Go to ...
RSS Feed

20 November 2019

«J’en ai marre d’avoir peur»



«J’en ai marre d’avoir peur» : elles portent le voile en France et nous racontent

Par Robin Korda et Cyril Simon, Le Parisien, S. 19/10/2019 à 14:43
Elles ont de 19 à 55 ans, habitent aux quatre coins de la France et ne se connaissent pas. Sarah, Zouna, Sabrina, Hind, Safia et Inès ont pour point commun d’assister, souvent lasses, au retour d’un débat qui les concerne mais auquel elles ne sont presque jamais invitées à prendre part.

Aucune n’a vécu pareille « humiliation ». Mais toutes dénoncent le climat qui « pèse » sur elles, notamment depuis les attentats de 2015. Alors que la controverse sur le voile resurgit après l’esclandre d’un élu du Rassemblement national à l’encontre d’une accompagnatrice scolaire, nous avons échangé avec six de ces citoyennes françaises qui assistent, comme souvent, au retour d’un débat qui les concerne mais auquel elles ne sont presque jamais invitées à prendre part.

Les regards dans le métro, les polémiques, les inquiétudes… Sarah, Zouna, Sabrina, Hind, Safia et Inès* ont accepté de raconter leur quotidien. Aucune n’a accepté d’apparaître en photo. D’autres, avant elles, ont refusé de témoigner.

Par « pudeur ». Par crainte de subir des campagnes de haine. Par peur, aussi, de voir leurs mots dévoyés dans des médias auxquels elles n’ont plus toujours confiance. Ces séquences polémiques, au cours desquelles elles ne se sentent pas représentées, y participent. Et rendent, au gré d’un cercle vicieux qui ne dit pas son nom, leur parole encore plus rare.
« À chaque polémique, le voile est plus lourd à porter »

Plus tard, Sarah rêve d’ouvrir son propre cabinet, et glisse qu’elle pourra concilier le port du voile et sa vie professionnelle. A 19 ans, elle est étudiante en licence de psychologie à Nanterre (Hauts-de-Seine). Elle vit à Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis).

« J’ai commencé à porter le voile à 14 ans, de moi-même. Ma mère, convertie, porte aussi le voile, tout comme les femmes des familles autour de nous. Je me suis questionnée sur ce que ça signifiait, si je le voulais, etc. Pour moi, c’est un lien avec Dieu, ça fait partie de moi.

Je ne m’attendais pas spécialement à des réactions, je crois que j’étais naïve. Ce qui m’a d’abord frappée, ce sont les regards hostiles dans les transports. En tant que femme, on doit déjà faire preuve de vigilance. Avec le voile, c’est redoublé. Mon père est souvent inquiet, j’essaye de le rassurer. Mais à chaque polémique, le voile est plus lourd à porter.

Le message véhiculé sur le voile n’a rien à voir avec notre réalité. Le pire, c’est que ça finit par influencer l’opinion des gens. On me demande parfois si on m’a imposé le voile ou non, sans mauvaise arrière-pensée, sans réaliser que c’est grave de soupçonner ça. Bien sûr, ce genre de cas existe, surtout à l’étranger, et ça me brise le cœur. Mais nous, on n’est pas les porte-parole de toutes les musulmanes dans le monde qui portent le voile.

J’ai l’impression que les hommes politiques préfèrent parler du voile plutôt que d’être interrogés sur les vrais problèmes de notre société. Quitte à faire des musulmans des boucs émissaires.

C’est cyclique. On accueille ça en se disant : “Ah, encore…”. On en rigole parfois. Mais c’est fatigant. Parler de nous à la troisième personne, ça nous déshumanise. Mais je n’ai pas envie de plier, je n’ai rien fait de mal. »
« Il faut se faire discrète »

Zouna, 55 ans, travaille comme agent territorial spécialisé dans une école maternelle à Paris. Cette mère de trois enfants, habitante de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), enlève son voile tous les matins en arrivant au travail.

« Je pense que le climat est pire qu’avant. On mélange tout maintenant. On n’y est pour rien, dans les drames qui se sont passés. On a pleuré comme tout le monde ! Aujourd’hui, il y a des regards un peu gênants, parfois même méchants dans le métro. Moi, je ne réponds jamais.

