Ce vendredi 12 juillet, Emmanuel Macron sera à Cherbourg pour y inaugurer le premier sous-marin nucléaire de dernière génération. Baptisé « Suffren », il vise à renouveler une flotte vieillissante à l’heure où la guerre sous marine fait rage en toute discrétion. Macron peut arriver tout sourire pour inaugurer une redoutable machine de guerre qui n’aurait jamais vu le jour avec la philosophie qui règne aujourd’hui à l’Elysée et au ministère des Armées.

La France, première armée au monde est de l’histoire déjà ancienne. Il faut remonter à un siècle pour être redouté par l’ensemble des grandes puissances. Aujourd’hui, notre faiblesse est si criante que l’Allemagne se permet même de demander à la France de lâcher son siège au Conseil de Sécurité de l’ONU pour laisser la place à une Union européenne dominée par Berlin… Bref, la France ne fait plus peur à grand monde, mais il est difficile de renoncer explicitement à une grandeur passée. Alors le « Suffren » tombe à pic.

Un sous-marin indispensable qui n’est pas la panacée 

89 mètres de long, 8,8 m de diamètre, une vitesse de pointe de 27 nœuds (50 km/h) et une immersion à 350 mètres, le « Suffren » est un sous-marin nucléaire de nouvelle génération dont l’empreinte acoustique équivaudrait à celle d’un « banc de crevettes ». Autrement dit, ce sous-marin doit s’infiltrer partout sans se faire repérer afin de procéder à des missions de renseignement lorsqu’il n’est pas en mer à protéger le seul porte-avions français, le Charles de Gaule. C’est d’ailleurs dans la continuité de la politique du seul grand président de la Ve République que s’inscrit l’arrivée du Suffren et de trois autres sous-marins d’ici à 2025.

La génération de la classe « Rubis » arrive en bout de course et il était temps de se doter d’insubmersibles dont la première qualité pour certains est d’offrir la possibilité d’avoir des équipages mixtes… Une caractéristique qui sera sans nul doute mise en avant par un président de la République qui récolte les efforts de ses prédécesseurs. Voulus par Sarkozy, poursuivis par Hollande, les sous-marins d’attaque à propulsion nucléaire (SNA) verront donc le jour en partie sous Macron et sa tombe bien, car cela permet de revêtir les habits de général en chef. On hausse le ton non pas vis-à-vis des ennemis (potentiels) de la France, mais des Français eux-mêmes.

Macron va sortir les muscles et bien camoufler le fait que les armées françaises sont sans le sou. La faute à des arbitrages budgétaires qui se font toujours au détriment des militaires… Pourtant, la France serait bien inspirée de faire bien plus, car les menaces sont multiples et compter sur quatre SNS après avoir bientôt mis à la casse six sous-marins de classe « Rubis » n’est pas un luxe. La flotte mondiale de sous-marins a augmenté de 6 % depuis 2013 et en plus des grandes puissances navales traditionnelles, la Chine, l’Australie ou encore le Chili sont sur la brèche.

Le Suffren et ses futurs collègues sont d’autant plus nécessaires qu’ils sont dotés d’un propulseur sous-marin qui permet aux forces spéciales de se déplacer au plus près sans se fatiguer de leurs objectifs. Une possibilité qui n’est donnée aujourd’hui qu’aux forces spéciales américaines et britanniques. Difficile de faire mieux sur le plan technologique, ce qui permettra de compter sur cette arme au moins jusqu’en 2060. A cette date, si les historiens pro-Macron font bien leur travail, il sera écrit que la vieille carcasse du Suffren a rempli de bien périlleuses missions grâce à la vision géniale d’un président Macron au moins égal au général de Gaule. L’histoire de France pour les nuls en somme.





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