent plus rapidement au marché et font une meilleure allocation des ressources. Leur poids dans l’économie est un facteur indicatif d’adaptation important. Les choix de développement des filières doivent coller avec la structure socio-économique et culturelle du pays. La forte démographie a généré un fort accroissement de la population algérienne, allant vers 50 millions d’habitants horizon 2030 (43 millions d’habitants au 01 janvier 2019) devant créer entre 350.000/400.000 emplois par an qui s’ajoutent au taux de chômage actuel où plus de 60% de la population occupée se trouve dans des segments à très faible ajoutée sans compter la pléthore dans l’administration plus de deux millions d’emplois. Les emplois créés dans le secteur lourd à forte intensité de capital coûtent entre 4 et 10 fois plus que dans une PMI. La dépendance technologique propre à tout le secteur économique l’outil économique, la sortie de devises des services ayant fluctué entre 2010/2019 entre 9/10 milliards de dollars par an qui s’ajoutent au 45/47 milliards de dollars de biens. Pour les entreprises privées, les performances sont encore freinées par le savoir-faire entrepreneurial limité mais aussi par la difficulté d’accès aux technologies modernes et par des normes de qualité obsolètes. En plus de la mobilisation de l’épargne domestique (faible bancarisation) où tout se traite en cash avec l’importance de la sphère informelle contrôlant 40/50% de la masse monétaire en circulation, l’on doit mettre en place des réseaux pour une meilleure attractivité du pays aux IDE ainsi qu’aux fonds de la communauté émigré le renouveau du système bancaire qui reste à modernise, ne disposant pas ou peu d outils permettant de favoriser le développement de l’entreprise (par exemple : crédit-bail, escompte des traites, nantissement des marchés publics, etc. ). C’est que le poids historique de la lourdeur bureaucratique caractérise l’ensemble des organismes qui interviennent dans le cycle de la vie de l’entreprise est une entrave constante au fonctionnement efficient de celle-ci. Leur disparition ne sera que progressive. Ceci est probablement aggravé par un système judiciaire lent, peu transparent et non adapté à une économie moderne. L’important est donc la spécialisation non pas dans les branches (vision dépassée) mais dans la dynamique des produits.

. 5.-Quelle perspective pour l’Algérie en ce mois de janvier 2020?