J’essaie de donner l’exemple, notamment avec mes enfants. L’éducation, c’est plus important que porter ou pas porter le voile. Ici, beaucoup pensent qu’une femme voilée n’est pas cultivée, qu’elle n’a aucun diplôme et qu’elle ne fait que s’occuper de ses enfants au foyer.

Je porte le voile (un turban précisément, NDLR) depuis mes 22 ans mais en France, je ne porte plus de djellaba. Comme pour le ramadan et la prière, je pense qu’il faut se faire discrète avec le voile. Cela passe par le fait de faire attention lors des sorties scolaires. Je me souviens de la réaction d’un enfant de trois ans une fois après avoir vu une femme voilée vêtue d’une robe noire. Il a dit que c’était Zorro, il avait vraiment peur…

Certaines jeunes femmes sont parfois trop revendicatives, voire dans la provocation. Avec la burqa (voile intégral notamment porté en Afghanistan et interdit dans l’espace public en France, NDLR), par exemple ».
« J’en ai marre d’avoir peur tout le temps »

Hind, 22 ans, est née à Bordeaux (Gironde). Elle prépare aujourd’hui à Lyon (Rhône) un master de sociologie.

« Mon cheminement spirituel a commencé vers mes 13-14 ans. Ma famille est musulmane. J’ai beaucoup interrogé ma foi, je me suis intéressée à d’autres religions, j’ai lu la Bible, la Torah, des textes bouddhistes ou hindouistes. Parlé avec des croyants et des responsables religieux. Peu à peu, j’ai commencé à vouloir avoir des pratiques religieuses quotidiennes, avoir un lien avec Dieu plus présent et m’affirmer en tant que musulmane. J’ai commencé à porter le voile à 16 ans. Ça me permettait aussi d’avoir un contrôle de mon image, de mon corps.

Des personnes de ma famille n’ont pas compris. Une tante a cru que j’étais sous l’emprise de mon père, à qui je n’ai jamais parlé de religion, et m’a même dit que j’allais finir en Syrie ! Il y a toujours ce truc insupportable d’infantiliser les femmes qui portent le voile, forcément manipulées par un homme. En tant que féministe, je déteste ça ! On voit tous les jours des femmes qui portent le voile. Il n’y a pas d’excuse à cette ignorance.

Très vite, en portant le voile, j’ai été confrontée à l’islamophobie. C’est un symbole visible de l’islam. Alors on se demande si on est en sécurité. Si quelqu’un me regarde longtemps, dans les transports par exemple, je me demande tout de suite s’il n’est pas raciste, s’il y a un problème, si je crains quelque chose…

Quand je me promène, j’ai toujours des documents sur mon téléphone sur la loi et sur la laïcité, pour répondre à des gens qui pourraient me dire que mon voile est interdit. Mais j’ai le droit ! À un moment, j’avais même une petite bombe lacrymogène sur moi. J’en ai marre d’avoir peur tout le temps. Mais si je retire mon voile, là je serais vraiment soumise. »
« Je me souviens des grandes exclamations de ma voisine… »

Sabrina, âgée de 54 ans, est originaire d’Algérie. Elle travaille à Paris en tant qu’employée de maison.

« Je porte le voile depuis deux ans seulement. Pendant plus de 50 ans, j’avais les cheveux à l’air libre. Je me faisais des coupes, des colorations châtains. Je mettais le voile de temps en temps, par exemple lors du ramadan en Algérie. Et puis un jour, j’ai décidé de le garder à mon retour en France.

Je me souviens des grandes exclamations de ma voisine. Moi, je me trouve normale avec. Je trouve ça pratique quand il fait froid, et je l’enlève quand il fait vraiment trop chaud. Pour moi, c’est quelque chose qui marque mon âge, qui impose peut-être du respect. Je me suis rapprochée de mes racines mais je n’y vois pas forcément quelque chose de religieux.

C’est probablement pour ça que les débats autour du voile ne m’intéressent pas beaucoup. Je ne me sens pas vraiment concernée. Évidemment, pour la femme qui a été exclue du conseil régional, j’ai trouvé ça injuste car j’y ai vu un rejet de notre religion. Mais je comprends que certaines pratiques de l’islam puissent poser question. Ma sœur a divorcé d’un homme salafiste qui s’était mis à refuser, du jour au lendemain, de me serrer la main. Moi, j’aime la liberté : c’est pour elle que ma famille est venue en France il y a 35 ans. »
« Mon mari n’arrivait pas à y croire »

Safia est âgée de 37 ans. Née dans le Val-d’Oise, cette vendeuse habite à Paris avec son mari et ses trois enfants.

