Le gouvernement tunisien a décidé d’interdire «pour des raisons de sécurité» le port du niqab ou voile intégral, dans les institutions publiques. Le 27 juin, le double attentat suicide perpétré à Tunis avait fait deux morts et sept blessés.

Après l’Algérie en 2018, la Tunisie a décidé le 5 juillet d’interdire le port du niqab, voile intégral cachant le visage, dans ses institutions publiques «pour des raisons de sécurité». Cette décision intervient une semaine après un double attentat suicide meurtrier perpétré à Tunis,revendiqué par le groupe djihadiste Etat islamique (EI), qui a fait deux morts, un policier et un civil, et sept blessés.

Des rumeurs avaient circulé sur les réseaux sociaux évoquant que l’auteur de l’attentat s’était dissimulé sous un niqab. Mais le ministère de l’Intérieur avait démenti l’information.

«Dans le cadre de la préservation de la sûreté publique […], il faut prendre les mesures nécessaires pour interdire l’entrée aux locaux des institutions publiques […] à toute personne ayant le visage couvert», explique la circulaire signée par le Premier ministre Youssef Chahed et adressée aux ministres, aux secrétaires d’Etat, aux préfets et aux responsables des institutions publiques.

La Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) a appelé à ce que cette interdiction reste «temporaire». «Nous sommes pour la liberté de l’habit, mais aujourd’hui avec la situation actuelle et les menaces terroristes en Tunisie et dans toute la région, nous trouvons des justifications à cette décision», a estimé auprès de l’AFP Jamel Msallem, président de la LTDH. Mais «cette décision doit être temporaire et ne doit pas durer après la reprise d’une situation sécuritaire normale en Tunisie», a-t-il ajouté.

Cette tenue n’était pas tolérée sous le président déchu Zine El Abidine Ben Ali, qui réprimait sans pitié toutes les formes d’islamisme, mais elle a connu un certain essor depuis la révolution de janvier 2011.

Depuis, la Tunisie a été confrontée à une recrudescence d’attentats terroristes, responsable de la mort de dizaines de soldats et de policiers, mais aussi de nombreux civilset touristes étrangers.

L’état d’urgence instauré en novembre 2015 a été sans cesse renouvelé depuis, et notamment le 28 juin au lendemain du dernier attentat, même si la situation sécuritaire du pays s’est nettement améliorée.

https://francais.rt.com/international/63687-apres-attentat-tunis-tunisie-interdit-niqab-institutions-publiques



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