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8 December 2019

Signes montrant que la guerre entre États-Unis et Iran n’est pas pour de sitôt



Ces dernières semaines, beaucoup d’évolutions alarmantes ont laissé présager que les États-Unis, et quelques-uns de leurs plus proches alliés, comme le Royaume-Uni, partaient à tout berzingue en guerre contre l’Iran.

Même si la guerre n’était pas le but immédiat des camps impliqués, il n’y a pas besoin de sortir de la cuisse de Jupiter pour comprendre que toute action mal calculée de l’un ou de l’autre, aurait la capacité de dégénérer en conflit généralisé et de faire sauter la poudrière.

En revanche, bien que ces développements se soient déroulés et puisqu’il n’y a eu aucune attaque, il vaut la peine d’étudier certains signes actuellement négligés dans les évaluations traditionnelles de la plupart des organes de presses. Plus précisément, de nombreux signes suggèrent qu’une véritable guerre entre l’Iran et les États-Unis est en ce moment improbable, malgré les dernières surenchères.

1. La sécurité d’Israël

Toute guerre contre l’Iran – commanditée ou non par Israël – impliquerait de nombreuses questions sans réponse à propos de la sécurité d’Israël. Malgré certains commentaires hystériques, la menace imminente posée à Israël ne vient pas directement de l’Iran, mais du Liban. Au Liban, le Hezbollah disposerait d’environ 120 000 missiles répartis dans environ 200 villages chiites du sud du pays. Même le tristement célèbre système de défense antiaérienne israélien, le dôme de fer, aurait du mal à contenir un aussi important tir de barrage.


La dynamique actuelle a été brillamment expliquée dans une récente interview avec le professeur Noam Chomsky, qui a déclaré :


« S’il y a confrontation avec l’Iran, la première victime sera le Liban. Dès qu’il y aura menace de guerre, Israël sera certainement forcé d’affronter le danger des missiles du Hezbollah, qui sont probablement dispersés un peu partout au Liban. Il est donc très probable qu’avant d’attaquer directement l’Iran, la première étape absolument nécessaire serait d’éliminer le Liban ou de faire quelque chose de ce genre. »

Cela expliquerait en partie pourquoi Israël se prépare activement à la guerre contre le Hezbollah au Liban depuis des années, notamment en organisant de multiples manœuvres militaires simulant l’invasion du territoire libanais. L’année dernière, Israël a même simulé une guerre sur plusieurs fronts, dans laquelle la Russie intervenait pour protéger la Syrie des attaques israéliennes.

Par conséquent, tant que le problème du Hezbollah au Liban ne sera pas d’abord réglé, il paraît peu probable que les États-Unis se précipitent à l’attaque de l’Iran sans prendre en compte les retours de flammes contre son allié le plus proche et le plus prisé du Moyen-Orient. Si les États-Unis étaient incapables de protéger et d’aider sérieusement Israël, le monde entier en tirerait des leçons vraiment très utiles.

2. Fuites de câbles et de sources anonymes

En relation avec Sir Kim Darroch, ambassadeur de Grande-Bretagne aux États-Unis, des câbles ébruités ont été publiés par le Mail on Sunday. Ils indiquaient que Trump n’avait pratiquement aucune stratégie concernant l’Iran. Qualifiant la politique de Trump d’incohérente et de chaotique, l’ambassadeur disait qu’il était peu probable que la stratégie de Trump pour l’Iran, « devienne bientôt plus cohérente. »

Selon Sir Kim, l’affirmation ronflante de Trump, qu’il serait revenu sur son projet de représailles à la suite du drone descendu par les Iraniens, à cause des nombreuses victimes possibles, « ne tient pas debout. »

« Il est plus probable qu’il n’a jamais été vraiment d’accord pour s’impliquer, et qu’il s’inquiétait pour 2020 de ce revirement évident de ses promesses de campagne en 2016, a déclaré le diplomate.

D’autre part, il a été dit anonymement que, de toute façon, Trump ne frapperait jamais l’Iran parce qu’il n’en a pas eu la permission – de Téhéran. Cette affirmation anonyme est pour le moins farfelue. Mais il est difficile de voir en quoi elle est moins tirée par les cheveux que l’idée que, sur le point d’attaquer l’Iran, l’armée des États-Unis a été arrêtée par une star du show-business, au demeurant magnat de l’immobilier milliardaire – ce même homme qui demanda un jour à la CIA, « qu’attendez-vous ? » pour lancer l’attaque de drone contre les terroristes qui étaient toujours à proximité de la famille prise en otage.

3. Manque de soutien international et national

Selon Time, les États-Unis voulaient poursuivre leur plan de frappe contre l’Iran sans en informer préalablement leurs homologues britanniques. Un haut fonctionnaire étasunien ayant traité les Britanniques de ‘lâches’, Washington est apparemment très frustré par leur engagement dans sa stratégie de politique étrangère à l’égard de l’Iran.

