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24 septembre 2020

Combattre l’anticommunisme et l’euro-fascisation. L’appel des JRCF — Manon- JRCF



Chers camarades,

Le rassemblement qui se tient aujourd’hui devant l’ambassade de Pologne, et où vous avez eu le courage de répondre présent, n’est pas un événement anodin. Si le funeste projet de l’Union européenne devait arriver à son terme, si la résolution pour l’instant simplement déclaratoire devait trouver une expression juridique contraignante, toute manifestation de ce type sera bientôt proscrite. Et les banderoles que vous voyez autour de vous, les chants révolutionnaires nés du sang et des luttes du prolétariat que vous entonnez, la simple lutte contre le joug capitaliste qui écrase plus que jamais nos concitoyens seront criminalisés.

On parle beaucoup ces temps-ci de totalitarisme. On voudrait nous faire croire que les deux ennemis qui s’écharpèrent pendant de longs mois à Stalingrad étaient en réalité frères d’infamie, que la dictature nazie n’avait d’égal que l’ignoble autocratie stalinienne, qui la dépasserait peut être même en violence, en terreur, en arbitraire. On nous assène, à la télévision comme à l’école, depuis notre enfance, que le seul système politique acceptable est celui de la démocratie bourgeoise, en ce qu’il est le garant des droits et liberté et bien entendu le seul rempart à la fascisation qui sourd de Rio à Manille en passant par Budapest.

Mais c’est pourtant d’un gouvernement populiste, celui de la Pologne de Droit et Justice, que provient l’initiative contre laquelle nous sommes ici rassemblés ! L’Union européenne tolère vraisemblablement davantage les gouvernements autoritaires d’extrême droite que les défenseurs des intérêts de la classe ouvrière. Elle ne s’émeut pas qu’on tire sur la population quand cette dernière réclame de meilleures conditions de vie, comme on l’a vu avec la crise des gilets jaunes où elle s’est illustrée par son silence ; et la défense des droits et libertés, parait-il inscrite dans son ADN libéral, ne saurait s’intéresser aux persécutions que subissent aujourd’hui les communistes polonais implacablement traqués ou les habitants du Donbass, forcés de vivre dans des caves. Ces démocrates de parole, dignes héritiers des munichois, aiment à brandir le pacte Molotov-Ribbentrop comme un symbole pour nous faire taire, mais l’autoritarisme, les persécutions politiques, la négation de la démocratie, de quels côtés sont-ils ? La chose est claire aujourd’hui !

Elle l’était déjà il y a trente ans jours pour jours lorsque la République Fédérale Allemande annexait, au mépris du droit international, la République Démocratique Allemande dont le peuple, s’il était agacé par certaines dérives de l’ère gorbatchévienne, ne réclamait certainement pas le chômage, le pillage de son industrie et le capitalisme. Au-delà de la propagande, demandez un peu aux anciens « Ossies » ce qu’ils pensent de cette « liberté retrouvée » depuis la chute du Mur. Considérons quelques temps les conditions de vie des travailleurs sous le socialisme réel, et particulièrement celles de la jeunesse.

Jeunes européens, on vous apprend pendant des années sur les bancs de l’école, nous l’avons dit tout à l’heure, que les démocraties populaires n’étaient que des dictatures où une population aux abois vivait dans la peur et dans la misère ; que seule l’Europe d’aujourd’hui garantit la démocratie et la prospérité. Mais savez-vous, camarades, que dans la RDA honnie, aucun étudiant ne devait travailler pour financer ses études ? La scolarité de plus de 80% d’entre eux était intégralement financée par l’Etat, université incluse, et ils étaient assurés, une fois leur diplôme obtenu, de trouver un emploi rémunérateur correspondant réellement à leurs compétences. Sont ils nombreux ceux qui, dans l’Europe capitaliste, peuvent en dire autant ? Quant aux jeunes travailleurs, loin de l’exploitation des stages non-rémunérés et de l’apprentissage qui vous soumet au bon vouloir d’un patron, ils bénéficiaient d’un régime dérogatoire et d’une stabilité remarquable qui leur permettait d’acquérir rapidement une indépendance à l’égard de leurs parents à laquelle si peu d’entre nous peuvent aujourd’hui prétendre. Dans les pays capitalistes, trouver un logement lorsqu’on est jeune est un processus interminable, et nombre d’entre nous ne peuvent s’en sortir sans l’aide de leur famille. En RDA, le logement était attribué strictement selon les besoins des familles qui en faisaient la demande et les charges qui grèvent nos loyers, celles du chauffage et de l’électricité, étaient d’une modicité telle qu’on pouvait les compter pour parfaitement négligeables.

Est-ce là votre vision de l’enfer ? Ne serait-ce pas une situation enviable au regard de nos conditions de vie précaires actuelles ? Pourquoi l’Union européenne et les démocraties prétendument libérales ont-elles donc fait de la lutte contre le socialisme, et plus particulièrement contre le socialisme réel tel qu’il s’est exercé dans les démocraties populaires des décennies durant, leur cheval de bataille ?

C’est parce qu’ils ont parfaitement conscience, camarades, que le marxisme léninisme est leur véritable ennemi. C’est pour cela que sous couvert de lutte contre le totalitarisme, ils ne veulent en réalité criminaliser que le camp socialiste. Ils savent très bien qu’il bénéficie à l’immense majorité de la population et que dans les temps qui courent, où une nouvelle crise financière peut éclater d’un moment à l’autre et où le peuple prend conscience de la dureté de son exploitation, le capitalisme n’en a plus pour longtemps. Ils ont peur, en un mot, du communisme parce qu’il est le seul système qui a su se débarrasser des exploiteurs à qui nous devons notre misère actuelle.

Les thuriféraires benêts de l’Europe sociale, dont certains se prétendent encore communistes, ne peuvent désormais plus tergiverser. Une barricade n’a que deux côtés et l’Union européenne a montré aux derniers naïfs où allait son allégeance. Le combat pour le socialisme et celui pour la sortie de l’Union européenne ne font qu’un, c’est dorénavant tout à fait clair. La JRCF le mènera en toute conscience parce qu’il en va de non seulement de notre intérêt mais de notre survie.

Non à la criminalisation des expériences socialistes !

Vive le socialisme ! Vive le Frexit progressiste !





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