« Toutes ces polémiques m’ont peut-être encouragée à porter le voile. Vous savez, souvent, l’interdit attire. Eh bien moi, je me suis dit “Qui va m’interdire de porter le voile ? Qui va faire quoi ?” Je trouve que c’est très courageux d’être face à la société et d’exercer sa liberté. Et puis je n’avais pas spécialement envie qu’on me regarde dans la rue seulement sur mon physique. Je voulais me préserver des pervers dans le métro. Et j’ai remarqué que j’étais davantage respectée quand on m’abordait. On ne me prend pas pour une femme-objet.

Porter le voile, on ne le fait pas pour s’éclater, j’ai des cheveux magnifiques hein (rires). Avant, je mettais même des minijupes, des décolletés. Quand j’ai commencé à porter le voile, mon mari, qui m’avait connue très féminine, n’arrivait pas à y croire. Il était même un peu gêné : dans la rue, il marchait deux trois mètres derrière moi !

Dans mon quotidien, j’ai très peu de soucis à ce propos. Au final, c’est une minorité qui pourrit la France et fout la haine dans le cœur de tout le monde. Moi je travaille pour une personne de confession juive. Je côtoie de la clientèle tous les jours avec mon turban sur la tête. Cela ne m’empêche pas de faire un super chiffre d’affaires. »
« C’est sur les réseaux qu’on sent surtout les discriminations »

Inès, âgée de 21 ans, est née dans le nord de la France d’une famille musulmane pratiquante. Elle est étudiante en L3 d’anglais à Lille (Nord).

« Au quotidien, je n’ai pas vraiment de remarques. C’est sur les réseaux sociaux qu’on sent surtout les discriminations. On voit la montée des radicaux d’extrême droite. Ils ne se cachent plus. Tout le monde clame haut et fort qu’il est raciste et que la femme musulmane est soumise. Ce serait renier notre libre arbitre et nous réduire à l’état de choses…

Il faut insister sur un point : on ne porte pas le voile pour provoquer ! Mais les débats sur Twitter permettent parfois de changer les choses. J’ai le souvenir d’une conversation avec une femme qui attendait qu’on s’excuse pour les attentats terroristes. Je lui ai dit qu’on n’avait pas à s’excuser pour des gens qui salissent notre religion alors qu’on ne leur a rien demandé. On condamne totalement leur action. Eh bien cette dame avait été satisfaite de ma réponse. Ça montre que le dialogue est possible. Mais pas avec tout le monde. »

* Certains prénoms ont été modifiés.

LIRE AUSSI > « Il ne faut pas réduire l’islam à un morceau de tissu »

Voile : «Il ne faut pas réduire l’islam à un morceau de tissu»

Alors que la polémique sur le port du voile islamique repart de plus belle, nous sommes allés à la rencontre des…

Municipales et listes communautaristes: Lecornu appelle à “des fronts républicains locaux”

AFP, J. 17/10/2019 à 08:59

Le ministre chargé des Collectivités territoriales Sébastien Lecornu appelle jeudi à “des fronts républicains locaux” pour faire barrage à d’éventuelles listes communautaires lors des municipales de mars 2020, en ouvrant également le “débat” sur des conseils municipaux “totalement neutres religieusement”.

Soulignant dans un entretien au Parisien que ces listes sont “minoritaires et doivent le rester”, l’ex-LR rallié à LREM appelle toutefois à la “vigilance”, au moment où “on voit germer dans certaines villes du Nord”, mais aussi à Lyon, Paris ou Marseille “un certain nombre de candidatures potentielles dont on devine clairement l’orientation communautariste”.

Les réponses “devront être autant politiques que juridiques” selon lui, face à un phénomène “pernicieux”. Il appelle d’abord “tous les partis politiques”, y compris le sien, à “prendre leurs responsabilités devant ce fléau”, et à “faire des fronts républicains locaux dans les villes où le problème se posera”.

Les partis devront aussi “veiller à ce que leurs candidats, y compris des maires sortants, n’accueillent pas des candidatures qui posent question sur leurs listes”, et “lors de la campagne, il faudra dénoncer ceux qui seront tentés de faire rentrer sur leurs listes un certain nombre de personnalités pour draguer un vote communautaire”.