Dernièrement, Iain Duncan Smith, ancien dirigeant du parti conservateur britannique, a déclaré à la BBC que le Premier ministre, alors Thérésa May, avait décliné l’offre d’aide étasunienne dans le golfe Persique, à cause du risque que la situation ne dégénère en conflit armé. Le Royaume-Uni a aussi rejeté l’occasion de participer à la fameuse ‘Opération Sentinelle’ des États-Unis, qui devait organiser les patrouilles des alliés dans la région du Golfe. Tout cela changera-t-il sous la nouvelle direction de Boris Johnson ? Peut-être, mais à ce stade, il n’est possible que de spéculer.

Il y a environ un mois, un haut diplomate russe a fait savoir que Téhéran « ne sera pas seul » si les États-Unis décident de s’attaquer à l’Iran. Déclarant qu’« il n’y a pas que la Russie, beaucoup d’autres pays sympathisent et compatissent avec l’Iran, » Zamir Kabulov a conclu que « Téhéran ne sera pas seul si les États-Unis, Dieu nous en préserve, prennent des mesures violentes et irresponsables contre l’Iran. »

Les propos de Kaboulov s’accordent avec la déclaration du ministre des Affaires étrangères de Russie. Sergueï Lavrov a fait savoir que Moscou tentera d’amorcer le dialogue entre Washington et Téhéran, mais cela suppose bien évidemment « la fin de la politique d’ultimatums, de sanctions et de chantage. » Certains articles laissent aussi entendre que les Russes ont déconseillé à l’Oncle Sam d’attaquer l’Iran après la destruction du drone, car « nous ne bradons pas nos alliés, nos intérêts et nos principes. »

Il n’est pas très facile de partir en guerre quand la communauté internationale se ligue contre vous. Pourtant, le cas de l’Irak en 2003, montre que les États-Unis ne se découragent pas face à une forte opposition internationale. Ce qui peut réellement faire pencher la balance contre la guerre, c’est l’état d’esprit national au moment précédant l’attaque. Actuellement, il ne semble pas favorable. Selon de récents sondages, la plupart des gens seraient d’accord avec la décision de Trump (si cette décision était prise) d’annuler les frappes aériennes contre l’Iran. 36 pour cent des sondés seraient pour l’action militaire contre l’Iran, mais un nombre bien plus convaincant, 42 pour cent, s’y opposeraient.

En définitive, il ne faut pas oublier que Trump a une élection à gagner.

4. L’Iran cherche à éviter la guerre

Malgré ce que disent les faucons de guerre, l’idée que l’Iran est dirigé par des « fanatiques religieux apocalyptiques » qui n’ont aucune connaissance de base du monde réel, est tout simplement indémontrable. Comme l’a expliqué le professeur Chomsky, la stratégie militaire de l’Iran repose entièrement sur la dissuasion. En outre, l’Iran n’a tout simplement pas les moyens de menacer les États-Unis de la façon décrite par l’ancienne et la nouvelle administration.

L’Iran s’est conformé au JCPOA et a toujours été certifié conforme, même jusqu’à récemment et même si les États-Unis avaient déjà renoncé à l’accord dans le but d’étrangler l’économie iranienne avec des sanctions enfreignant la décision préliminaire de la Cour internationale de justice ( CIJ). Même devant les nombreuses provocations d’Israël, en particulier les assassinats de généraux et de scientifiques iraniens, la réponse de l’Iran a été plutôt mesurée (et le plus souvent inexistante). Comme expliqué par l’institut CATO :


« En pure logique, l’Iran ne peut absolument pas chercher la guerre avec les États-Unis. Quelle que soit la manière dont l’Iran interprète le retrait de Trump du JCPOA, malgré les souffrances dues à la réimposition des sanctions économiques et malgré la rhétorique étasunienne récente, le pire résultat possible pour l’Iran serait la guerre. Toute campagne soutenue de frappes aériennes étasuniennes serait terriblement éprouvante ; toute invasion à grande échelle serait catastrophique. »

5. Pas de voie légale

Nul besoin d’être avocat pour comprendre que pour déclencher la guerre contre une nation souveraine, il faut une raison souveraine. Bien que les États-Unis engagent continuellement sans raison légale leurs forces armées dans des pays (en Syrie par exemple), en définitive, ils sont toujours bien conscients de leurs obligations juridiques. Dans une lettre récente sur la question du déclenchement éventuel de la guerre contre l’Iran, le Département d’État américain a écrit:


« Le Département d’État a un grand respect pour le rôle du Congrès dans l’autorisation du recours aux forces armées (AUMF). Comme le Secrétaire Pompeo l’a noté, l’objectif de l’administration est de trouver une solution diplomatique aux activités des Iraniens, pas de s’engager dans un conflit contre eux. De plus, jusqu’ici l’administration n’a pas intégré que l’AUMF autorise les forces armées contre l’Iran, sauf en cas de nécessité, pour défendre ses forces ou celles des partenaires engagées dans des opérations de contre-terrorisme ou dans l’instauration d’un Irak stable et démocratique. »

C’est pourquoi la stratégie privilégiée par l’administration Trump, est la campagne dite de ‘pression maximale’, avec des sanctions efficaces et paralysantes, faisant que les États-Unis arrivent presque à liquider l’économie iranienne. C’est le but ultime de l’administration Trump et ça marche à merveille.

RT, Darius Shahtahmasebi, 26 juillet 2019

Original : https://on.rt.com/9ywu

Traduction Petrus Lombard



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