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26 August 2019

Pompeo menace d’empêcher Corbyn de devenir Premier ministre



Le Secrétaire d’État américain Mike Pompeo a été la cible de commentaires furibards après qu’un enregistrement de lui ait été publié, où il disait qu’il interviendrait pour empêcher le dirigeant travailliste Jeremy Corbyn de devenir Premier ministre. Dans l’enregistrement révélé par le Washington Post, Pompeo suggère qu’il n’attendra pas que Corbyn soit élu, mais qu’il essaiera plutôt d’empêcher que cela soit possible.

La réunion officieuse a eu lieu lorsque le Secrétaire d’État a rencontré des leaders juifs pour discuter de l’accord de paix entre la Palestine et Israël proposé par Donald Trump.

En plus de paraître peu optimiste au sujet de l’accord de paix, il a trouvé le temps de commenter la politique britannique. Quand un participant lui a demandé ;

si Corbyn est élu, seriez-vous prêt à travailler avec nous pour agir si la vie devient très difficile pour les Juifs du Royaume-Uni ? »

Pompeo donne une réponse très claire. Compte tenu des allégations d’ingérence russe dans les élections présidentielles de 2016, l’ironie de la situation est incontournable. Le chef de la diplomatie américaine a dit aux participants ;

Il se pourrait que M. Corbyn réussisse à surmonter les critiques et à se faire élire. C’est possible. Sachez que nous n’attendrons pas qu’il fasse ces choses pour commencer à résister. Nous ferons de notre mieux.

C’est trop risqué, trop important et trop dur une fois que c’est déjà en place. »

Cette réponse a été applaudie avec enthousiasme par les participants à la réunion.

Ces remarques soulèvent de sérieuses questions sur l’ingérence américaine dans la politique britannique. Nombreux sont ceux qui prétendent que la Russie a joué un rôle dans la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne. Aujourd’hui, un haut responsable américain veut influencer une élection générale, ou peut-être faire destituer Corbyn de son poste de chef du Parti travailliste.
La route de Corbyn vers le pouvoir

Pour que Jeremy Corbyn devienne Premier ministre, il faudrait que son parti obtienne le plus grand nombre de sièges au Parlement et la majorité aux élections générales.

Les prochaines élections au Royaume-Uni n’auront pas lieu avant 2022. Toutefois, des élections anticipées peuvent être déclenchées si le gouvernement du moment perd un « vote de défiance » ou si les députés votent aux deux tiers pour dissoudre le Parlement avant les élections.

Étant donné que le Parti conservateur est en train d’élire un nouveau chef qui deviendra le prochain Premier ministre à la place de May, il est possible que l’un ou l’autre de ces scénarios se concrétise.

La politique britannique est cependant en plein chaos en ce moment. Le nouveau parti de Nigel Farage, le Brexit Party, a fait un bon score lors des récentes élections européennes. Les deux principaux partis, le Parti travailliste et le Parti conservateur, sont tous deux critiqués à égalité pour leurs positions sur le Brexit [Les deux partis comprennent des souverainistes Brexiteers et des européistes Remainers, ce qui rend toute coordination interne quasi-impossible et donne des allures d’asile d’aliénés au Parlement, NdT]. Compte tenu de tout ce qui se passe, aucun parti n’a la garantie d’obtenir une majorité, ce qui laisse entrevoir la possibilité d’un gouvernement de coalition.
L’ironie de l’interférence

Toute la présidence de Donald Trump a été éclipsée par des allégations selon lesquelles la Russie aurait participé à sa campagne pour l’aider à gagner en 2016. Le rapport Mueller a constaté qu’il n’y avait aucune preuve de collusion avec la Russie, avec quelques zones d’ombre.

Le fait que Mike Pompeo dise qu’il tenterait d’empêcher Jeremy Corbyn de devenir Premier ministre n’est que pure hypocrisie.

Un porte-parole travailliste a répondu à la révélation en martelant ;

Les tentatives du président Trump et de ses officiels de décider qui sera le prochain Premier ministre britannique représentent une ingérence totalement inacceptable dans la démocratie britannique. »

Les remarques concernant le Président Trump lui-même se réfèrent aux commentaires qu’il a faits lors de sa visite d’État au Royaume-Uni, la semaine dernière. Trump a suggéré au journal The Sun que Nigel Farage soit impliqué dans les négociations de Brexit et, il a soutenu Boris Johnson pour la place de prochain Premier ministre après la démission de Theresa May ;

Je pense que Boris ferait du très bon travail. Je pense qu’il serait excellent, »

Allégations d’antisémitisme

Les principales organisations juives du Royaume-Uni ont fait clairement entendre leur opposition à Jeremy Corbyn. Depuis son élection à la tête du Labour en 2015, il a été la cible d’attaques dans les médias qui l’accusent d’antisémitisme, lui et les travaillistes.

