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20 janvier 2021

ALGÉRIE. Les masques vont bientôt tomber.



ALGÉRIE. LES LOUPS AU MILIEU DES BREBIS

Les masques vont bientôt tomber.

1.- Que le régime algérien depuis une quarantaine d’années dilapide au profit d’une classe de parasites les ressources du pays, qu’aucun avenir sérieux ne soit proposé aux jeunes (et en particulier au jeunes diplômés de l’enseignement supérieur), que les services publics (de santé, de logement, d’éducation, services sociaux à l’égard des plus pauvres et des personnes âgées…) se sont notablement dégradés, que les partis politiques, y compris ceux de l’opposition, ne recrutent plus que des opportunistes dont la seule préoccupation est tirer parti du partage de la rente extérieure, que notre politique internationale a presque complètement disparu au point que l’Algérie ne participe plus aux grands rendez-vous de la vie politique internationale et régionale pour se limiter à une défense des frontières menacées par une grande instabilité des pays voisins accrue par des interventions extérieures au continent africain…

Tout cela est parfaitement avéré et n’importe qui peut le constater de manière évidente.

2.- Que ces élections vont probablement donner lieu à l’arrivée à la présidence d’une personnalité responsable (à un degré que la justice devra établir) de la politique menée par l’un ou l’autre des gouvernements Bouteflika qui se sont succédés depuis 1999, cela aussi ne peut être nié.

3.- En revanche ce qui se passe dérive directement de l’incapacité du mouvement de contestation à faire face à la situation politique du pays. Il ne suffit pas de manifester chaque vendredi pendant des semaines, demander la disparition d’un « système » pour que ipso facto ce système disparaisse au profit d’un régime qui n’existe pas.

Le système ce n’est pas seulement telle ou telle personnalité, député, wali, maire ou fonctionnaire… Ou alors les tribunaux n’auraient jamais assez de personnels, ni de temps pour traduire en justice tout ceux qui, de près ou de loin, ont été mêlés à la catastrophe économique, sociale et politique que nous vivons.

4.- L’erreur du hirak a été de se contenter de manifester. Il aurait fallu passer par la case création de partis et désigner des hommes pour se présenter aux présidentielles.

Naturellement, les partis d’opposition se sont déconsidérés (par ex le RCD a participé au gouvernement Bouteflika, inutile de parler des partis islamistes aux aguets) et traduire en termes politiques, avec des projets qui tiennent la route et des hommes crédibles est difficile.

Un nouvel ordre politique, propre et intègre ne tombe pas du ciel.

Ce n’est pas trop tard. Les législatives arrivent bientôt et les candidats peuvent encore se présenter devant les électeurs.

Les contestataires pour exiger et obtenir que les élections se déroulent dans une parfaite transparence et régularité.

Mais on ne peut se dire démocrate si on ne se présente pas devant le peuple pour prétendre le représenter et continuer à manifester dans la rue sa désapprobation d’une situation économique et sociale certes inacceptable, sans aucune perspective crédible, sans programme, sans cap ni projet politique clair, rien de sérieux ne pourra émerger d’un mouvement qui restera inapte à changer la réalité du pays.

Au reste, quel que soit le futur président et les futurs parlementaires, l’Algérie ne pourra plus jamais être gouvernée comme avant le 22 février.

Inutile de demander la fin du « système » Bouteflika. Il a irréversiblement disparu. Reste à en administrer les restes. Et on ne peut le faire en se contentant de battre le pavé chaque vendredi.

Les présidentielles sont en cours avec un risque considérable pour le hirak et pour le pays.

Le scrutin est ouvert pour les Algériens expatriés (même les Français n’utilisent plus le vocale « diaspora » en usage chez certains qui préfèrent « Afrique du nord » à « Maghreb »).

Quelques groupes de manifestants, peu nombreux se sont attroupés devant deux ou trois consulats algériens pour dénoncer le vote.

Ces manifestations sont parfaitement légitimes en Algérie, mais regrettables à l’étranger où l’on prendrait à témoin des opinions publiques qui ont d’autres chats à fouetter et qui, de l’Algérie ont une un avis clair et tranché, demandant implicitement à ce que des Etats étrangers se mêlent à nos affaires intérieurs alors qu’à plusieurs reprises les manifestants dans les rues algériennes ont avertis qu’ils ne tolèreraient pas une intrusion extérieure dans les événements en cours dans notre pays.

Les manifestants devant les consulats ne se sont pas contentés de manifester pacifiquement, comme en Algérie.

Ils ont franchi une limite d’une extrême gravité, inquiétante pour l’avenir.

1.- Traiter le gouvernement algérien « d’assassin » alors qu’il n’y a pas une seule balle tirée, ni un seul mort depuis février dernier, alors que partout ailleurs dans le monde (Irak, Bolivie, France, Chili, Argentine, Brésil…) les morts se comptent par dizaines, il y a là plus que de la mauvaise foi.

Chacun sait d’un côté, comme de l’autre, que la moindre violence sera le feu mis à un baril de poudre que personne ne pourra arrêter.

