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7 December 2019

Peugeot Citroen Fiat Chrysler, combattre les fusions capitalistes transnationales, nationaliser et réindustrialiser. — Georges Gastaud



Après la fusion annoncée, puis annulée ou ajournée, de Renault avec une entreprise étrangère, après l’ouverture de négociations visant à remettre à FINCANTIERI, son concurrent historique, les clés des Chantiers navals de St-Nazaire (devenus STX), après le démantèlement-catastrophe d’Alsthom (constructeur historique du TGV) et sa vente à la découpe à son concurrent et liquidateur, l’Américain General Electrics, les médias nous annoncent, avec tout l’ « esprit critique » qui les caractérise, la prochaine fusion de Peugeot SA et de Fiat-Chrysler.

Les fusions capitalistes transnationales sont un désastre pour la démocratie.

Quoi ! est-il normal que les négociations portant sur deux géants de l’emploi en France, en Italie et aux EU aient été menées dans le dos des peuples concernés (que font les « journalistes d’investigation » des grands médias, soit dit en passant ?) et que l’accord soit annoncé au moment même où il ne reste plus qu’à le parapher devant les caméras ? De manière générale, ce déni total de démocratie dans le domaine central qui conditionne la vie des sociétés – le travail et la production – est inséparable de la propriété privée des grands moyens de production : ce levier majeur donne tout pouvoir sur nos destinées aux grands capitalistes qui possèdent les actions, l’accès à de juteux dividendes et donc le droit de vie et de mort sur les ressources de millions de gens.

Quant aux annonces de Bruno Lemaire déclarant, au nom du gouvernement, qu’il sera « très vigilant sur l’emploi », elles sont plus inquiétantes que rassurantes car cet individu et son prédécesseur Macron (ex-ministre de Hollande) ont déjà fait des déclarations analogues à propos du devenir de la sidérurgie française (enterrée), des sociétés d’aviation récemment mises en faillite, d’Alsthom, de GMS, et l’on a vu le désastre qui a suivi pour l’emploi industriel. Comment le gouvernement du capital pourrait-il contrer un tant soit peu les affaires entre capitalistes alors que lui-même est totalement dépendant de cette classe et qu’il lui doit tout, y compris le financement de ses campagnes ; sans oublier sa popularité artificiellement construite par les grands médias possédés, rappelons-le, par neuf milliardaires français ?

Les fusions capitalistes transnationales sont un désastre pour l’emploi industriel

A chaque fois c’est le même coup, on nous invite à croire que les fusions capitalistes vont permettre aux « champions français » de « gagner » à l’échelle du monde. En réalité, lesdits géants « français » commencent par cesser de l’être (les PDG du CAC-40 vivent surtout à New York, parlent anglais en famille et se dépêchent de placer l’essentiel des usines à l’étranger pour les mettre à l’abri du fisc français et d’une future nationalisation…) ; puis, régulièrement, c’est les Nissan qui mangent les Renault comme on l’a vu avec la lamentable affaire du flibustier international Carlos Ghosne.

Rappelons qu’en France, c’est l’Etat (d’abord l’Etat royal centralisé avec Colbert, puis, sur de tout autres bases sociales, le gouvernement tripartite de 1945, qui ont construit ou reconstruit l’industrie (dont la bourgeoisie foncière, marchande ou financière se désintéressait) en se basant sur l’échelon national ; certes avec la volonté de pressurer les travailleurs, mais tout au moins en construisant un appareil productif national.

Au contraire, les fusions capitalistes transnationales des entreprises privées sont le complément obligé des euro-privatisations (EDF, SNCF, et, si on laisse faire, les caisses de Sécu et de retraite !) et elles ne servent qu’à délocaliser ce qui reste de l’activité industrielle sabotée depuis, au minimum, la signature du traité de Maastricht, voire depuis l’entre-deux-guerres pour le charbon et l’acier (voir les livres d’Annie Lacroix-Riz sur la « construction » européenne et sur les relations capitalistes franco-allemandes).

