Mercredi, le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, a annoncé ce que tout le monde savait depuis fort longtemps : les suppressions de postes de fonctionnaires seront beaucoup moins importantes que promis. Candidat de l’oligarchie, Macron assurait en 2017 qu’il veillerait à la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires dont 50 000 dans la fonction publique d’Etat. Des chiffres gonflés à l’hélium qui n’avaient pour seul but que de faire passer l’ancien ministre de l’Economie en échec pour un modèle de bonne gestion. Deux ans plus tard, l’objectif affiché n’est plus que de 15 000 suppressions et la déconfiture ne fait que commencer…

Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent. Cette réalité a étrangement survécu à l’arrivée du Nouveau Monde. Pourtant Macron n’avait pas promis grand-chose à en croire les pseudos-observateurs politiques. Rien ou presque à se mettre sous la dent, mais depuis deux ans les Français assistent à des retournements de veste spectaculaires et à des enterrements de promesses électorales de première classe. Celle portant sur la suppression de 50 000 fonctionnaires d’Etat n’aura pas bien résisté longtemps. Comme quoi, le libéralisme de Macron a des limites bien curieuses.

Le FMI entre dans la danse

L’Etat est trop gros, trop mal géré et donc trop dispendieux. Il n’y a plus de sous dans les caisses (les homards coûtent de plus en plus) et l’Etat sait depuis 20 ans qu’il faut couper dans les effectifs d’une fonction publique énorme, mais moins performante qu’auparavant. Fillon avait promis de faire des coupes drastiques, mais c’est finalement le vrai-faux socialiste Macron et sa promesse moins ambitieuse qui l’ont finalement emporté. De 50 000 suppressions, Macron tombe directement à 15 000. Pour combien de suppressions effectives d’ici à la fin de son mandat ?

La bonne gestion attendra encore, mais cela n’est guère une surprise pour ceux qui se souviennent du passage catastrophique de Macron à Bercy. Le libéral Macron se dégonfle comme une baudruche, car il a peur de faire rentrer les fonctionnaires dans la danse des gilets jaunes. Que les gueux s’énervent un peu, passe encore, mais qu’ils soient secondés de ceux qui font la météo sociale n’est pas possible. Alors Macron se soumet et se retrouve en porte-à-faux vis-à-vis de sa maison mère, le FMI.

Au moment où Darmanin rentrait dans sa niche (pas fiscale cette fois), le Fonds monétaire international appelait les autorités françaises à continuer les réformes (libérales bien entendu). L’institution estime que la France vit au-dessus de ses moyens – logique avec une dette de près de 100 % – et qu’en cas de crise nouvelle, le pays tombera encore plus bas. Une crise qui ne va pas tarder à survenir, alors que la dernière produit toujours des effets terribles sur l’économie française. Sourd à la colère des Français, Macron devient aveugle face aux signes du FMI. Le président cumule les handicaps et surtout les fautes.

Pourquoi donc faire les poches aux Français quand rien n’est fait de sérieux pour réduire la gabegie qui règne à tous les degrés de l’Etat à commencer par le plus élevé ? Macron fait du libéralisme sans le moindre résultat économique, mais au coût social démentiel. 35 000 fonctionnaires ne perdront pas leur poste diront certains. Faux ! La suppression de poste est juste un non remplacement d’un fonctionnaire parti à la retraite. Bref, Macron a tout faux, mais cela n’est peut-être que la force de l’habitude qui se manifeste.



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