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19 November 2019

Appréciation sommaire du mouvement populaire en Algérie.



Quand le président Abdelaziz Bouteflika par la voix du FLN annonce, le 10 février 2019, sa candidature pour un cinquième mandat présidentiel consécutif, il ne pensait pas que sa décision allait provoquer une explosion de colère au sein de la population algérienne. Elle ne supportait plus d’être dirigée par un homme grabataire rivé à longueur de temps sur une chaise roulante. Cela pour les critiques de formes ! Sur le fond, le bilan d’Abdelaziz Bouteflika est apparu comme désastreux sur tous les aspects de la vie politiques, économiques, sociaux, culturels et diplomatiques. Les masses populaires lui demandent de quitter le pouvoir sans tergiverser ni aucune condition. Le prestige de l’homme tomba à terre et personne pour le ramasser.

On entend et lis dans les manifestations de chaque vendredi sur tout le territoire national pleine de belles choses comme la liberté, la démocratie, le peuple souverain, une 2e république, la fin de la tyrannie, etc. Ici, en l’occurrence il ne s’agit pas de parler. Pour réaliser toutes ses belles choses, il n’y a qu’un moyen : arracher le pouvoir aux mains de la classe dominante pour assurer le pain, le travail, la liberté et le pouvoir au peuple laborieux.

Le peuple algérien est en train d’achever les tâches de la révolution démocratique que le FLN n’a pas su résoudre durant ses 57 années de pouvoir. La lutte qui se déroule actuellement à une base sociale large, hétérogène socialement, idéologiquement et politiquement. C’est une mobilisation populaire, non de la classe ouvrière, à l’échelle nationale. C’est un mouvement de redressement national.

Enfin, on peut ajouter que l’ancien président Bouteflika n’a pas été «totalitaire» avec tout le monde : il a été «généreux» avec les islamistes et les trotskistes algériens. Les islamistes ont partagés le pouvoir avec lui et les trotskistes (du Parti des Travailleurs) ont obtenu respectivement 24 sièges en 2012 et 11 sièges en 2017 au Parlement. Leur égérie Louisa Hanoune (porte-parole du PT) dort en prison en compagnie d’une brochette de politiciens et affairistes véreux proches du président déchu.

Aujourd’hui, le mouvement populaire poursuit opiniâtrement sa lutte pour le départ de tous les hommes honnis de l’ancien régime. C’est avec ces éléments que les partis de «l’Alliance présidentielle» purent se soutenir les uns et les autres au dépend des intérêts du pays et du peuple laborieux. Le refus de l’immixtion de l’armée dans la vie politique, l’exigence d’un changement de régime ; c’est-à-dire conforme aux aspirations démocratiques et aux revendications économiques des masses populaires, une transition démocratique, etc.,…restent les points cruciaux qui alimentent la contestation populaire.

La durée et l’ampleur de cette contestation suscite et attise l’inquiétude des médias bourgeois des pays impérialistes…ils commencent à réclamer, pour le moment sans bruits, une sortie de crise. Ils trouvent «impardonnable» que l’Algérie se trouve «sans gouvernement légitime» ce qui «pénalise» leurs juteux profits. La mauvaise situation économique du pays (auquel ils portent une lourde responsabilité) ne les intéresse pas ainsi que le sort misérable de masses laborieuses. Ce qui les intéresse c’est que l’Algérie continue d’approvisionner leur économie en pétrole et en gaz.
L’irruption mouvement populaire, a indéniablement ébranlé l’Etat et sa machine bureaucratique, mais il s’est ressaisi. Le président et le gouvernement (sans aucune légitimité populaire. Pour le moment c’est l’état d’exception institutionnelle qui domine) prennent des décisions économiques qui impactent négativement le quotidien des Algériens.
L’étouffement des libertés démocratiques élémentaires continue ainsi que l’emprisonnement de manifestants portant l’emblème amazigh. L’opération anti-corruption (engagée après la chute de l’autocrate) ne touche pas les entreprises capitalistes étrangères qui ont soudoyées et corrompus le personnel politique algérien. Les capitaux se sauvent en Occident sans que le gouvernement ne réagisse contre cette hémorragie par des mesures énergiques pour enrayer le phénomène. Idem, pour Bouteflika à qui on n’a pas touché un seul cheveu.
Les biens de tous les politiciens bourgeois, affairistes, des capitalistes algériens et étrangers, qui ont plongés le pays dans la ruine économique, doivent être confisqués et nationalisés sans indemnités. Seul un gouvernement révolutionnaire ayant la confiance du peuple et lié au peuple peut entreprendre une telle opération d’assainissement de la vie économique du pays. C’est une nécessité qui doit être comprise comme telle !
La mise sur pied de l’instance officielle dite «Panel de dialogue» lui aussi rejeté par le mouvement populaire participe à la volonté d’organiser rapidement une élection présidentielle (massivement rejetée par l’opinion publique) pour «éteindre» la contestation populaire. Elle devrait avoir lieu au mois de décembre de cette année ! Qu’est-ce qui est essentiel pour les travailleurs d’Algérie, pour les ouvriers qui font grève et qui manifestent pour le changement de régime ? C’est l’augmentation des salaires, le blocage des prix des produits de premières nécessités pour soulager la situation matérielle, intenable, des masses populaires, c’est «du pain et du travail» pour la masse toujours plus grande de chômeurs. Pour satisfaire ces revendications élémentaires des masses, il faut aller à l’encontre des intérêts des capitalistes algériens et étrangers, des banquiers, il faut aller à l’encontre du profit, il faut fouler aux pieds le droit à la sacro-sainte propriété privée des moyens de production et d’échanges. Cela la république bourgeoise ne veut et ne peut le faire. Elle est au fond la république des industriels et des capitalistes.
Le refus de se doter d’institutions politiques propres, en dehors de celles de l’Etat, constitue une grave lacune du mouvement populaire ! Aujourd’hui, cette lacune commence à être réparée avec l’appel des signataires du Pacte d’Alternative Démocratique (Ce Pacte a été signé le 26 juin 2109 par les sept partis politiques suivants : PT et PST, FFS, MDS, PLD, UCP et la ligue des droits de l’homme) au mouvement populaire pour s’organiser en comités de bases. Mieux vaut tard que jamais. Dira-t-on ! Ce pas en avant signifie que les partis progressistes composants le PAD ont dépassés la vieille conception (de type anarchiste) que le peuple peut vaincre ses exploiteurs et oppresseurs sans un état major politique de combat, sans un véritable Front populaire, sans une stratégie et une tactique qui orientent le mouvement à travers les situations les plus complexes.
Marx avait émis en son temps la thèse remarquable sur la position tactique des ouvriers en ce qui concerne leurs alliés provisoires dans la révolution démocratique : marcher de front avec la petite bourgeoisie contre les fractions qu’ils veulent renverser ; ils interviennent contre elle sur tous les terrains où elle voudrait se consolider au sein du peuple.
Tactique, ho, combien fertile pour opérer de façon positive sur les différentes étapes du développement social. La force révolutionnaire (le communisme) qui mènera jusqu’au bout cette tactique révolutionnaire reste à rebâtir en Algérie. C’est la solution assurée et ferme pour arriver rapidement et avec le moins de dégâts possibles à l’autre rive.

Salah Sakhri
Le 11 septembre 2019



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