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26 janvier 2021

Pour un SNAT de l’intelligence



En conseil des ministres du 26 novembre 2019, un nouveau découpage administratif a porté le nombre des wilayas à 58 et parallèlement la création de 44 wilayas déléguées sur l’ensemble du territoire national. Dans la forme cela paraît comme étant une bonne nouvelle pour les populations de ces régions isolées, mais dans le fond cette décision «express» laisse planer des interrogations.

Les wilayas en chiffres
Le nombre de communes restant le même 1541 les dix nouvelles villes transformés en wilayas regroupent au total 26 dairas et 58 communes pour une superficie de 691998 km2 et une population de 908814 habitants soit en moyennes une wilaya pour 14000km2 et en moyenne 20.000 habitants avec les statistiques de 2008 si on admet que la population a augmenté de 50 % cela ferait une wilaya pour 30.000 habitants avec des disparités importantes q cille la Wilaya de Djanet wilaya pour 17618 habitants ou encore mieux In Guezzam qui a la superficie de l’Autriche avec la population deux fois moins que celle de la Casbah ! (1)

C’est dire que ce n’est pas le nombre ou la surface qui est importante mais les conditions de vie de ces populations Lors de mon interview j’ai déclaré : « l’informatique et l’intelligence artificielle auraient été des solutions plus efficaces et moins coûteuses pour répondre aux besoins de ces populations. L’Algérie a-t-elle vraiment besoin de ce nouveau découpage administratif ? Et surtout en a-t-elle les moyens ? «En fait, on va augmenter la masse salariale, le parc immobilier et roulant ainsi que la consommation d’énergie», a soutenu ce spécialiste joint, hier, par téléphone. Pour cet universitaire, l’efficacité de cette décision n’est pas du tout évidente. Comment l’État va réaliser cet objectif dans les conditions socio-économiques actuelles. «Comment allons-nous faire ? Va-t-on convertir les daïras actuelles en wilayas? Cela montrerait que cette décision n’a d’autre signification que politique»,

La seule chose qui pourrait rendre attractif un tel découpage est le fait qu’il entre dans le cadre du Schéma National d’Aménagement du Territoire (Snat) avec une visée productive, afin de rendre ces régions plus attractives. Néanmoins, on peut douter de cela, en estimant que le timing et la façon dont a été prise cette décision renforcent ses doutes. L’argent qui sera dépensé aurait été plus utile aux habitants de ces régions s’il était investi dans des infrastructures d’utilité publique. Surtout que l’apport de l’informatique et l’intelligence artificielle aurait été plus efficace et à moindre coût. On est au XXIe siècle. Il faut réfléchir comme au XXIe siècle en profitant de l’apport de l’informatique pour rapprocher le citoyen de l’administration. Cela est d’autant plus vrai du fait que nous avons fait de grands pas dans l’administration avec la dématérialisation des documents et la mise en place de documents biométriques», a-t-il poursuivi, non sans plaider pour une fluidification de l’information en décentralisant les grandes décisions qui concernent ces régions. «C’est la seule chose qui peut améliorer le quotidien des citoyens».

La priorité dans ces régions est l’accès aux soins et à l’éducation. C’est d’ailleurs ce pourquoi les populations de ces régions ont beaucoup d’espoir de voir leurs villes se transformer en wilayas pensant que c’est là la solution. Car, dans la logique actuelle de nos dirigeants ont construit les hôpitaux dans les…wilayas. «Faut-il être une wilaya pour avoir un hôpital ou une école ? Non ! , l’argent qui sera dépensé dans ce projet suffirait à construire ces infrastructures. On est donc devant une grande grenade dégoupillée qui a été mise entre les mains du futur chef de l’État. Ce découpage plein de promesses pour ces zones isolées, risque d’être contre- productif quand les habitants verront que pratiquement rien n’a changé dans leur quotidien, mis à part le matricule de leurs voitures…Va-t-il poursuivre dans cette logique, sachant que les moyens sont limités ou va-t-il l’abandonner ? Dans les deux cas, le risque est grand !

Ce qui existe ailleurs

Sur quels critères ce découpage été réalisé . Il est vrai que ce découpage, dont on parle depuis des années, n’a pas pu être réalisé, faute de moyens, et de retour sur investissement. L’État doit, certes, rapprocher l’administration des citoyens, particulièrement pour ces zones reculées, dans notre cas le jeu ne vaut pas la chandelle. Le découpage peut être à la « hussarde » a –til pris en compte les proximités des populations ? Il est possible de mette en œuvre une réorganisation administrative du pays par le biais de la décentralisation, une démarche qui a fait ses preuves partout dans le monde Sans crainte que la régionalisation amenerait au régionalisme partout dans le monde, les expressions régionales sont favorisées ; Je suis que les 48 chaines d’information pour les 48 wilayas ont été d’un apport bénéfique à la respiration démocratique de chacune des wilayas.
On peut s’inspirer graduellement de différents modèles d’organisation de par le monde comme celui de l’Allemagne avec les Länder, la Suisse avec ses 26 Cantons, On peut même et c’est le meilleur en terme de mutualisation et d’optimisation de l’utilisation des moyens il est possible d’envisager la création de Régions proches du modèle français qui comporte 13 Régions métropolitaines A nous de nous en inspirer et de trouver la formule la mieux adaptée à notre situation. Pour cela, il faut faire preuve d’imagination et dépasser l’idée erronée selon laquelle la régionalisation favoriserait le régionalisme.

