Dans ce même numéro, L’Express relève des extraits de textes qui accompagnent ces illustrations à caractère clairement négationniste : «Chacun sait que les camps n’ont jamais existé». Ainsi qu’une charge virulente contre l’essayiste Bernard-Henri Lévy, qualifié de «philosopheux et sodomite sioniste au nez long, dont le crâne n’a pas été rasé par les amis d’Adolf». Ce même BHL qui, quelques années plus tard, introduira Yann Moix dans les cercles littéraires en le présentant à l’éditeur Grasset, les deux hommes écrivant en outre dans la revue La Règle du jeu, fondée par BHL.

Contacté par L’Express, Yann Moix reconnaît être l’auteur de ces dessins, dit regretter des «pages abjectes», mais affirme n’avoir écrit aucun texte. «Pourtant, on identifie sans peine son écriture dans certaines pages manuscrites de la publication, notamment la très longue tirade antisémite et négationniste du numéro 1», explique pourtant L’Express. Réponse de Yann Moix : il assure qu’il «s’est contenté de recopier ce texte d’un tiers, son écriture étant la plus lisible de la petite équipe».

«J’étais à l’époque étudiant en école de commerce et je m’ennuyais. Je rêvais, alors, de placer mes dessins dans Hara-Kiri, un journal à l’humour très noir, dirigé par le professeur Choron et Cavanna», assure-t-il encore.

Anciennes relations embarrassantes

Pour autant, la question des liens entre Yann Moix et des personnalités qualifiées de négationnistes ou révisionnistes n’est pas nouvelle. L’existence d’Ushoahia avait d’ailleurs déjà été révélée par l’écrivain Marc-Edouard Nabe dans un livre en 2017, même si aucune image n’était alors disponible. Yann Moix, en outre, a notamment été très proche de Paul-Eric Blanrue, réalisateur du documentaire Un homme consacré au chef de file des révisionnistes Robert Faurisson, et auteur d’une Anthologie des propos contre les juifs, dont Yann Moix a écrit une préface de l’édition publiée en 2007 aux éditions Blanche.

Interrogé de façon impromptue sur cette préface lors d’un salon du livre en 2014, Yann Moix avait alors préféré couper court à l’interview menée caméra au poing par le média indépendant Agence info libre (AIL).

En 2015, néanmoins, Les Inrockuptibles publiaient un portrait élogieux de Yann Moix, alors qu’il s’apprêtait à rejoindre l’émission de Laurent Ruquier, On n’est pas couchés. Questionné sur sa préface polémique, il répond : «Je trouvais ça important de montrer que même les plus grands penseurs se sont trompés».

Quant à l’interview de Robert Faurisson par son ex-ami proche, Yann Moix répond, cité par Les Inrockuptibles : «Blanrue était un des types les plus drôles que je connaisse […] On n’a jamais parlé des Juifs ensemble. Et il savait très bien que l’antisémitisme est l’inverse de ce que je suis.» Et d’affirmer au cours de cette même interview, curieusement : «Tous mes livres tournent autour du même thème : n’est-on pas un imposteur perpétuel ?»

Dans une autre interview réalisée par AIL en 2015, Paul-Eric Blanrue affirmait que Yann Moix lui aurait apporté son «soutien» pour son film sur Robert Faurisson.

https://francais.rt.com/france/65321-ushoahia-dessins-yann-moix-negationnistes-antisemites-refont-surface



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