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18 janvier 2021

un texte ambigu et dangereux adopté par une Assemblée nationale divisée



Ce vote étriqué, malgré la majorité écrasante dont dispose le groupe LREM, n’est pas une surprise. En voulant faire le procès de l’antisionisme, qui est d’abord et avant tout une opinion politique, et en « approuvant » la définition très contestable de l’antisémitisme proposée par l’IHRA, – une arme promue par Netanyahou et Trump contre la société civile et les défenseurs du droit -, cette résolution s’est faite l’instrument de la politique israélienne au lieu de vouloir contribuer de manière sincère à la lutte contre l’antisémitisme dans notre pays.

Faut-il rappeler, comme l’ont fait plusieurs orateurs, que l’État d’Israël viole tous les jours le droit international et les résolutions de l’ONU, et qu’il nie totalement les droits du peuple palestinien ? Faut-il rappeler le vote en juillet 2018 par le parlement israélien de la loi « État nation du peuple juif », loi suprémaciste et raciste faisant l’objet de nombreux recours en Israël même ?

En isolant la lutte contre l’antisémitisme des autres luttes antiracistes, qui ne sont pas citées une seule fois dans la résolution, en ignorant les avertissements de la CNCDH au point de ne même pas l’auditionner, les porteurs de cette résolution ont rendu un bien mauvais service à la lutte contre l’antisémitisme qu’ils prétendaient promouvoir.

Différentes annonces ont été faites à l’occasion de ce débat parlementaire. L’AFPS approuve la mise en place d’une mission d’information parlementaire sur la lutte contre le racisme, et compte bien témoigner devant celle-ci. Mais il fallait alors à l’évidence attendre les conclusions de cette mission parlementaire pour mettre au vote une autre résolution qui en aurait tenu compte.

Le député Sylvain Maillard, porteur de la résolution, a déclaré à la tribune de l’Assemblée nationale que cette résolution « exclut les exemples de l’IHRA pour illustrer la définition ». L’AFPS prend bonne note de cette déclaration importante, tout en déplorant qu’elle n’ait pas été intégrée dans le texte de la résolution.

Rappelons sans relâche qu’une résolution parlementaire ne peut rien « adopter », et que les exemples ont été exclus du champ de l’approbation de cette définition. Devant la propagande qui s’annonce, l’AFPS demande au gouvernement et à la DILCRAH de revoir avec la plus grande rigueur l’article sur leur site internet relatif à une prétendue adoption par la France de la « définition IHRA », en mentionnant notamment l’exclusion des exemples, et en rappelant qu’une résolution parlementaire n’a pas le pouvoir d’adopter quoi que ce soit.

Face aux entreprises de désinformation coordonnées par l’État d’Israël, une véritable résistance s’est manifestée dans notre pays, ainsi qu’une réelle aspiration à voir la lutte contre l’antisémitisme retrouver, dans le combat antiraciste, sa place essentielle mais non exclusive des autres formes de racisme, et débarrassée de toutes les tentatives de manipulation. C’est un facteur important qu’il conviendra de faire largement connaître. L’AFPS continuera pour sa part à défendre sans relâche les droits du peuple palestinien, dans une rigueur absolue contre toute forme de racisme tout en étant parfaitement résolue à refuser toute forme d’intimidation.

Le Bureau national, 3 décembre 2019



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