A l’aune des fusions monopolistes transnationales, que sont par exemple devenus Rhône-Poulenc ou Péchiney-Ugine-Kühlmann ? Ces ex-« champions français » ont tout bonnement… disparu ! Certes les capitalistes « français » font leurs choux gras de cette dévastation de nos industries et de cette obsolescence programmée des savoir-faire industriels français, qui plombe actuellement EDF ; mais massivement, notre classe ouvrière – ouvriers, techniciens, ingénieurs de production, dessinateurs… – est déclassée, paupérisée, insécurisée et sous-payée puisque pèse en permanence sur sa tête le spectre (et le chantage patronal !) de la délocalisation, du chômage et, pour finir, de la relégation aux minima sociaux de plus en plus faibles et « fliqués » par Pôle emploi, détourné de sa mission au service des chômeurs…

Les fusions capitalistes transnationales sont un désastre pour la nation

Certes il serait illusoire de croire que les capitalistes français qui possèdent PSA ont le moindre sens national ; et le fait que l’Etat soit co-actionnaire n’est en rien rassurant quand on sait quels intérêts représente Macron. Mais du moins les entreprises actuellement bradées restaient sous la pression directe, quasi-géographique, des populations ouvrières locales, du peuple français et des élus locaux et nationaux, fussent-ils bourgeois, qui veulent généralement être réélus… et donner le change aux populations ouvrières.

Quand Alsthom est dirigé à partir des « States » par General Electrics, que lui fait une grève dure menée dans l’Hexagone ou la proximité des prochaines élections locales ou nationales dans ce lointain et petit pays « exotique » ?

Et surtout, une fois que la fusion capitaliste a permis de « minorer les coûts » (= tailler dans l’emploi productif, réaliser des économies d’échelles, diviser par deux les équipes de recherche-développement et de démarchage…), de briser l’emploi dans les centres historiquement les plus contestataires (après la fermeture politiquement stratégique de Renault-Billancourt par Rocard, que deviendra l’usine PSA de Montbéliard-Sochaux ?), il faut ensuite importer en France ce qui était fabriqué auparavant dans notre pays à plus haut coût salarial, social et écologique.

Qui gagne ?

Ni les travailleurs français, précarisés, ni les travailleurs étrangers, surexploités, ni l’environnement, ENCORE PLUS saccagé, ni la qualité de l’air et de l’eau (encore plus de transport maritime et routier !), mais uniquement MM. les capitalistes qui dopent leurs surprofits, accroissent le moins-disant social partout et paralysent du même coup la contestation ouvrière.

Les fusions capitalistes transnationales sont un désastre pour l’avenir du socialisme dans notre pays. Car si sous prétexte de faux internationalisme, pour ne pas remettre en cause la sacro-sainte et mensongère « Europe sociale »-bidon des capitalistes, des euro-réformistes et des euro-gauchistes, nous ne combattons pas les euro- et les mondo-fusions capitalistes, comment une France franchement insoumise impulsée demain par un parti franchement communiste enfin reconstruit et par une CGT de combat enfin ressourcée pourra-t-elle nationaliser démocratiquement, puis socialiser (le pouvoir aux travailleurs du haut en bas de la société !) les grands moyens d’échange et de production sans lesquels le socialisme, sans parler de l’ « autogestion », ne sont qu’une étiquette trompeuse, qu’une contrefaçon social-démocrate ?

Comment pourrons-nous reconstruire sur des bases éco-compatibles le produire en France industriel et agricole en redonnant un emploi digne à chaque concitoyen, à chaque jeune ? Comment pourrons-nous faire baisser la facture des importations, exporter à nouveau autre chose que du vin et des parfums ? En un mot, reconstruire notre pays sur des bases prolétariennes, populaires et socialistes ?

Nationaliser et sortir de l’UE par la porte à gauche !

Le PRCF appelle donc à amplifier la campagne contre les euro-fusions, contre les euro-privatisations qui sont leur pendant naturel, pour la nationalisation démocratique des secteurs-clés de l’économie, grande industrie et banque notamment ; et pour cela, à militer franchement pour la sortie de cette UE et de cet euro de malheur qui sont autant de colliers-étrangleurs passés au cou de la France libre, souveraine, démocratique et populaire en marche vers le socialisme que nous voulons.

Dans l’immédiat, exigeons la nationalisation de PSA, la constitution d’une filière franco-française de l’automobile et de la machine-outil dont Renault nationalisé par le gouvernement de 1945 était le principal support avant la destruction de l’usine de Billancourt, épicentre de la grève de mai 1968 et sacrifiée par les capitalistes et par la social-démocratie rocardo-mitterrandienne pour de sordides raisons de classe confinant à la trahison nationale.





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