La mobilisation contre le pouvoir ne faiblit pas. Pour le 10e vendredi consécutif, les Algériens sont sortis massivement dans la rue à travers tout le pays pour manifester pacifiquement.

À Alger, malgré les blocages des routes par les gendarmes – ce qui constitue une grave atteinte à la liberté de circulation des Algériens -, la mobilisation est très forte, comme dans toutes les autres wilayas.

Ce vendredi avait valeur de test après le dernier discours de Gaid Salah et la série d’arrestations et de limogeages spectaculaires, effectuées ces derniers jours. À travers leur forte mobilisation et les slogans scandés, les Algériens ont envoyé trois messages importants aux nouveaux maîtres du pouvoir, à leur tête le général Ahmed Gaid Salah.
1. Les mesures annoncées cette semaine ne sont pas suffisantes

En lançant des enquêtes judiciaires et en annonçant des limogeages de plusieurs responsables, le pouvoir croyait sans doute faire d’une pierre deux coups : donner l’impression de répondre aux revendications des Algériens sur la lutte contre la corruption et diviser le mouvement populaire.

La réponse des Algériens est venue ce vendredi. Dans la rue, les slogans sont clairs : la lutte contre la corruption doit être faite par un pouvoir légitime élu et une justice réellement indépendante.

Les manifestants ne sont pas dupes : comment leur faire croire que les mêmes gendarmes qui saisissent les drapeaux et répriment les manifestants seraient en mesure de lutter sérieusement contre la corruption dans la transparence ? Comment faire confiance à une justice qui poursuit des manifestants ? Enfin, qui peut croire que les frères Kouninef ont réussi à faire tout ce qui leur est reproché, avec seulement l’aide de 8 fonctionnaires du ministère de l’Industrie ?

Dans cette démarche, le pouvoir fait preuve d’un manque de cohérence. Les vrais responsables de la corruption et du pillage des richesses sont connus, et désignés par le peuple. Pour l’instant, ils n’ont pas été inquiétés.

Pour les manifestants, la lutte contre la corruption doit faire partie d’un dispositif global dans le cadre d’un régime réellement démocratique. Une réponse qui clôt définitivement ce chapitre, après une vive polémique provoquée par l’appel lancé par Gaid Salah à la justice pour accélérer la lutte anticorruption . Le pouvoir ne peut espérer aucun dividende politique des actions qu’il mène actuellement.

2. La mobilisation ne risque pas de faiblir

Mettre en avant un supposé complot intérieur et extérieur, tenter de discréditer les figures de l’opposition, mettre en garde contre les actions visant à empêcher les ministres d’effectuer des visites sur le terrain, tenter de diviser les Algériens, hausser le ton à l’égard de la presse et, pour finir, isoler Alger pour empêcher les manifestants de rejoindre la ville…Cette semaine, la propagande du pouvoir a atteint des sommets. Mais sur le terrain, le résultat souhaité n’a pas été au rendez-vous.

La mobilisation est aussi forte que les vendredis précédents. Les slogans sont les mêmes, tous dirigés contre le pouvoir, ses représentants et ses manœuvres. Les Algériens restent unis et mobilisés dans leur détermination à mettre fin au système.
3. Le caractère pacifique demeure intact

Ce vendredi, les Algériens ont réaffirmé la principale caractéristique de leur mouvement : « pacifique, pacifique ». À Alger et ailleurs, la bonne ambiance est au rendez-vous. Les Algériens ne répondent à aucune provocation. Ils organisent des débats en plein air. Ils débattent, échangent. Aujourd’hui, plus que jamais, ils veulent obtenir le changement. Le pouvoir doit comprendre, une fois pour toute, ce message fort.

https://www.tsa-algerie.com/10e-vendredi-les-trois-messages-des-algeriens-aux-nouveaux-maitres-du-pouvoir/



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