Grâce aux réseaux sociaux et en particulier à Twitter, les ministres parviennent à étaler au grand jour leur médiocrité même lorsqu’ils sont en vacances et loin des caméras. La mésaventure de Muriel Pénicaud survenue ce mercredi 7 août est caractéristique du personnel politique qui est à l’œuvre depuis trop longtemps en France. Incapables de mener à bien leur mission pour la France, ils ne se privent jamais de prendre la parole et de dire ce qu’il faut penser. Malheureusement, quand l’ignorance crasse entend donner des leçons de morale et de littérature, c’est le triomphe de la bouffonnerie.

Muriel Pénicaud s’embête-t-elle en vacances ? Celle qui a un bilan lamentable dans la lutte contre le chômage et la précarité pense peut-être que les vacances pour un ministre riment avec farniente et finalement ennui. Pénicaud se tourne les pouces et s’en sert plutôt mal, car une fois arrivée sur Twitter, c’est la catastrophe assurée. Les doigts se mettent en action sous l’impulsion d’un cerveau fatigué ou tout simplement pas bien rempli. Le résultat prend ainsi la forme d’un hommage grotesque et insultant à Toni Morrisson.

Flagrant délit d’ignorance

La culture générale n’est plus une passion française ou en tout cas elle échappe à la plupart des ministres en activité. Entre l’ENA et le fric d’un côté et une culture classique de l’autre, ils ont tous choisi le premier y compris Emmanuel Macron qui fait toujours croire qu’il a été un dévoué fidèle pour ne pas dire un intime de Paul Ricoeur… Un choix compréhensible, mais qui ne doit surtout pas être caché sous des paroles vides de sens et des concepts prémâchés. A force, cela se voit. Et même très bien quand tout est affiché par la ministre du Travail en personne.

Pensant se donner un peu de hauteur en parlant littérature, Muriel Pénicaud a rendu un hommage insultant. Peu inspirée et surtout fort peu connaisseuse de la littérature, elle a écrit : « Hommage à une très grande dame, écrivaine, poète et militante, Toni Morrison. Grâce à elle, les noirs ont enfin pu entrer par la grande porte dans la littérature. Les mots réveillent les consciences et les cœurs, ils font reculer le racisme et la haine. Les mots ont un pouvoir ». Un hommage qui n’est pas passé, car faux et ignorant sans doute « James Baldwin, Chester Himes, Richard Wright, Ralph Ellison, Gwendolyn Brooks, Maya Angelou » comme lui a rappelé un autre utilisateur de Tweeter.

Que Pénicaud ne connaisse ni Morrison, ni Wright n’est pas grave en soit. Mais faire semblant de connaître une œuvre pour rendre un hommage déplacé est une faute. Pénicaud l’a commise et elle a logiquement pris des messages peu sympathiques en retour. « Hommage à une minuscule dame, ministre, visiblement pas à une violence près : Muriel Pénicaud. Grâce à elle, les barbares ont enfin pu entrer par la grande porte dans les ministères pour dépouiller les services publics. Les mots ont non seulement un pouvoir mais surtout un sens ».

Effectivement, les mots ont un sens, mais dans le Nouveau Monde que tente de nous vendre les joueurs de bonneteau au pouvoir, le sens est souvent détourné. Des mots utilisés comme des insultes par des ministres et un président de la République qui ne peut pas répondre à un reproche sans s’en prendre à son interlocuteur. Il est temps de rentrer à Paris pour Pénicaud. Elle a du pain sur la planche avec des millions de chômeurs à rabaisser !



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