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22 September 2019

Au Burkina Faso, le principal parti de l’opposition dénonce une campagne présidentielle avant l’heure




Moins d’un mois après un dialogue politique national qui aura réuni autour d’une table tous les acteurs politiques du Burkina Faso, le principal parti de l’opposition accuse le parti présidentiel de battre campagne alors qu’elle n’est pas encore officiellement ouverte. Sputnik s’est entretenu à ce sujet avec le porte-parole de l’UPC. Interview.

Dans un communiqué en date du 10 août, l’Union pour le progrès et le changement (UPC), le principal parti de l’opposition burkinabè dirigé par Zéphirin Diabré, a accusé le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), le parti présidentiel fondé en 2014 par Roch Kaboré, d’être en campagne électorale présidentielle déguisée. La campagne étant loin d’être officiellement ouverte, le parti présidentiel agirait donc dans l’illégalité. 

En effet, l’UPC s’insurge contre le fait qu’à l’occasion de la cérémonie de lancement officiel de la première édition de la Journée nationale de l’arbre du 10 août présidée par Roch Kaboré, des centaines de jeunes étaient vêtus aux couleurs et à l’effigie du chef de l’État, candidat déclaré à sa propre succession.

«Slogans, pancartes, tout était réuni pour un meeting partisan», dénonce l’UPC dans son communiqué.

Cette accusation du principal parti de l’opposition burkinabè survient moins d’un mois après des discussions politiques nationales auxquelles ont participé les partis de la majorité présidentielle et ceux de l’opposition. Au cœur de ces discussions figuraient justement la présidentielle de 2020.

En 2020, le Burkina connaitra son deuxième scrutin présidentiel depuis la chute fin octobre 2014 de Blaise Compaoré qui aura passé 27 ans au pouvoir. Ce scrutin revêt une importance particulière, car il devrait consacrer pour la première fois le vote de la diaspora — estimée par le ministère des Affaires étrangères à 11 millions de personnes à travers le monde, dont près de quatre millions, en Côte d’Ivoire — déjà reporté en 2010 puis 2015. Le nombre d’électeurs sur ces 11 millions sera déterminé au cours d’un recensement de la population prévu en 2020.

Leurs voix pouvant s’avérer déterminantes, les modalités de leur vote ont été âprement discutées lors du dialogue politique en juillet, et des points de consensus ont été trouvés. Par exemple, le vote des Burkinabè de l’extérieur ne se fera plus uniquement dans l’enceinte des ambassades et consulats généraux, comme le prévoit le code électoral, mais aussi en tout autre lieu choisi en accord avec le pays hôte.

Si «rien d’officiel n’a encore été arrêté pour l’heure, le projet d’un meeting de l’UPC à Abidjan avant la fin de l’année 2019 existe», comme l’a confié Moussa Zerbo, le porte-parole de l’UPC, dans un entretien exclusif accordé à Sputnik.

En juillet, un meeting de soutien au Président Roch Kaboré a rassemblé à Abidjan près de 3.000 personnes.

Sputnik France: Dans son communiqué du 10 août, l’UPC accuse le MPP d’avoir transformé la cérémonie de lancement de la journée nationale d’arbre en campagne présidentielle. Une telle accusation est-elle justifiée?

Moussa Zerbo: «En tant que président de la commission en charge des questions liées à l’environnement à l’Assemblée nationale, j’étais présent à cette cérémonie. Vous savez, la journée de l’arbre est une activité d’envergure nationale qui ne doit pas prendre une coloration politique, en l’occurrence celle du parti du Président. Voir des centaines de personnes vêtues de t-shirts et casquettes aux couleurs et effigies du MPP plutôt que des tenues estampillées journée nationale de l’arbre prévu pour l’occasion par le ministère de l’Environnement, était déplorable. Il est vrai que ce n’était pas les dirigeants du MPP qui ont initié cela et que c’était probablement l’œuvre de militants zélés, mais du moment où était présent le Président Roch Kaboré, qui est par ailleurs candidat déclaré à la présidentielle, nous estimons qu’il s’agit d’une campagne déguisée».

Sputnik France: Selon votre parti, la situation survenue lors de la journée nationale de l’arbre est loin d’être isolée.

Moussa Zerbo: «Tout à fait. À chaque événement d’envergure nationale, c’est pareil depuis quelque temps. Nous soupçonnons des membres du gouvernement de financer ces gadgets et actions. Puisque les gadgets publicitaires des partis sont interdits en période électorale [la loi interdit leur circulation 90 jours avant l’élection, ndlr]».

Sputnik France: l’UPC dit se réserver le droit dorénavant de riposter par tous les moyens appropriés. Qu’entendez-vous par là?

Moussa Zerbo: «Imaginez que le Président Roch Kaboré doive se rendre à un événement national dans une zone qui nous est favorable et que nous convions nos militants à se vêtir aux couleurs et à l’effigie de l’UPC. Imaginez que d’autres partis en fassent autant dans des circonstances similaires, ce serait alors de la cacophonie. Il y a plein de moyens que nous pourrions utiliser pour riposter, mais que je ne souhaite pas dévoiler ici».

Sputnik France: À propos de la présidentielle de 2020, les chiffres officiels du nombre d’électeurs, que ce soit au Burkina ou encore en Côte d’Ivoire qui abrite la diaspora la plus nombreuse, sont-ils déjà connus?

Moussa Zerbo: «Pour l’instant, il n’y a pas de chiffres officiels, sinon les anciens de la présidentielle de 2015 [5,5 millions d’électeurs, ndlr]. Il faudra donc que ces chiffres soient actualisés. Il y a un recensement général de la population qui est prévu avant la présidentielle et qui devrait sans doute s’étendre à la diaspora».

Sputnik France: Ce recensement que vous évoquez, l’utilisation de la carte consulaire comme document de vote, ce sont là autant de questions qui demeurent en suspens alors qu’on est à un an des élections présidentielles et législatives.

Moussa Zerbo: «Il ne reste pas beaucoup de temps, mais si on met les bouchées doubles, il ne devrait logiquement pas avoir de souci. Il faut juste recruter suffisamment d’agents pour assurer un travail efficace sur le terrain. Ce sera une routine vu que nous ne sommes pas à notre première organisation d’élections».

Sputnik France: Mais ce sera bien la première fois que la diaspora est appelée à jouir de son droit de vote, n’est-ce pas?

Moussa Zerbo: En effet, et c’est justement là que réside toute la difficulté de cette présidentielle à mon sens. Au sujet du vote de la diaspora, l’une des questions épineuses qui nous préoccupaient était les lieux de vote, mais nous avons trouvé un consensus lors du dialogue politique national. Le vote pourra se tenir en tout lieu choisi en accord avec le pays hôte.

 





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