Un constat : Dans l’Algérie actuelle 95% de la population se trouvent sur 10% du territoire, amenant de plus en plus des populations paupérisées vers le nord favorisant constructions anarchiques un taux accéléré d’urbanisation avec des bidonvilles autour des grandes villes, avec de nouvelles formes de violence . Tout ceci parce que le Sud est abandonné à lui-même Mon sentiment est que ce découpage territorial devra s’inscrire dans le cadre d’une vision globale de grands pôles régionaux, devant utiliser les nouvelles technologies pour réduire les coûts personnels pléthoriques et la rigidité administrative qui terrasse le citoyen. Ce découpage fictif car il faudra du temps pour le mettre en place trouver les hommes et les femmes les former , construire les infrastructures, trouver les moyens financiers ne calmeront pas fondamentalement le mal vivre du Sud

Il nous faut une autre vision de l’aménagement de l’espace.

Cela implique une nouvelle architecture des villes, des sous-systèmes de réseaux mieux articulés, plus interdépendants bien que autonomes dans leurs décisions, évitant le gigantisme. Elle devra forcément se situer dans le cadre d’une stratégie plus globale dépassant l’espace La commune 2.0 est au service du citoyen . Elle est un espace où le citoyen devra trouver toute les commodités et devenir un espace de convivialité qui intègre dans sa démarche l’action citoyenne du mouvement associatif. La commune devra être ainsi un service public de proximité sans donner l’impression de l’assistanat elle ne peut avancer que par une transparence dans tout ses actes, mais le citoyen devra aussi se départir de la mentalité du Bayleck la commune doit se préparer à une mutation radicale devant faire passer du stade de collectivité locale providence gestionnaire des concours définitifs de l’État, à celui de collectivité entreprise responsable de l’aménagement, du développement et du marketing de son territoire.

La e-administration, la e-santé, la e-éducation

A l’heure on peut faire des consultations médicales par skype ou Viber et autres faire même des opérations voire aussi des conférences par visioconférences créer des structures lourdes ingérables avec des réflexes administratifs qui nous collent à la peau, on n’aura pas loin en terme d’efficacité. Pourtant il ya quelques années la carte d’identité numérique, le passeport numérique avaient donné l’illusion que nous rentrons de plein pied dans la e-administration

Nous avons besoin d’un internet haut débit qui permettra ces prouesses administratives, médicales voire de l’enseignement. Il est possible à titre d’exemple que le millier d’élèves de de Bordj Badji Mokhtar puissent suivre les mêmes cours des lycées sur leurs tablettes ou micro même dans la salle –avec une bonne connexion- au lieu d’imprimer des manuels dont la durée de vie ne dépasse pas l’années ; Il en sera de même des étudiants du Sud qui pourraient suivre les meilleurs cours du Massachussetts Institute of Technology ( MIT) de Stanford sans aucun problème ,Toute la connaissance du monde est sur internet ! La nouvelle révolution numérique ne semble pas intéresser les décideurs actuels !!

L’Etat doit continuer à être garant de l’équité des territoires en matière d’éducation et de santé, L’introduction du numérique, la diversification économique et du développement local, Dans ce cadre ce qui créerait une nouvelle révolution technologique économique et même sociologique par le brassage de population est un développement du Sahara avec la Révolution électrique. Le Sahara est une pile électrique qui ne demande qu’à fonctionner. Dans ce cadre la création de villes nouvelles viables est tout a fait possible quand l’électricité verte est disponible pour les forages et la disponibilité de l’eau . la mise en place d’une « transsaharienne » électrique permettra d’irriguer le Sahara avec une électricité « gratuite » et permettra aussi de drainer vers le Nord les richesses agricoles du Sud. Cela pourrait se faire avec une politique de grands travaux, à l’instar de ce qu’avait mis en place Franklin Delanoë Roosevelt avec le New Deal , en faisant des Etats Unis un vaste chantier pour la création de routes, de chemins de fer, de constructions bref il a pu réduire le chômage

On l’aura compris, cette vision du futur permettra de laisser un viatique aux générations futures, par l’épargne de ce qui reste de gaz et de pétrole Une dizaine de villes nouvelles pourrait alors changer d’une façon intelligente en valeur ajoutée le Sud par un développement de l’agriculture Pour tout projet de développement du Sud il nous faut d’abord une vision du futur crédible avec un SNAT Spécifique aux provinces du Sud des compétences avérées . L’aspect financier sera de loin moins important que ce qui est prévu . Quand aux résultats, c’est une seconde Californie que nous pourrions mettre en œuvre Il n’y aura plus alors de régions en retard. L’informatique, la e-administration l’intelligence artificielle permettront à l’Algérie de rentrer de plein pied dans la 3e Révolution industrielle

1.https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_wilayas_d%27Alg%C3%A9rie

2.https://www.lexpressiondz.com/nationale/l-algerie-en-a-t-elle-les-moyens-324180 Interview Professeur Chems Eddine Chitour

Professeur Chems Eddine Chitour
Ecole Polytechnique Alger



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