Il faudra aussi “être intraitable sur les possibles dérapages verbaux et autres atteintes aux lois de la République en matière de racisme, d’antisémitisme, de révisionnisme, avec poursuites devant les tribunaux aussi souvent que nécessaire”, ajoute M. Lecornu, en assurant que “le ministre de l’Intérieur saura prendre ses responsabilités”.

Le ministre des Collectivités s’interroge également concernant les espaces “qui doivent rester totalement neutres religieusement”: “le conseil municipal doit-il en être aussi” un, comme l’école? “Les maires et maires adjoints ne doivent-ils pas s’abstenir de tout signe religieux ostentatoire (…)”, demande-t-il, se disant “prêt à ces débats”. Aujourd’hui, la jurisprudence de la Cour de Cassation n’élargit pas aux conseillers municipaux le devoir de neutralité religieuse des agents publics.

Une fois les élections municipales passées, il s’agira également d’être “vigilants sur les actes susceptibles de remettre en cause la laïcité dans l’organisation des services publics”, souligne le ministre, qui suggère également de “démettre” des maires violant les principes de laïcité. M. Lecornu plaide pour “un renforcement et une systématisation du contrôle de légalité pour casser les décisions non respectueuses de la loi” et la suspension des maires “qui se livreraient à des atteintes caractérisées à la laïcité et qui détourneraient leurs pouvoirs de police”. “Si certains vont trop loin ou de manière trop répétée, n’excluons pas de les démettre.”
Interrogé pour savoir s’il ne craint pas la stigmatisation de la communauté musulmane, il estime qu'”au contraire (…) c’est pour éviter les caricatures et les stigmatisations scandaleuses” qu’il faut être “intraitable sur l’islamisme politique” et sur “toute forme de détournement d’une religion à des fins politiques.”

Hijab de running : quand le Washington Post se paie la France

Par CNEWS – mercredi le 27/02/2019 à 11:15

Vue des Etats-Unis, la polémique sur le «hijab de running» que l’enseigne Decathlon a renoncé à commercialiser suite à la levée de boucliers suscitée, semble bien étrange. Le Washington Post a ainsi qualifié l’affaire de «ridicule».

«Une nouvelle fois, la France s’est plongée dans le ridicule en parlant des vêtements que les femmes musulmanes peuvent choisir de porter ou non», peut-on lire dans l’article consacré à la polémique, rédigé par le correspondant du quotidien à Paris, James McAuley. «Les vêtements que les femmes musulmanes choisissent de porter sont un sujet à polémiques en France, une société officiellement laïque qui interdit tout signe et symbole religieux dans la vie publique – à l’exception, bien sûr, des crèches et des sapins de Noël qui décorent les mairies en hiver», poursuit le journaliste.

Après avoir rappelé l’origine de la polémique, James McAuley compare l’affaire à celle du «burkini», qui avait déjà suscité de vifs débats en France à l’été 2016. Et il explique, de manière ironique, que d’une simple polémique sur Twitter cela est désormais devenu «une affaire d’Etat», à laquelle les principaux responsables politiques du pays participent désormais.

L’hypocrisie française pointée du doigt

Le journaliste cite ensuite Laura Youkana, porte-parole de l’organisation musulmane et féministe «Lallab», selon laquelle l’affaire met en lumière «d’énormes contradictions», car le fameux hijab de running était destiné au départ à permettre à un plus grand nombre de femmes musulmanes de participer à la vie publique, en l’occurrence le running. «Ceux qui attaquent le hijab parlent au nom des droits de la Femme, mais c’est quelque chose qui en réalité permet aux femmes de pratiquer une activité sportive, et le sport est un moyen d’émancipation pour les femmes», explique Laura Youkana.

L’article pointe également l’hypocrisie française qui consiste à bannir les signes de religion tout en permettant les crèches et sapins de Noël dans des bâtiments publics, et à fermer les administrations durant les fêtes religieuses chrétiennes.

« Jusqu’où laisserons-nous passer la haine des musulmans ? »
Tribune
90 personnalités, parmi lesquelles Omar Sy, Céline Sciamma ou Christine Delphy, demandent à Emmanuel Macron, dans une tribune au « Monde », de condamner l’agression d’une accompagnatrice scolaire voilée.

