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27 janvier 2021

Féminicides : le Gouvernement à la remorque des associations



En ce début d’été où les journalistes voudraient faire croire que seule la météo chaude et le baccalauréat font tourner le monde, un autre thème est parvenu à se hisser à la Une des médias et donc de l’agenda du Gouvernement : les féminicides. Terme fabriqué dans le but d’attirer l’attention, le féminicide n’en est pas moins un fléau qu’aucune autorité publique n’a souhaité combattre jusque-là. Le duo Macron-Schiappa ne fait pas exception à la règle, mais face à la montée de ce sujet, il faut laver plus blanc que blanc malgré un départ déjà raté.

Après les Accords de Grenelle, le Grenelle de l’Environnement, le Grenelle du Logement, le Grenelle de tout et de rien, place au Grenelle des violences conjugales. Un nouvel exercice essentiellement de communication auquel doit se plier le Gouvernement en raison de la pression médiatique qui s’exerce sur lui depuis plusieurs semaines. Les associations ont fait monter la sauce depuis quelque temps et le vide de l’été aidant, les féminicides sont aujourd’hui au cœur de l’actualité. 

Le Gouvernement attendra la fin des vacances 

Le 3 septembre prochain, la France entière scrutera Matignon. Y seront réunis les « ministres, acteurs de terrain, services publics associations, familles de victimes, afin de construire ensemble des mesures efficaces pour enrayer ce phénomène ». Cette annonce de Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’égalité femme-homme est symptomatique du manque d’enthousiasme du Gouvernement pour tenter de mettre fin à un mal universel difficile à contenir, mais contre lequel il n’est pas impossible de lutter.

Les violences conjugales touchent toutes les classes sociales et sont d’autant plus pernicieuses qu’elles ont lieu loin des regards, dans l’intime. Les femmes n’osent pas parler et ce sont souvent des années de souffrances et de traumatismes qui s’inscrivent dans la chair et l’esprit. Une souffrance muette qui mène jusqu’à la mort pour plus d’une centaine de femmes chaque année en France.

Il aura fallu des chiffres affolants, des tribunes, des appels à réagir et le vide médiatique estival pour qu’enfin les associations se fassent entendre. Elles auront le droit de venir quémander quelques mesures au Gouvernement début septembre sous la protection maternelle de Brigitte Macron… Pourquoi pas maintenant puisque la situation est si dramatique ? Il semblerait que les vacances de Marlène Schiappa et de ses camarades de jeu soient plus importantes que la vie de milliers de femmes. Une position qui fait tâche pour celle qui prétend défendre la veuve et l’orphelin, mais qui rechigne à regarder la crue réalité en face.

Le 3 septembre prochain ne changera malheureusement rien. Il s’agira d’un énième coup de com’ qui doit permettre aux ministres de briller un peu. Avec de la chance de chance, Cyrile Hanouna sera aussi de la partie et fera une émission spéciale féminicide dans laquelle Schiappa comptera les mesures indispensables qui ne verront en fait jamais le jour (souvenir de l’escroquerie anti-gilets jaunes). Après la rentrée, tout restera comme avant, car pour éviter d’en arriver à 75 femmes tuées en à peine sept mois, il faudrait punir dès la première gifle, dès le premier coup de poing… Une mesure impensable dans un pays à la justice laxiste, mais où il fait bien de voter des lois anti-fessées pour soi-disant protéger nos enfants. Un enfant qui a reçu des fessées est-il un futur mari violent en puissance ? A moins qu’un enfant-roi à qui on ne refuse rien ne soit en fait un homme qui ne supporte pas la contradiction et la frustration au point de mettre fin aux jours d’une femme qu’il prétendait aimer…





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