La sagesse a jusque-là prévalu.

Mais à lire ce que rapporte une dépêche de l’AFP que je vous joins ci-dessous in extenso, fait froid dans le dos. L’AFP ajoute sournoisement une intox de haut niveau que je commente plus bas (*)

2.- Devant les consulats, les électeurs sont conspués.

A Bobigny (Seine-Saint-Denis), quelque 150 manifestants étaient présents devant le consulat où est organisé le vote pour les expatriés. « Les gens qui venaient voter ont été copieusement insultés », a décrit une source policière. Certains manifestants criaient « traîtres », a-t-elle ajouté.

Outre des drapeaux algériens, ils ont brandi des pancartes « Non au vote », « Non au recyclage du système mafieux » ou « Celui qui vote du 7 au 12 décembre est un traître ».

Ceux qui pénétraient dans le bâtiment pour participer au scrutin étaient filmés au smartphone et conspués par les manifestants qui les ont traités de « traîtres », « bâtards », « assassins » ou « voyous ».

Naturellement, les autorités françaises qui s’interdisent toute ingérence (officielle) dans les affaires algériennes, observent ces groupuscules avec bienveillance. Bien des partis hostiles traditionnellement à l’Algérie s’en réjouissent. Pendant qu’à Alger nos « glorieux gouvernants » serrent les f…

Les manifestants font ce que ces partis n’osent.

Cependant, ces comportements effrayent. Seule une dictature en herbe adopte de telles méthodes.

On les a vu en oeuvre par exemple jadis au Chili, récemment au Brésil avant l’arrivée de Bolsonaro ou en Bolivie avant et après le départ de E. Morales. Inutile de parler du harcèlement du Venezuela soumise à un embargo et des actions subversives états-uniennes continues (déjà sous H. Chavez), similaires à celles qu’on observe menées contre la Syrie et l’Iran.

Et ces méthodes n’annoncent pas en Algérie l’avènement d’une démocratie.

En Algérie, les manifestants de bonne foi sont soucieux d’établir dans le pays, une économie saine, hors informel, hors parasites, soucieuse d’équité et de partage équitable des ressources et des revenus, d’affectation raisonnée des compétences, des investissement pour le développement futur des activités par-delà les richesses naturelles, d’une justice et d’une administration publique sous le contrôle des citoyens via leurs représentants, eux-mêmes sous le contrôles d’institutions et de pouvoirs séparés.

Le risque couru aujourd’hui vient de ce que les loups dans se cachent parmi les brebis pour en manipuler l’esprit et détourner l’action (je vous renvoie pour cela aux documents officiels dont je vous loin les références plus bas). (**)

Djeha ne délire pas. Il constate lucidement et froidement.

Tapis dans l’ombre, sans verser nullement dans un complotisme de mauvais aloi, deux partis en accointance avec des cabinets étranger : les séparatistes qui veulent diviser l’Algérie (***) et les islamistes qui, discrètement attendent leur heure pour récupérer tout chaud le résultat d’un mouvement que tous espèrent explosif pour noyer, dans le désordre qui en résulterait, des desseins clairs et évidents pour tous ceux qui observent les catastrophes qui nous entourent de l’Afghanistan à l’Océan Atlantique, en passant par le Sahel. Ils ont fait le coup en Tunisie où aujourd’hui ils ont un Premier ministre, qu’en 2011 en instrumentalisant les Frères musulmans pour, en fin de compte organiser un coup d’Etat militaire pour les en chasser. Et Morsli, l’imbécile de service, en fit les frais.

C’est à partir de ce mois de décembre que l’on jugera de l’évolution de la situation algérienne, du caractère pacifique et constructif du mouvement qui prit naissance au début de l’année.

C’est aussi maintenant que les masques vont tomber et que se révèleront les requins et leurs alliés étrangers qui œuvrent depuis très longtemps derrière aussi bien les pillards et la vermine qui ont détruit le pays que derrière certains de ceux qui prétendent “généreusement” le reconstruire.

Ouvrez vos yeux amis et ne vous laissez pas emballer par la grandiloquence des majuscules et la passion composée des professionnels de la subversion.

Djeha,

D. 08 décembre 2019

(*) Manip, manip…

« Un service de sécurité privée était présent à l’entrée du consulat pour faciliter l’accès des votants tandis que des policiers surveillaient la manifestation à distance. »

Je présume que ce « service de sécurité privé » ne peut être public. Les consulats algériens (contrairement aux représentations des Etats-Unis et d’Israël) ne peuvent héberger des soldats armés dans leurs locaux. Il ne s’agit donc pas de nervis payés pour bastonner ou pour réprimer les citoyens qu’ils auraient au contraire intérêt à accueillir pour augmenter les taux de participation, les vrais enjeux de cette étapes.

Les Français observent tous à chaque manifestations dans les villes françaises depuis plus d’un an ce qu’il en est des bastonnades des citoyens, des mains arrachées ou des yeux perdus par des protestataires qui contestent la politique menée par leurs autorités.



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