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23 septembre 2020

La révolution politique en Algérie.



La révolution politique en Algérie.

Le 1er Novembre est un grand événement dans l’histoire du peuple algérien puisqu’il marque le début du déclenchement de notre glorieuse lutte de libération nationale. Le Front de Libération Nationale (le représentant à l’époque les forces vives du peuple algérien) avait pris la responsabilité devant le peuple et l’histoire de déclencher la lutte armée pour chasser à jamais de la terre algérienne l’odieux et atroce système colonial. Au prix du sang et des larmes et de l’espérance le peuple algérien a fini par arracher à l’impérialisme français son indépendance politique, le 5 juillet 1962.

Maintenant, venons-en directement sans transition à la période actuelle en Algérie. L’irruption spontanée de la colère populaire du 22 février 2019, qui dure jusqu’à ce jour, à mis un coup d’arrêt au naufrage programmé du pays par la clique de l’autocrate Bouteflika, juste à temps. Depuis lors les masses sont en effervescences ; elles exigent la démocratisation de la vie nationale. La chute de l’autocrate, l’emprisonnement de certains oligarques, politiciens et fonctionnaires véreux n’ont pas apportés le changement voulu par la masse du peuple. La politique de Bouteflika se poursuit et s’aggrave (exemples, la proposition loi sur les hydrocarbures. Le ministre de l’énergie a reconnu sans honte et sans rougir que le projet de loi a été rédigé en «étroite collaboration» avec les compagnies pétrolières. La volonté de supprimer la règle du 51/49 qui «protège» les entreprises algériennes de leur absorption par les entreprises étrangères) sans Bouteflika.

Les conséquences matérielles et psychiques qui ont provoquées l’explosion de colère au sein de la population sont connues. Elles découlent de l’accumulation des contradictions de classes au sein de la société algérienne. La plate-forme qu’ont signée les partis de l’alternative démocratique (sept partis politiques de tendance libérale, social-démocrate et opportuniste) parle essentiellement de liberté et élude les revendications économiques pressantes des masses laborieuses. Cela au motif qu’il faut faire tomber le régime avant de poser ces revendications économiques. Ce qui signifie tout simplement que ces partis souhaitent une révolution politique qui change les institutions et ne touche pas au mode de production capitaliste. Cette démarche de type foncièrement réformiste vise à frayer la voie à une république constitutionnelle, comme dans les pays capitalistes avancés, sous l’appellation «Etat de droit» ou «2e République».

Dans ces pays dits «d’Etat de droit» ne disparait pas l’exploitation de l’homme par l’homme, ni l’accroissement criant des inégalités sociales, ni le chômage, ni la pauvreté ni la misère, etc. L’«Etat de droit» en question signifie un régime politique idéal au service de tous, exploiteurs comme exploités, riches comme pauvres. Or, cette conception est une conception idéaliste de la liberté qui incite les travailleurs à lutter avec leurs ennemis de classe, à s’unir avec eux, à attendre que ceux-ci leurs concèdent la liberté. Nous devons rappeler sans cesse cette vérité dite «élémentaire» pour montrer que les ouvriers doivent lutter contre le régime capitaliste et lutter pour démocratiser le régime politique du pays. Nous ne cessons de le répéter ceux-ci ont le devoir de former un parti à eux opposé sur le plan idéologique, programmatique et organique aux autres partis politiques de tendances libérales, conservateurs ou réactionnaires. Ce parti prendra la tête des luttes pour transformer l’actuelle guerre économique en une lutte de classe consciente susceptible de l’élever la classe ouvrière algérienne au rang d’avant-garde contre la bourgeoisie et son Etat. Cette dernière soumise à l’impérialisme mondial a tiré définitivement un trait sur l’avenir indépendant et souverain du pays.

La persistance du mouvement populaire qui reste pacifique (alors qu’il essuie coercition sur coercition) fait si peur à l’armée que celle-ci ordonne aux juges d’inculper et d’incarcérer des opposants pour des motifs ou propos plus ou moins futiles (comme brandir le drapeau amazigh ou critiquer les intrigues et manœuvres de l’armée pour ramener «la paix civile»). Chaque jour l’appareil judiciaire invente de nouveaux délits inconnus, jusqu’alors du code pénal, et étend au de-là du possible les interprétations du code. Cependant, ces méthodes répressives s’avèrent inefficaces puisque la contestation populaire se poursuit au même rythme et à la même allure qu’au début. La tenue d’une élection présidentielle le 12 décembre prochain est une «habille» manœuvre du pouvoir en place pour éteindre le mouvement populaire. Le mot d’ordre de boycott de la prochaine élection présidentielle est juste en raison de la période de la lutte actuelle pleine de vie, riche de contenu progressiste et grand par sa signification politique et historique.

Pourquoi que le mot d’ordre central du mouvement «qu’ils partent tous», c’est-à-dire la classe politique qui a servi la clique de l’autocrate Bouteflika restera «creux» et vide de sens s’il n’est pas lié à l’adoption par le mouvement populaire d’un plan d’organisation et un plan d’action régénérateur de la vie politique et économique du pays. Pour fonder un Etat dit de droit ou une 2e république, il faut absolument une Assemblée de représentants du peuple, élue nécessairement par ce peuple, une Assemblée constituante. Pour instituer un nouveau régime exprimant «réellement la volonté du peuple», il ne suffit pas de le déclarer de nom, mais de fait. Pour éviter toute déformation opportuniste du sens réel de ce mot d’ordre il faut encore dire que cette Assemblée constituante ait le pouvoir et la force de «constituer» un nouvel ordre politique et social.

Un autre aspect de la situation concerne la lutte des classes opposant le prolétariat à la bourgeoisie est obstrué par «le populisme» ambiant. Les classes intermédiaires (petites bourgeoisies et couches moyennes) ne souhaitent pas que la révolution démocratique aborde les tâches d’une révolution économique. Nous ne devons pas nous taire sur cette lacune, mais au contraire la poser sur la table afin qu’elle soit déjouée par celles et ceux qui ne se satisfont pas du mode de production capitaliste. Loin d’être un élément de discorde et de désaccord elle permettra de faire le tri entre le bon grain et l’ivraie, de préparer les conditions de la libération générale des travailleurs algériens par un régime démocrate-révolutionnaire, dirigé par la classe ouvrière et le peuple travailleur.

Le 1er novembre 2019.
Salah Sakhri



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