Il y a une question qui chiffonne depuis un moment. Depuis 2004 une journée de travail solidaire est imposée à tous les salariés.  » Depuis sa mise en place en 2004, le montant total versé pour l’autonomie des personnes âgées et dépendantes a dépassé les 33 milliards d’euros. » Il est dit dans l’article : La majeure partie de cette contribution finance des établissements spécialisés (maisons de retraite, instituts pour handicapés » (Article de 2018). Serait-il possible de savoir pourquoi nos anciens, sont toujours en détresse et pourquoi les Ehpad sont en crise perpétuelle de personnels soignants. Où passe vraiment tout cet argent ?? S’acheminerait-on vers la privatisation des établissements ? Partagez ! Volti

******

par Rachel Knaebel pour BastaMag

Sophie
est aide médico-psychologique dans un établissement pour personnes
âgées (Ehpad). Une veille de Noël, elle et ses collègues soignantes
apprennent qu’elles seront en sous-effectif pour s’occuper des résidents
et sont invitées par leur hiérarchie à faire « au mieux ». Un an plus
tard, elles sont sanctionnées et rétrogradées par leur direction. Voici
pourquoi.

« Je vais voir l’effet de la sanction sur mon bulletin de salaire de juin. Ce n’était déjà pas beaucoup ce que je gagne, ce sera encore un peu plus difficile. » Sophie Dufaud est aide médico-psychologique (AMP) dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) à Riantec, dans le Morbihan. L’établissement dépend de l’hôpital de la commune. Sophie y travaille depuis 1992. « J’ai commencé comme agent de service hospitalier, puis j’ai suivi la formation pour devenir aide médico-psychologique », rapporte-t-elle.

Mère de famille, elle travaille à 80%, pour 1500 euros nets par mois.
Depuis ce mois de juin, elle a perdu 130 euros par mois de salaire.
C’est le résultat d’une sanction : le directeur du groupe hospitalier a
décidé que Sophie devait perdre six échelons d’ancienneté ! Après plus
de 25 ans de travail dans l’établissement, elle se retrouve presque au
même niveau de salaire qu’une débutante, sans possibilité de récupérer
totalement son ancienneté par la suite. Sa retraite s’en trouvera
réduite.

Qu’a fait Sophie ? Sa « faute » est d’avoir, alors que son équipe était en sous-effectif suite un arrêt maladie, « fait au mieux »,
comme leur avait alors demandé au téléphone le cadre administratif de
garde du groupe hospitalier. C’était fin 2017, juste avant Noël, le 23
décembre. Une collègue souffrante n’était pas remplacée ce matin-là.
Sophie et les autres agentes de l’équipe assurent alors en priorité les
toilettes des résidents, les petits déjeuners et les déjeuners. Et les
habillent avec des tenues dites « médicalisées », des chemises de
nuit, qui sont plus rapides et plus faciles à mettre aux personnes
âgées. Les résidents qui sortent de leur chambre pour les animations ont
aussi un plaid sur les genoux et des gilets. À la fin de son service,
Sophie, qui est syndiquée à la CGT, remplit en son nom une fiche
d’événement indésirable, pour signaler le dysfonctionnement.

Une soignante privée de salaire pendant six mois, sur simple décision du directeur

Un an plus tard, en mars 2019, Sophie et ses collèges passent en
entretien pré-disciplinaire. Trois d’entre-elles sont ensuite convoquées
à un conseil de discipline. Pour la direction de l’hôpital, leur
comportement ce 23 décembre 2017 – avoir vêtu des résidents de chemises
médicalisées, en avoir laissé d’autres au lit, faute de personnel en
nombre suffisant – n’a pas respecté la dignité des résidents, et relève
de la maltraitance. Le conseil, dont l’avis est consultatif, n’ordonne
alors pas de sanctions. Mais le directeur du groupement hospitalier,
Thierry Gamond-Rius, en décide autrement. Une agente reçoit un
avertissement, Sophie est rétrogradée, et une infirmière est exclue
pendant six mois avec suspension totale du salaire. « Cette infirmière a trois enfants. Le directeur n’a pas du tout pris en compte la situation familiale des gens », déplore Sophie.

La direction du groupement n’a pas répondu à nos demandes
d’entretien. Mais dans un courrier du 11 juin aux secrétaires des
sections syndicales de la CFDT, de Sud et de la CGT (que Basta ! a pu consulter), le directeur conseillait aux agentes de lui soumettre un « recours gracieux » : « Je
vous rappelle qu’il existe des voies de recours. Dont le recours
gracieux auprès de l’autorité qui a pris les sanctions, c’est-à-dire
moi-même »
, écrit-il. Les soignantes ont préféré faire appel à un
avocat pour demander l’annulation des sanctions devant le tribunal
administratif. Une demande en référé (en urgence) est déposée pour
l’infirmière suspendue pendant six mois. Dans son ordonnance, le juge
des référés a considéré la sanction disproportionnée, ordonné la
réintégration de l’agente, et demandé que la direction lui verse 1000
euros au titre des frais d’avocat. L’affaire doit encore être jugée sur
le fond.

Une quatrième agente de l’Ehpad, une infirmière représentante de la
CGT au comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail
(CHSCT), est sanctionnée en même temps que ses collègues pour avoir dit
un jour de manière jugée trop autoritaire à un jeune salarié qu’il ne
devait pas travailler plus de douze heures d’affilée, alors qu’il
réalisait une journée de travail de plus de treize heures. Elle a été
dégradée de deux échelons.

Des procédures d’exception qui deviennent de plus en plus fréquentes …/…
« Il n’y a plus de communication. Nous avons perdu l’humain » …/…
« Nous sommes gérés par des personnes qui ne savent pas ce qu’est notre travail » …/…

Lire l’article complet

Source Basta

Voir sur le sujet :

Des retraités « inquiets » des conditions de vie indignes en Ehpad s’engagent auprès des soignants en lutte

Les urgentistes dénoncent de nouvelles fermetures de lits dans les hôpitaux cet été



Source link

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *