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1 décembre 2020

Jean-Michel Blanquer, « nouveau cerveau de Macron » ? Pourquoi c’est très inquiétant.. Bd Voltaire.. – Les moutons enragés



Il a la tête pleine de vide qu’il lui faille un cerveau supplémentaire au locataire élyséen ? Partagez ! Volti

Auteur Frédéric Sirgant pour Bd-Voltaire

C’est la une du Point de cette semaine, destinée à rassurer la France des tables basses qui n’en finit pas de voir jaune et de sentir la lacrymo : « Jean-Michel Blanquer : le nouveau cerveau de Macron. » Et un sous-titre prometteur, destinée à dérouler l’espoir que non, tout n’est pas cuit et recuit en Macronie : « Son programme pour relancer le quinquennat. » Rien que ça… un clin d’œil appuyé. Certainement très apprécié d’Édouard Philippe, qui doit songer à sa commande de cartons. Et cette une ne serait pas parfaite si, perché tout en haut, à gauche, ne trônait pas, en ange tutélaire dudit quinquennat : « Brigitte Macron : Le livre qui raconte sa vie d’avant – Son prochain job ». Le message est superliminal !

Il est vrai que si vous aviez vu en une Christophe Castaner, Nathalie
Loiseau ou Marlène Schiappa avec cette accroche : « le nouveau cerveau
de Macron », Le Point aurait rivalisé avec Le Gorafi.
Donc, reconnaissons-le, Emmanuel Macron n’a pas mal choisi son nouveau
cerveau, il a pris ce qu’il y avait de mieux en magasin, la cote de
popularité la moins abîmée tout au moins.

Entrons donc dans ce qui vous attend, avec ce pilotage de la France
depuis le cerveau de M. Blanquer. Vous attend ? Car nous, enseignants et
parents d’élèves, savons déjà comment fonctionne ce cerveau.

Au début, c’est une heureuse surprise : après les délires des
précédents ministres – Peillon, Hamon, Vallaud-Belkacem -, on aurait
pris à l’Éducation nationale n’importe quel cerveau. Donc Blanquer. Et
on prend de façon plus convaincue quand ledit ministre parle
assouplissement de la réforme du collège, plaide pour le latin et le
grec, une forme de retour aux fondamentaux à l’école primaire et fait
une sortie des classes en distribuant un recueil des Fables de La Fontaine. Là, c’était la pâmoison générale.

Mais voilà, en ce mois d’avril 2019, ça déchante dur dans les salles
des profs, chez les familles et au-delà. La réforme du collège est
toujours là, enkystée, avec ses EPI, ses « marges établissement », son
idéologie des compétences. Les langues anciennes n’ont guère été
relancées. Et voilà même que le gentil ministre s’est lancé dans deux
réformes très contestables – et contestées :
– sa loi sur l’École de la confiance dont plusieurs points importants
posent de gros problèmes : devoir de réserve des enseignants,
rapprochements écoles-collèges notamment ;
– une réforme du lycée
et du bac hâtive et aux multiples conséquences redoutables qui commence
seulement à avoir ses premiers effets : disparition regrettable des
bacs L et ES, difficulté de choix des « spécialités » en fonction des
projets des élèves, programmes ambitieux – mais inadaptés au niveau des
élèves -, mise en place d’un contrôle continu lourd, inégalités accrues
entre établissements, inquiétudes dans les classes préparatoires pour le
recrutement.

En fait, la politique de Jean-Michel Blanquer ministre est celle que
Jean-Michel Blanquer a impulsée lorsqu’il était aux côtés (dès 2006) des
ministres Robien, puis Darcos et enfin Chatel, sous lequel il occupe le
poste-clef de directeur général de l’enseignement scolaire (DGESCO). Le
bilan objectif, c’est que Jean-Michel Blanquer, loin d’avoir pris le
contre-pied de ses prédécesseurs, poursuit, parfois plus habilement,
mais plus brutalement aussi, le grand sabordage de l’Éducation
nationale. Ce n’est pas parce que la gauche a eu un bilan catastrophique
en matière d’éducation que l’on peut se contenter d’une gentille com’
destinée à poursuivre la même œuvre.

C’est ce que notait Jean-Rémy Girard, président du SNALC, dans La Quinzaine universitaire
d’avril dans un texte intitulé « Non à l’École du socle ». Ce socle qui
fait consensus depuis quinze ans mais qui n’a guère apporté les
améliorations que l’on nous faisait miroiter.

Alors, le nouveau cerveau de Macron, qui est en fait le vieux cerveau qui pilote l’Éducation nationale depuis quinze ans, vous en voulez, pour la France ?

Source Bd-Voltaire

Créative Commons : Partage dans les mêmes conditions.



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