Nous suggérons 15 propositions que nous avons longuement développées dans différentes contributions qui rentrant dans le cadre de la nouvelle stratégie du développement socio-économique (voir www.google.com –abderrahmane mebtoul -1980/2019). Proposition 1 : améliorer l’efficacité de la dépense publique et aller vers la décentralisation par de grands pôles régionaux– Proposition 2: création de technopoles dans un cadre décentralisé et encouragement de l’entreprenariat féminin – Proposition 3 : lutte contre la bureaucratie : intégrer la sphère informelle et réorganiser les corps de l’Etat – Proposition 4 : contrôle transparent- adaptation au droit international et allègement des procédures administratives – Proposition 5 : revoir la gestion des caisses de sécurité sociale conciliant système par répartition et système par capitalisation, équité et efficacité – Propositions 6 : Mise à niveau ciblé pour dynamiser le tissu productif en déclin et impulser les nouvelles technologies – Propositions 7 : Les mesures pour dynamiser les PMI/PME et le secteur de l’habitat – Proposition 8 : Améliorer le niveau de l’Ecole et des Universités y compris la formation professionnelle – Proposition 9 : pour une transition énergétique de l’Algérie, en encourageant les industries écologiques – Proposition 10 : dynamiser l’agriculture liée à une nouvelle politique de l’eau , le tourisme intimement lié à l’artisanat – Propositions 11: création d’entreprises à partir du recyclage des déchets – Proposition 12 : actions pour dynamiser le système financier et la Bourse d’Alger- Proposition 13 :dynamiser le Conseil national de l’Energie , la Conseil Economique et social, le Conseil national de l’Energie et la Cour des comptes- Proposition 14 : revoir le fonctionnement de notre diplomatie pour l’adapter à l’environnement internet et international – Proposition 15 : adapter notre système de défense/sécurité aux nouveaux enjeux géostratégiques. Ces axes impliquent la mise en place d’un Etat de droit passant par l’indépendance de la justice et d’institutions démocratiques, de contrepoids politiques-sociaux et la réactivation d’institutions stratégiques en berne depuis de longues années, devant être composés de partenaires sociaux et économiques , de cadres et d’experts de hauts niveaux qui peuvent aider à mieux voir clair et surtout aider à la décision à moyen et long terme , un gouvernement étant chargé d’exécuter une politique, comme le Conseil Economique et Social, la Cour des Comptes et le Conseil National de l’Energie. J’ai eu souvent à le souligner en direction des pouvoirs publics algériens, il s’agit d’éviter de dépenser sans compter. Le développement durable tenant compte du défi écologique, en ce XXIe siècle, se fonde essentiellement sur la bonne gouvernance et la valorisation du savoir si l’on veut dynamiser les sections hors rente dans le cadre des avantages comparatifs mondiaux. Y a-t-il une prise de conscience des défis nombreux qui attendent l’Algérie ? A-t-on tiré les leçons de la chute des hydrocarbures de 1986 avec les incidences désastreuses pour le pays, économiques, sociales et politiques. Pourtant évitons toute sinistrose ? Si les résultats sont loin, très loin des potentialités que recèlent le pays du fait d’une gouvernance mitigée, et elles sont nombreuses, je suis pourtant confiant car le pays recèle d’importantes potentialités, surtout les compétences humaines richesse bien plus importante que toutes les réserves d’hydrocarbures. Pour cela, outre une profonde moralité des personnes chargées de diriger la Cité, l’on doit revoir la gouvernance et donc l’actuelle politique socio-économique qui ne peut que conduire à l’impasse et donc à l’implosion sociale à terme. La lutte contre la corruption, les transferts illicites de capitaux, qui existent depuis l’indépendance politique, mais qui a pris des proportions alarmantes du fait que l’on a injecté des sommes colossales sans prévoir de mécanismes de contrôle et une réelle décentralisation pour rapprocher l’Etat du citoyen, devient une urgence de l’heure. L’on ne saurait ignorer les effets de la mondialisation à la fois positifs mais pervers sans régulation, devant insérer les projets futurs dans le cadre de l’intégration du grand Maghreb pont entre l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, pour la stabilité et une prospérité partagée de la région. L’Algérie est à la croisée des chemins et la situation très difficile, avec une probabilité, sauf miracle d’un cours du baril à 90/100 dollars, vers l’épuisement des réserves de change début 2022 (environ 15/20 milliards de dollars fin 2021), la loi de finances 2020 fonctionnant sur la base d’un cours de 95/100 dollars, malgré toutes les restrictions. Si l’Algérie rate le cap du développement entre 2020/2022/2025, elle sera éternellement un pays sous-développé avec d’importants remous sociaux et politiques avec des interférences étrangères. Il faut éviter toute déclaration, contraire au vécu quotidien de l’immense majorité des Algériens. Certes, tout ce qui a été réalisé entre 1963-2019 n’est pas totalement négatif. Mais il reste beaucoup d’insuffisances qu’il s’agit impérativement de corriger par une mobilisation générale, du fait des tensions géostatiques et budgétaires à venir, autour d’un large front social, devant tolérer notre différence. Le défi des nations en ce XXIe siècle, monde en perpétuel mouvement est la maîtrise du temps, tout pays qui n’avance pas recule forcément. Aussi, le changement de cap de la politique économique et sociale avec soubassement une vision stratégique et un nouveau mode de gouvernance, grâce à un dialogue fécond et productif, personne n’ayant le monopole du nationalisme, s’impose pour des raisons de sécurité nationale. L’Algérie a toutes les potentialités de sortie de crise. Agissons, loin des discours démagogiques qui ne portent plus pour le bien-être de l’Algérie. En tout cas bonne année Algérie 2020 et bonne chance au nouveau gouvernement en espérant un devenir meilleur pour notre pays et pour toute la population algérienne, n’ayant pas d’autres patries de rechange
[email protected] 04 janvier 2020