Malgré ces attaques, sa popularité s’est accrue et le Parti travailliste est aujourd’hui le plus grand parti politique d’Europe occidentale, en termes de nombre de membres. En 2017, contre toute attente, Corbyn a conduit les travaillistes à obtenir une plus grande part des votes et a également fait perdre leur majorité parlementaire aux conservateurs. C’est ce qui a conduit à la paralysie actuelle du Parlement, car les conservateurs n’ont pas la majorité pour adopter une loi.

Des députés de son propre parti ont eux-mêmes qualifié Corbyn d’antisémite. Dame Margaret Hodge le lui a crié au visage dans les couloirs de la Chambre des communes, à Londres. Elle a commencé par faire l’objet d’une enquête, mais celle-ci a ensuite été abandonnée parce que Corbyn ne voulait pas prendre de mesures contre elle.

Sous sa direction, il a modifié le processus de traitement des allégations d’antisémitisme. Un organisme indépendant de la direction du parti examine les allégations et prend les mesures qui s’imposent. L’un des principaux problèmes qui semblent passer inaperçu aux yeux des commentateurs des médias est le fait que le Labour ne peut agir qu’à l’encontre de ses membres. Or, bon nombre des plaintes qu’ils reçoivent s’avèrent concerner des non-membres du parti.

Mr Corbyn a dénoncé toutes les formes de racisme et d’antisémitisme en déclarant qu’elles n’ont pas leur place dans la société. Mais ce n’est pas suffisant pour la plupart de ses critiques. Seul son retrait du poste le plus élevé du Labour satisferait ceux qui ne sont pas contents de son leadership.

Nombre de gens, à gauche de la politique britannique, pensent que l’hostilité envers Jeremy Corbyn provient de son soutien à la Palestine. Il a clairement indiqué que s’il était élu, le Royaume-Uni reconnaîtrait officiellement la Palestine en tant que pays.

Corbyn s’est souvent élevé contre le traitement réservé aux Palestiniens par le gouvernement israélien depuis qu’il est devenu député au Parlement, en 1983. Il a également défendu des groupes juifs tout au long de ses mandats parlementaires.

Il y a un lobby pro-israélien dans la politique britannique. Ce n’est un secret pour personne et a joué contre Corbyn à de nombreuses reprises. Cependant, maintenant que le lobby pro-israélien des USA s’implique, les choses s’accélèrent de manière significative. Les États-Unis ont toujours été beaucoup plus proches d’Israël et toute menace envers le statu quo sera considérée et traitée comme une menace.

Mike Pompeo l’a clairement indiqué dans ses commentaires.
Que se passera-t-il ensuite pour la politique britannique ?

Au cours des prochains mois, la scène politique britannique va changer considérablement. Un nouveau Premier ministre entrera en fonction et verra la composition du Cabinet changer.

Le Royaume-Uni doit quitter l’Union européenne à la fin octobre, avec ou sans accord. L’économie pourrait en souffrir, ce qui amènerait une incertitude accrue.

Une élection générale est une possibilité réelle, compte tenu de l’impasse dans laquelle se trouve le Parlement à cause du Brexit. Toute ingérence de la part de politiciens américains est mal accueillie au Royaume-Uni. Lorsque le président américain Barack Obama a déclaré que le Royaume-Uni serait « à la fin de la file d’attente » s’il votait pour quitter l’UE, il a été critiqué de toutes parts.

Si Pompéo ou tout autre politicien essaie d’influencer les leaders du parti travailliste, je m’attends à une réponse similaire. Bien qu’ils ne s’aiment pas entre eux, les partis politiques britanniques aiment encore moins les ingérences extérieures.

De plus, les remarques de Pompeo pourraient aussi revenir le hanter si Jeremy Corbyn devient Premier ministre. Les États-Unis et le Royaume-Uni partagent beaucoup en matière de défense et de renseignement, de sorte qu’une relation tendue au départ pourrait fragiliser leur collaboration.

Alors que l’accord de paix pour Israël et la Palestine tant attendu du président Trump doit être annoncé prochainement, les États-Unis ne veulent pas que Jeremy Corbyn leur mette des bâtons dans les roues.

Et avec l’administration Trump, tout est possible.

Paru sur Medium.com sous le titre Mike Pompeo Threatens To Intervene In British Democracy To Stop Corbyn Becoming Prime Minister

Traduction Entelekheia
Photo Christels/Pixabay



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