Rédigé par notre équipe le 12 août 2019.

Le décès de Jean-Mathieu Michel, maire de Signes, serait-il à l’origine d’un électrochoc pour toute la classe politico-médiatique française ? Tué parce qu’il empêchait le déchargement illégal de gravats, ce maire modèle a versé le plus lourd tribut à une République française qui ne mérite pas son sacrifice. Car, la République ignore superbement les élus locaux et pense que tout doit se régler à l’Elysée et à Matignon. Il s’agit là d’une faute politique et à certains égards d’un crime quand dans le même temps, l’Etat promeut la permissivité et l’explosion de la délinquance.

Il y a quelques semaines encore, les médias abreuvaient le bon peuple de chiffres et d’études portant sur les élus. Des personnes mal-aimées mis à part les maires dont le travail (bon ou mauvais) se constate au quotidien. Des hommes et des femmes de terrain qu’il est possible d’approcher (sauf dans les grandes villes) et avec lesquels la discussion et les échanges ne sont pas que des slogans de campagne. Bref, les maires sont appréciés, mais eux apprécient de moins en moins leur mission tant les obstacles qui sont dressés devant eux deviennent insurmontables.

Punching balls d’une société de plus en plus violente

Outre les règlementations toujours plus difficiles à comprendre auxquelles il faut se conformer, les maires font face à un mal qui ronge la société depuis de nombreuses années et qui s’est fortement renforcé depuis peu : les incivilités et les violences. Il est devenu quasi-impossible de faire régner l’ordre ou de prendre la moindre décision sans voir des excités menacer les élus de représailles. De la question du ramassage des ordures à l’organisation d’une fête de village, tout est prétexte à menacer verbalement et physiquement des élus réellement investis de leur mission.

François Baroin, le président de l’Association des maires de France a finalement un espace médiatique pour affirmer que « les maires sont en danger ». Rien qu’en 2018, 361 maires et maires adjoints ont été victimes « d’atteintes volontaires à l’intégrité physique ». Un recensement qui n’a rien d’exhaustif et qui ne peut montrer qu’une toute petite partie de la réalité quotidienne. Vendredi dernier, le maire d’une petite commune du Puy-de-Dôme et son adjoint ont échappé à la mort. Un des habitants a tenté de leur planter un couteau de boucherie dans le lard. Quittes pour une sacrée frayeur, ils vivront avec la peur de recroiser le chemin d’un administré assuré de retrouver rapidement la liberté grâce à une justice complaisante…

De la tentative de meurtre au décès tragique d’un maire il n’y a que quelques centimètres de différence. Jean-Mathieu Michel, maire de Signes (Var) n’aura pas eu la chance d’éviter la camionnette qui lui a roulé dessus. Le conducteur est aujourd’hui entre les mains de la justice pour « homicide involontaire ». Reste à savoir si ce geste qui a coûté la vie à un homme l’était vraiment. Peut-être que le conducteur et son collègue de travail étaient aussi involontairement en train de décharger des gravats en toute illégalité ? Macron a beau promettre la plus grande sévérité à l’avenir, il ne s’agit que d’un discours de plus. Du vent. La réponse est entre les mains d’une justice laxiste qui cherche sans cesse des excuses aux fautifs et qui ignore ainsi superbement le sort des victimes. Le temps de la naïveté est révolu. Etre maire d’une petite commune est un sacerdoce qui peut aboutir à une fin tragique.



Source link

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *