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8 December 2019

La police a osé frapper une enfant de 12 ans qui voulait aller au cinéma…



Dans notre bilan de l’Acte 27 des Gilets Jaunes, qui recense 42 victimes prises en charge par les street-médics et secouristes volontaires, nous avons recensé la prise en charge d’une fille de 12 ans frappé par les forces de l’ordre sur la place du Capitole à Toulouse.

Après le signalement du journaliste David Dufresne, la victime et son jeune âge ont suscité de nombreux commentaires et indignations. Depuis, nous avons pu recueillir le témoignage de Florence, la street-médic qui a pris en charge l’enfant. Elle nous raconte la scène:

Je suis secouriste et je participe aux équipes “Secours Volontaire Toulouse ” depuis fin février. Avec mon équipe le 18/05, nous étions place Wilson, en attente de la suite de la manifestation. Nous avons été abordés par deux très jeunes ados. Ils nous ont demandé comment faire pour aller à l’hôpital, parce-que l’une était blessée. Je les ai prises en charge, secondée par Mathieu.

Elles m’ont dit qu’elles voulaient aller au cinéma et qu’il y avait un cordon de policiers dans la rue qui amenait au cinéma. Elles ont demandé à passer, on les a renvoyé une première fois mais elles ne pouvaient pas passer par ailleurs donc elles se sont ré-approchées et ont voulu passer entre le mur et le dernier policier.

Il a donné un coup du revers de main et comme il portait les protections. Elle a reçu un choc qui l’a envoyé contre le mur (où contre sa copine, elle ne savait plus).

Ça, c’est leur récit, je ne l’ai pas vu. Par contre, ce que j’ai vu et soigné: un gros hématome à la mandibule droite, avec une légère dermabrasion au contact. Je suis intervenu environs 20mn après les faits, un œdème s’était déjà formé, avec une nette dissymétrie entre les deux mandibules. Elle avait une gêne nette à l’ouverture de la bouche, pas de fracture évidente à la palpation. La langue commençait à tuméfier latéralement . Un deuxième hématome plus petit à l’opposé sur la tempe, était en train de se former également. Une enfant en état de choc, qui répétait en boucle quelques phrases durant 10 minutes.

Mathieu, qui l’a aidé dans sa prise en charge, précise:

Elle répétait en boucle la même phrase. Elle était vraiment choquée. Elle disait vouloir porter plainte, que ce n’était pas normal qu’on les traite ainsi.

Florence continue:

J’ai mis de la crème sur les hématomes, utilisé du Rescue (un elixir floral) pour la calmer et vérifié les paramètres vitaux (poul, saturation, tension). Sa tension était très élevée pour une enfant de cet âge. J’ai écouté et calmé la demoiselle et son amie, aidé par les membres du groupe pour le dialogue. La prise en charge a duré 10 à 15 minutes. Puis elles sont reparties, en direction de leur domicile.

Ce n’était pas la première fois que des enfants ou nourrissons étaient touchés par les armes de la police. Comme il en ressort des derniers bilans de victimes publiés par la Coordination, il est devenu habituel pour les street-médics et secouriste volontaires de prendre en charge des enfants et nourrissons touchés par les gaz lacrymogènes, et les enfants et mineurs des mouvements lycéens et écologistes sont tout autant visés et blessés que les autres manifestants.

Cependant, c’était la première fois que la Coordination parlait d’une enfant aussi jeune frappée et blessée directement au contact des forces de l’ordre.





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