Rédigé par notre équipe le 20 juillet 2019.

Quand l’actualité n’est pas très bonne et qu’il faut alimenter la boîte à image, rien de mieux qu’une compétition sportive très populaire pour se montrer et afficher des messages sans le risque de supporter la moindre contradiction. C’est ainsi que le mois de juillet venu, Emmanuel Macron se rend sur les routes du Tour de France avec l’espoir de recueillir un peu de popularité dont bénéficie cette épreuve. La théorie du ruissellement du sportif au politique…

Les étés se suivent et se ressemblent pour Emmanuel Macron. En 2018, il était tout heureux de parader avec la Coupe du monde de football après avoir multiplié les aller-retour en Russie afin de s’autoproclamer premier supporter de l’équipe de France. En 2019, la Coupe du monde féminine n’a pas permis de faire de si belles images – malgré le soutien foireux du Gouvernement – alors c’est au Tour de France de remplir cette fonction. Le succès populaire de cette épreuve centenaire ne se dément pas et il faut donc s’afficher aux côtés des forçats de la route pour avoir la chance d’entendre des applaudissements.

Macron et Bayrou : une équipe reine de la crevaison

Coup de bol pour Macron, les Français n’ont jamais été aussi bien placé depuis plus de vingt ans pour remporter la Grande Boucle. Le Français Julian Alaphilippe porte le maillot jaune depuis dix jours et résiste encore aux assauts des favoris du Tour. Pour sa part, Thibaut Pinot assure le spectacle dans les cols et peut prétendre à la victoire finale dans une semaine. Deux coureurs français au top et un Macron tout sourire qui ne peut résister à prendre la pose aux côtés de champions populaires. La popularité, Macron n’en a jamais vraiment bénéficié, et se donner le frisson qu’on est aimé pendant quelques minutes n’a pas de prix.

Et le pire, c’est que ça marche à en croire les éditorialistes en mal de news. Pas très intéressés par une affaire de Rugy qui vaut pourtant son pesant de homard, ils se laissent donc berner par les images d’un bain de foule au cours duquel les Français expriment leur désarroi de voir les inégalités se creuser sous l’impulsion de la Macronie. Le président répond que la loi sur les retraites va changer la donne… On peut s’interroger sur le fait qu’il aura fallu deux ans et une ribambelle de lois scélérates pour enfin accoucher d’un texte qui peut avoir l’allure d’une loi positive…

L’essentiel est ailleurs puisque les journalistes voient le président dialoguer avec quelques locaux et ils en concluent que Macron (re)devient populaire. Il est vrai qu’à Pau, le risque de se prendre des tomates dans la tête est faible tant les habitants sont habitués à être dirigés par un clown… Et c’est d’ailleurs parce que le Tour de France faisait escale à Pau que le président est venu afin de discuter avec son ami et encore allié François Bayrou. Celui qui a tout perdu au niveau national entend encore peser dans le débat et ce sont les constitutions des listes pour les législatives qui posent aujourd’hui problème. La Macronie entend faire des rois locaux un peu partout en allant un coup à droite et un coup à gauche en oubliant que le spécialiste de la chose s’appelle le Modem.

La concurrence est rude entre les deux alliés et les choix des uns ne sont pas appréciés des autres. La rencontre avec Bayrou devait donc calmer les esprits, mais si un président et une girouette peuvent s’entendre correctement, l’exercice devient très difficile au niveau local. Il faudra plus qu’un dîner pour rouler dans la farine les élus Modem et il faudra plus de deux jours sur le Tour de France pour faire croire aux Français qu’il dirige le pays pour leur bien. Le maillot jaune est encore loin pour celui qui dont la trajectoire ne sent pas due qu’à de l’eau minérale et des sucres lents.



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