Pr Abderrahmane Docteur d’Etat en Sciences Economiques (1974- ) diplômé d’expertise comptable de l’Institut supérieur de Gestion de Lille ,ayant occupé plusieurs hautes fonctions au sein des appareils de l’Etat , membre de plusieurs organisations internationales Europe -USA, auteur de 20 ouvrages et de plus de 700 conférences nationales et internationales

Références l’Algérie face aux enjeux internes et géostratégiques

– Intervention du professeur Abderrahmane Mebtoul -2017-Ministère de la Défense Nationale
Institut Militaire de Documentation, d’Evaluation et de Prospective « Sécurisation et économie des frontières au Maghreb et au Sahel : enjeux et perspectives » Ouvrage collectif sous la direction du professeur Abderrahmane MEBTOUL « Les enjeux de l’Algérie : réformes et démocratie » 2 volumes Casbah Edition Alger- 2005 (520 pages) .-Interviews à l’American Herald Tribune 28 décembre 2016 et au quotidien financier français la Tribune.fr mars 2017 « toute déstabilisation de l’Algérie aurait un impact sur l’espace méditerranéen et africain » -Etude du professeur Abderrahmane MEBTOUL parue à IFRI Paris France » la coopération Maghreb Europe face aux enjeux géostratégiques » (novembre 2011)- chapitre III- « la stratégie de l’OTAN face aux enjeux géostratégiques en Méditerranée » – Sous la direction du professeur Abderrahmane Mebtoul décembre 2013 – IFRI- «Le Maghreb face à la sphère informelle» -Deux importants ouvrages coordonnés par le professeur Abderrahmane Mebtoul et le Dr Camille Sari (de la Sorbonne) sont parus entre 2014/2015 à Paris Edition Harmattan – tome 1-traitant des institutions et de la gouvernance (480 pages) et le tome 2 des volets économiques sous différents aspects (500 pages) regroupant pour la première fois -36 experts et professeurs d’université algériens- marocains- tunisiens- mauritaniens et libyens- européens

–-Intervention du professeur Abderrahmane Mebtoul invité d’honneur du professeur Jean-Pierre Chevènement ex président de l’Association Algérie-France et de la fondation Res Publica qui a organisé rencontre des deux rives de la Méditerranée en partenariat avec l‘Union européenne le 17 février 2014 à Paris/ Sénat sur le thème-« Face aux enjeux géostratégiques pour un co-partenariat entre le Maghreb et l’Europe, facteur de stabilité de la région» Intervention, suite à l’invitation de l’Institut Maghrébin d’Etudes et de Prospectives, en présence de nombreux experts maghrébins (Algérie – Maroc – Tunisie – Libye – Mauritanie), du professeur Abderrahmane Mebtoul : «face aux enjeux géostratégiques, l’Algérie acteur déterminant au de al région méditerranéenne et africaine » le 21 juin 2013 à l’Assemblée Nationale française. -Sur les mutations géostratégiques militaires, politiques sociales et économiques- voir la Revue IEMed 2017 -Barcelone -Espagne , un important collectif analysant la sécurité, le politique, l’économique, le social et le culturel de la région méditerranéenne auquel a contribué le professeur Abderrahmane Mebtoul sur le thème « impact de la baisse du cours des hydrocarbures sur les équilibres macro-financiers et macro-sociaux de l’économie algérienne : urgence d’une nouvelle politique économique » est paru sous la direction du professeur Senen Florensa, ancien diplomate et ministre espagnol, Président de l’ Annuaire IEMed (516 pages), préfacé par le Commissaire européen à la politique de voisinage aux négociations d’élargissement.



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