Le Monde le 15 octobre 2019 à 15h39

Tribune. L’image a fait le tour des réseaux sociaux : celle d’une femme réconfortant dans ses bras son propre fils, en pleine assemblée plénière du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, à Dijon, après son agression verbale par un élu d’extrême droite. Si l’image nous révolte tant, c’est parce que nous en sommes tous collectivement responsables.

Ce vendredi 11 octobre, Julien Odoul, président du groupe d’extrême droite Rassemblement national, s’en est pris violemment en public à cette dame en s’adressant à la présidente de région, la socialiste Marie-Guite Dufay. « Madame la Présidente, je vais vous demander, s’il vous plaît, au nom de nos principes laïcs, de bien vouloir demander à l’accompagnatrice qui vient d’entrer dans cette salle de bien vouloir retirer son voile islamique. Nous sommes dans un bâtiment public, nous sommes dans une enceinte démocratique. Madame a tout le loisir de garder son voile chez elle, dans la rue, mais pas ici, pas aujourd’hui. (…) C’est la République, c’est la laïcité. C’est la loi de la République, pas de signe ostentatoire. (…) C’est une provocation insupportable, la vigilance citoyenne, c’est aussi ça, madame la Présidente. » Juste avant de quitter l’assemblée comme il avait menacé de le faire, l’élu d’extrême droite a lancé : « On ne peut pas débuter la session par une minute de silence pour les victimes de la Préfecture de police et accepter ça. »

“Jusqu’où laisserons-nous passer la haine des musulmans?”: 90 personnalités s’indignent devant l’agression subie par une maman voilée

Plus de cinq jours après l’humiliation publique intolérable subie par une accompagnatrice d’enfants voilée au sein du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, de la part de Julien Odoul, l’élu RN de la honte, la saine indignation générale ne retombe pas.

Alors que le Premier ministre Edouard Philippe s’est évertué hier, mardi 15 octobre, devant l’Assemblée nationale, à désamorcer la énième polémique passionnelle autour du voile savamment montée en épingle, réaffirmant la primauté de la loi sur la loi d’exception anti-musulmans que certains appellent de leurs vœux, 90 personnalités, parmi lesquelles figurent Omar Sy, Céline Sciamma, Christine Delphy, Marina Foïs, les membres fondateurs de Zebda (Hakim et Mustapha Amokrane), Nekfeu, des journalistes, des sportifs, des chercheurs et autres sociologues, s’insurgeaient au même moment, dans une tribune publiée dans « Le Monde », contre l’exacerbation de l’islamophobie sans garde-fous : « Jusqu’où laisserons-nous passer la haine des musulmans ? ».

« On peut porter un voile quand on accompagne une sortie scolaire mais on n’a pas le droit de faire du prosélytisme et les autorités peuvent et doivent intervenir si tel est le cas », a déclaré Edouard Philippe, affirmant que la loi n’avait pas besoin d’être changée en la matière. « Je ne pense pas, pour ma part, que l’enjeu aujourd’hui ce soit de faire une loi sur les accompagnants scolaires », a-t-il estimé, en réponse aux parlementaires Les Républicains (LR) désireux de légiférer à tout prix…

Dans leur tribune, ces 90 personnalités indignées ont tenu, avec la même vigueur, à témoigner leur soutien à toutes les femmes musulmanes « portant le foulard ou non » et aux musulmans en général qui « ont toute leur place dans notre société », et à dénoncer la « haine et la violence inouïes » de l’ostracisme infligé à la victime expiatoire par excellence du pays des Lumières : une femme voilée.

« Jusqu’à quand allons-nous accepter que la laïcité, socle de notre République, soit instrumentalisée pour le compte d’une vision ségrégationniste, raciste, xénophobe, mortifère de notre société?», interroge le collectif, en se tournant vers l’actuel locataire de l’Elysée, tout en lui adressant un message fort : nous « refusons que nos concitoyens musulmans soient fichés, stigmatisés, dénoncés pour la simple pratique de leur religion ».

La réaction du ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer y est également épinglée, pour s’être fait le tenant d’une laïcité intransigeante, en martelant que « le voile n’est pas souhaitable dans notre société». « N’est-ce pas ici l’illustration même d’une stigmatisation assumée jusqu’au plus haut niveau?», fustige encore le collectif.



Source link

Download Nulled WordPress Themes
Download Nulled WordPress Themes
Download Best WordPress Themes Free Download
Download WordPress Themes
download udemy paid course for free

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Scroll Up