Epstein a été arrêté le 8 juillet suite à l’acte d’accusation d’un grand jury fédéral à New York. C’était plus d’une décennie après qu’Alexander Acosta, le plus haut Procureur fédéral de Miami, qui est maintenant secrétaire au Travail du Président Trump, ait accepté une négociation de peine portant sur des accusations similaires de pédophilie, accord qui n’avait pas été communiquée aux accusateurs avant sa finalisation devant le tribunal. Il y aurait eu des centaines de victimes, dont environ 35 ont été identifiées, mais Acosta a délibérément empêché les deux plaignantes de comparaître devant le tribunal pour témoigner avant que la sentence soit rendue.

L’intervention d’Acosta signifiait qu’Epstein évitait à la fois un procès public et une possible peine de prison fédérale, ne purgeant à la place que 13 mois de prison sur 18 dans la prison du comté de Palm Beach, où la sécurité était presque inexistante, sur des accusations de proxénétisme en Floride. Pendant sa détention, il a été autorisé à sortir de prison seize heures par jour six jours par semaine pour aller travailler dans son bureau.

Les crimes d’Epstein ont été perpétrés dans son manoir de Manhattan, d’une valeur de 56 millions de dollars, et dans sa villa au bord de l’océan à Palm Beach, en Floride. Les deux résidences étaient équipées de caméras cachées et de microphones dans les chambres, ce qui aurait permis à Epstein de filmer les relations sexuelles entre ses invités de marque et les filles mineures qu’il leur procurait, dont beaucoup provenaient de milieux défavorisés, et étaient recrutées par des entremetteuses pour des prestations euphémiquement décrites comme des « massages » contre de l’argent. Apparemment, Epstein ne faisait guère d’efforts pour dissimuler ses actions : son avion s’appelait le «Lolita Express».

Les Démocrates appellent à une enquête sur l’affaire Epstein, ainsi qu’à la démission d’Acosta, mais ils pourraient bien finir par regretter leurs demandes. Trump, la véritable cible de la fureur qui fait rage autour d’Acosta, ne connaissait apparemment pas les détails de la négociation qui a mis fin au procès d’Epstein. Bill et Hillary Clinton étaient cependant des associés très proches d’Epstein. Bill, qui a utilisé le «Lolita Express» au moins 26 fois, pourrait vraisemblablement être impliqué dans les actes de pédophilie, compte tenu de ses antécédents et de son manque relatif de morale conventionnelle. Lors de nombreux voyages, Bill a refusé d’être escorté par les agents du Secret Service en charge de sa sécurité, sans quoi ils auraient été témoins de tout comportement répréhensible. Lors d’un long voyage en Afrique en 2002, Bill et Jeffrey étaient accompagnés de l’acteur accusé de pédophilie Kevin Spacey et de nombreuses jeunes filles, des « employées » très légèrement vêtues, identifiées uniquement comme des « masseuses ». Epstein fut également un contributeur majeur à la Clinton Foundation, et il était présent au mariage de Chelsea Clinton en 2010.

Avec l’année des élections présidentielles qui arrive, les Démocrates ne voudraient en aucun cas rappeler au public les exploits de Bill, mais il faut se demander jusqu’où et à jusqu’à quel degré l’enquête pourrait s’étendre. Il y a aussi un angle possible visant Donald Trump. Bien que Donald n’ait peut-être pas été un habitué du « Lolita Express », il a certainement évolué dans les mêmes cercles que les Clinton et Epstein à New York et à Palm Beach, et il est, d’après son propre aveu, aussi amoral que Bill Clinton. En juin 2016, une dénommée Katie Johnson a engagé une action en justice à New York, affirmant qu’elle avait été violée à plusieurs reprises par Trump lors d’une rencontre organisée par Epstein en 1993, alors qu’elle était âgée de 13 ans. Dans une interview accordée au New York Magazine en 2002, Trump a déclaré : « Je connais Jeff [Epstein] depuis quinze ans. C’est un type formidable… On s’amuse beaucoup avec lui. On dit même qu’il aime autant les belles femmes que moi, et beaucoup d’entre elles sont très jeunes. Aucun doute là-dessus – Jeffrey apprécie sa vie sociale. »

Les enquêtes sélectives sur les actes répréhensibles visant à pointer du doigt dans certaines directions plutôt que d’autres constituent la règle du jeu à Washington, et l’affaire Epstein a également toutes les caractéristiques d’une importante affaire d’espionnage, possiblement liée à Israël. À moins qu’Epstein ne soit un pédophile extrêmement malade qui aime regarder des films d’autres hommes ayant des relations sexuelles avec des fillettes de 12 ans, le fait que tous ces ébats aient été filmés à tout l’air de l’œuvre d’un service de renseignement sophistiqué rassemblant des informations pour soumettre des personnalités politiques et d’autres personnalités au chantage. Dans la plupart des cas, les personnes faisant l’objet d’un chantage coopéreraient sans aucun doute avec le gouvernement étranger impliqué pour éviter un scandale majeur. Cela s’appelle recruter des « agents d’influence ». C’est ainsi que fonctionnent les agences de renseignement et c’est ce qu’elles font.

Le fait qu’Epstein soit perçu comme étant lié au renseignement a été clairement indiqué dans les commentaires d’Acosta lorsqu’il était sondé par l’équipe de transition de Trump. On lui a demandé: « L’affaire Epstein va-t-elle poser problème [pour les audiences de confirmation]? »… « Acosta avait expliqué, jovialement et explicitement, qu’à l’époque, il n’avait eu qu’une réunion sur l’affaire Epstein. Il avait rapidement conclu l’accord avec l’un des avocats d’Epstein, car on lui avait ‘dit’ de reculer, et qu’Epstein était au-dessus de son salaire. ‘On m’a dit qu’Epstein appartenait au renseignement et qu’il fallait le laisser tranquille.’ »

Des questions sur la richesse d’Epstein suggèrent également une connexion avec une agence gouvernementale secrète aux poches insondables. Le New York Times rapporte que «ce en quoi consistaient précisément ses opérations financières était un secret absolu, de même que la plupart des noms des personnes pour qui il menait ces transactions. Il a prétendu travailler pour un certain nombre de milliardaires, mais le seul client important connu était Leslie Wexner, fondatrice milliardaire de plusieurs chaînes de magasins, y compris The Limited. »

Mais de quel service de renseignement parle-t-on ? La CIA et les services russes du FSB sont des candidats évidents, mais ils n’auraient pas de raison particulière d’acquérir un agent comme Epstein. Il reste donc Israël, qui souhaite avidement disposer d’une base d’agents d’influence de haut niveau en Europe et aux États-Unis. Les contacts d’Epstein avec les services de renseignement israéliens sont vraisemblablement liés à ses relations avec Ghislaine Maxwell, qui aurait été sa principale pourvoyeuse de jeunes filles. Ghislaine est la fille de Robert Maxwell, décédé ou peut-être assassiné dans des circonstances mystérieuses en 1991. Maxwell était un homme d’affaires anglo-juif, de profil très cosmopolite, comme Epstein, un multimillionnaire très controversé sur ce qui était considéré comme des liens réguliers avec le Mossad. Après sa mort, Israël lui a organisé des funérailles nationales, au cours desquelles six responsables des services de renseignement israéliens en service ou retraités ont écouté l’eulogie du Premier ministre Yitzhak Shamir: « Il a fait plus pour Israël que l’on ne peut le dire aujourd’hui. »



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