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3 décembre 2020

Journalistes harcelés par le pouvoir



Est-ce la fin de la (longue) lune de miel entre les médias et le pouvoir macronien ? De l’amour à la haine il n’y a qu’un pas et quand il faut justement protéger un certain Alexandre Benalla et les secrets qu’il détient, la Macronie est prête à tous les excès. Ainsi, on apprend depuis 24 heures que les enquêtes de la DGSI se multiplient afin de mettre la main sur les sources qui alimentent certaines rédactions au sujet de l’affaire Benalla-Macron. Et non content de vouloir cacher la vérité sur ce scandale d’Etat, la Macronie fait tout pour occulter son rôle dans le massacre en cours au Yémen.

Encensé par des journalistes pleutres et complices, Emmanuel Macron apprend sur le tard qu’on ne peut pas tout faire en toute impunité et sans que certaines personnes n’essaient de faire éclater la vérité. Ces individus – trop peu nombreux – sont avant tout les sources qui permettent aux journalistes de prétendre encore faire de l’investigation. Certaines affaires explosent à la surface et le scandale Benalla-Macron est de ceux qui aurait dû rester occulté à jamais. Sauf qu’une personne en interne a commencé à lâcher des infos lorsque Benalla a été filmé en train de tabasser des gens. Depuis la Macronie ne vit plus une semaine sans la peur de voir de nouveaux éléments l’accabler.

Prison pour l’info et un ministère pour de l’infox ?

Alors depuis un an, l’image de Macron en a pris un sacré coup (qui sème le vent récolte la tempête) et le pouvoir tente désespérément de cacher le gros de l’affaire par tous les moyens. On a connu une police incapable d’ouvrir une porte lors d’une perquisition, on a connu des juges pas pressés de s’emparer du dossier et maintenant on s’aperçoit que la DGSI est au cœur d’un processus d’étranglement des sources et de la liberté d’expression. L’affaire est grave et vient s’ajouter à un scandale dont l’ampleur dépasse déjà l’entendement.

La DGSI n’est autre que la direction générale de la Sécurité intérieure. En quoi ses membres sont en droit de convoquer des journalistes pour les interroger dans l’affaire Benalla-Macron ? Les langues se délient (en interrogatoire peut-être aussi) et on apprend que ce sont une dizaine au moins de journalistes qui ont été entendus ou convoqués prochainement afin de trouver les sources qui ont fait tant de mal au système Macron. Après des mois de silence, l’affaire est étalée en place publique et l’on s’interroge sur les motivations des enquêteurs.

Rien d’anormal selon la Macronie et sa menteuse en chef Sibeth Ndiaye. Celle qui racontait n’importe quoi en tant que responsable des relations presse du candidat puis du président Macron et qui raconte toujours autant de bêtises en qualité de porte-parole du Gouvernement adopte une curieuse défense. « Les journalistes sont des justiciables comme les autres » et « il est normal qu’un Etat protège un certain nombre de données nécessaires à des activités de défense extérieure et militaire » affirme Ndiaye. Il existe pourtant une loi qui protège les sources et le petit Benalla et ses gros secrets sont bien éloignés des « activités de défense extérieure et militaire »…

Bref, la rhétorique Ndiaye ne tient pas la route sauf si elle prétend parler des secrets d’Etat à ne surtout pas dévoiler concernant le rôle immonde de la France dans l’extermination des Yéménites par l’Arabie Saoudite. Macron vend des armes aux Saoud qui ne sont officiellement pas destinées à faire la guerre, mais elles se retrouvent quand même au Yémen ou des dizaines de milliers (au moins) de civils sont morts et où la famine est sur le point d’en tuer des millions. Des journalistes inquiétés parce qu’ils chuchotent que des armes françaises tuent au Yémen… « ça fait beaucoup » comme dirait une Nathalie Loiseau pas à l’aise dans ses bottes de militaire. Et la candidate poursuit pour mieux déraper : «  Ma conviction c’est qu’il y a un devoir de vigilance extrême sur la protection de la liberté de la presse, des sources, et ce danger existe aujourd’hui clairement en Europe, en Hongrie, en Pologne ». Chère Nathalie, on te parle de la France macronienne en chemin vers la dictature et tu délires sur la Hongrie. Encore hors sujet !





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